VIII. Regarder les choses de tous les biais dont
elles peuvent être regardées, et les prendre dans les plus grandes précisions. Par exemple» s'il fallait prescrire à un prince tous ses devoirs, le considérer comme homme raisonnable, comme chrétien, et comme créature de Dieu; comme ayant en main son pouvoir, et le représentant sur la terre; comme étant le père du peuple, et le défenseur des pauvres opprimés, le chef de la justice, le protecteur des lois et le premier juge, le conducteur naturel de la milice, le soutien du repos public, et ainsi du r.este.
IX. Considérer en quoi les choses conviennent, et en quoi elles diffèrent; c'est-à-dire, considérer les genres, les espèces et les différences : par exemple, s'il s'agit de la nature des liquides, considérer en quoi ils conviennent et en quoi ils diffèrent, parce que ce en quoi ils conviennent sera la nature môme du liquide : et encore, considérer qu'un corps solide, par exemple, une pierre réduite en poudre menue, coule à peu près comme les liquides, et tient en cela quelque chose de leur nature : d'où on peut soupçonner peut-être que la nature du liquide est dans la réduction des corps à des parties fort menues, qui puissent facilement être détachées les unes des autres, et qu'à force de briser un corps solide et d'en détacher toutes les parties, on le fait devenir liquide, et que c'est peut-être ce que fait le feu, quand il fond du plomb, de la cire ou de la glace : ce que je dis seulement pour servir d'exemple.
X. Ne pas prendre pour substance tout ce qui a un un nom substantif, ni pour action, tout ce qui est exprimé par le verbe actif, mais consulter les idées.
XI. Connaître les substances par les idées ; c'est-àdire, prendre pour substance ce qu'elles représentent