‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 108 sur 207 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

De la qualité.

Quant à la qualité, Aristote ne la dé&nit pas autrement que ce qui fait les choses tpUe,< ou telles. Quelle est cette chose? Elle est blanche ou noire, douce ou amère, et ainsi du reste. Quel est cet homme? Il est sain, malade, savant, ignorant, grammairien ou géomètre.

Cette définition est de celles qu on appelle populaires, où il s'agit seulement d'expliquer les manières de parler communes, sans expliquer le fond des choses, dont aussi il ne s'agit pas dans la logique.

On connaît pourtant un peu mieux ce que c'est que qualité par le dénombrement qu'en fait Aristote.

Il fait marcher les qualités deux à deux, et il en reconnaît de quatre sortes.

11 met dans le premier rang les habitudes et les dispositions.

Les habitudes sont des qualités qui nous donnent des facilités durables, par exemple, ]a vertu et la science formées. Les dispositions sont plus passagères, et n*ont rien de fait ni de consistant; tels sont les commencements de la vertu et de la science. Celui qui commence à bien vivre, on dit qu'il a de bonnes dispositions pour la vertu : et celui qui vit tout à fait bien, on dit qu'il en a l'habitude môme.

Dans le second genre de qualités, Âristote place ce qu'il appelle puissance ou impuissance naturelle : par exemple, lorsqu'on dit qu'un homme est propre ou malpropre à la course, qu'il est sain, qu'il est infirme, qu'il est ingénieux ou qu'il ne l'est pas.

Il rapporte à cette espèce ie dur et le tendre ; parce que l'un est propre naturellement à résister à la division, et l'autre, au contraii)^, est propre à se laisser diviser.

Au troisième rang des qualités, il place celles qu'il appelle qualités passibles et passions, ou simples affections. Ce sont celles qui affectent les sens, telles que sont les couleurs, l'amertume, la douceur, l'aigreur, le chaud, le froid et les autres : avec cette difiérence, que quand elles sont durables, comme la pAleur et la rougeur en certains hommes, il les appelle qualités passibles; et il les appelle simplement affections^ quand elles passent légèrement, comme la pftleur que cause la crainte, et le rouge qu'apporte la honte.

I^ range dans le dernier lieu la figure et la forme dont la différence n'est pas expliquée dans le chapitre de la qualité. On croit ordinairement que la figure signifie ici quelque chose de passager, et la forme quelque chose de plus permanent. Les exemples

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