‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 202 sur 207 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Des lieux extérieurs, c'est-à-dire des lieux tirés de l'autorité.

Venons maintenant aux lieux extérieurs, c'est-à-dire à ceux où on se laisse persuader par autorité.

Nous avons vu que Tautorité est ou divine ou humaine.

On se sert de Tautorité, ou pour persuader des choses qui dépendent du raisonnement, par exemple, que le vrai bonheur consiste dans la vertu ; ou pour persuader des choses de fait, et qui dépendent des sens, par exemple, que les HoUandais ont consenti à la paix.

Pour les choses qui dépendent du raisonnement, il n'y a que l'autorité divine qui fasse une preuve entière, parce que Dieu seul est infaillible.

Ainsi, croire une doctrine, plutôt qu'une autre, par la seule autorité des hommes, c'est s'exposer & Terreur.

L'autorité humaine peut donc induire à une doctrine, mais non pas convaincre l'esprit.

Pour les faits, l'autorité humaine peut quelquefois emporter une pleine conviction, comme il a été déjà dit.

Les arguments d'autorité humaine se tirent du consentement du genre humain, ou du sentiment des sages, ou des lois, et des jugements, ou des actes publics, ou de la renommée, ou des témoignages précis.

Voilà comme les six lieux d'où se tirent les arguments d'autorité.

Le sentiment du genre humain est considéré comme la voix de toute la nature, et par conséquent en quelque

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