‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 182 sur 207 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Troisième moyen de prouver la bonté d*un argument, par )e syllogisme

expoeitoire.

Âristote, qui a inventé ces deux manières de réduire les arguments, a inventé encore un autre moyen d'en

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faire voir la bonté, par 'le syllogisme eœpoHtoire *. Le syllogisme expositoire est un argument composé de pures particulières, tel que celui-ci :

Pierre est musicien ; Pierre est géomètre ; iJonc, quelque musicien est géomètre.

On en fait aussi des négatifs en cette sorte :

Pierre est musicien ;

Pierre n'est pas géomètre;

Donc, quelque musicien ti'estpas géomètre.

Ce syllogisme est appelé expositoire, parce que, réduisant les choses aux individus, il les expose aux yeux et les rend palpables.

Tel est le syllogisme qu'un philosophe de notre siècle ' fait faire aux bêtes, et à son chat.

Le blanc est doux;

Le doux est bon à manger;

Donc, le blanc est bon à manger.

Sur cela, le chat convaincu ne manque pas de manger le lait ; et ce philosophe, qui ne voulait pas donner aux botes Tintelligence des idées et des propositions universeUes, croit ne rien faire de trop pour elles, en leur accordant le syllogisme expositoire, qui n*a que de simples particulières.

Il devait considérer que son chat, qui n'a pas encore goûté de ce blanc, ne peut savoir qu'il est doux, que

* AnalyL prior,, Ub. I, cap. vu.

* Marin Gureau de la Chambre, de l*Acad. française, dans son TraUé de la connaissance deeBêies, 1648. V. III* part., chap. t.

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