CHAPITRE XIV
De la division, et de son usage.
Après avoir défini les choses, et les avoir réduites à leurs justes bornes, on est en état de les diviser en leurs parties.
La division esiune proposition ou un discours, qui, prenant un sujet commun^ fait voir combien il y a de sortes de choses à qui la raison en convient : comme quand, prenant pour sujet ce terme être, on dit que tout ce qui est, a l'être, ou de soi-même ou d'un autre ; de soimême, comme Dieu seul ; d'un autre, comme tout le reste; et encore, que ce qui a l'être, l'a ou en soimême comme les substances, ou en un autre comme les modes et les accidents.
Par là, il paraît que la division est une espèce de partage d'un tout en ses parties ; parce que le sujet commun est regardé comme le tout, et ce qui résulte de la division est regardé comme les parties.
C'est pourquoi les parties de la division sont appelées membres.
De là suivent deux propriétés de la division ; l'une, que les parties divisées égalent Vétendue du tout et ne disent ni plus ni moins, sans quoi le tout ne serait divisé qu'imparfaitement ; l'autre, que les parties de la division ne s* enferment point l'une F autre; mais plutôt s* excluent mutuellement; sans quoi ce ne serait pas diviser, mais plutôt confondre les choses.
Si l'une de ces deux propriétés manque, en l'un et en Tautre cas, la division est fausse par différentes raisons. Au premier cas elle est fausse, parce qu'elle donne pour tout ce qui ne l'est pas, puisqu'il y manque quelque partie ; an second cas, elle est fausse, parce qu'elle donne pour une partie ce qui ne l'est pas, puisqu'elle est enfermée dans l'autre, contre la nature des parties qui s'excluent mutuellement. Par exemple, si je disais : Toute action humaine par son objet est bonne ou mou* vaise, la division est fausse ; parce qu'outre les actions