LIVRE III
de la matière, en démonstratif et probable, il y a une autre division qui se tire des moyens de la preuve.
Une vérité peut être prouvée ou par des raisons tirées de rintérieur de la chose, ou par des raisons tirées du dehors.
Si je prouve qu*un homme en a tué un autre, parce qu'il en a eu la volonté et le pouvoir, c'est une raison tirée de l'intérieur de la chose et de la propre disposition de celui qui a fait l'action.
Mais, si je prouve qu'il a fait ce meurtre, parce que deux témoins l'ont vu, il est clair que c'est une raison tirée du dehors.
La première de ces preuves s'appelle la preuve par raisarij et la deuxième la preuve par autorité.
Ce n'est pas que l'autorité soit sans raison, car la raison elle-même nous montre quand il faut céder à Tautorité : mais on appelle proprement agir par raison, quand on agit par sa propre connaissance, et non pas quand on se laisse conduire par la connaissance des autres.
Comme la preuve par raison est quelquefois démonstrative, quelquefois purement probable, la preuve par autorité est quelquefois indubitable et quelquefois douteuse.
Ainsi, quand Dieu parle, la preuve est constante ; et quand un homme parle, la preuve est douteuse.
Quand tous les hommes conviennent d'un fait oonnu par les sens, comme, qu'il y a une ville de Rome, la preuve est indubitable ; quand les témoignages varient, ou que la chose est obscure par elle-même, la preuve est incertaine.
504 LA. LOOIQUK.