LIVRE I
et les autres inséparables de la nature, et les marquer pour propriétés.
III. En toute question, ramasser et considérer avant toutes choses les idées qui servent à la résoudre, par exemple, dans le problème : Si les trois angles àe tout triangle sont égaux à deux droits^ prendre bien l'idée du triangle, celle des angles en général, celle des angles droits, aigus ou obtus ; celle des angles opposés au sommet, des angles alternes ; et ainsi du reste.
IV. Désigner chaque idée par son propre nom ; déterminer, par exemple, que les deux angles opposés qui se font à Tendroit où deux lignes se coupent, sont ceux qu'on appelle angles au fommet,
V. Démêler toutes ces équivoques des termes, et en flxer la propre signification.
VI. Dana tout terme négatif, chercher, pour le bien entendre, le positif qu'il exclut, est celui qu'il contient sous la forme de négation : par exemple, pour entendre ce terme, ingrat^ considérer la reconnaissance, dont l'ingratitude est la privation ; et pour entendre ce terme immuable, y trouver la perpétuité ou la plénitude de l'être, qui en fait le fond.
VII. Ne prendre dans les idées que ce qu'il y a de clair et de distinct, et regarder ce qu'elles ont de confus comme le sujet de la question, et non comme le moyen de la résoudre ; par exemple, dans la question : comment l'aimant attire le fer, ou comment le feu échauffe, ou comment il fond, ne pas donner pour solution qu'il y a dans l'aimant une vertu magnéiiqw, et dans le feu une vertu ealéf active et liquëfactive ; mais regarder cela même comme la chose qu'il faut expliquer.