‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 24 sur 207 · DB LA €K)N1U£98ANCE DE DKU · texte numérisé non relu

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pour notre dessein d*en avoir remarqué en général la nature, les causes, les effets et les signes.

Les passions» à les regarder seulement dans le oorps» semblent n*ètre autre chose qu'une agitation extraordinaire des esprits ou du sang, à Toccasion de certains objets qu'il faut fuir ou poursuivre.

Ainsi la cause des passions doit être l'impression et le mouvement qu'un objet de grande force fait dans le cerveau.

De là suit l'agitation et des esprits et du sang, dont l'effet naturel doit être de disposer le corps de la manière qu'il faut pour fuir l'objet ou le suivre; mais cet effet est souvent empêché par accident.

Les signes des passions, qui en sont aussi des effets, mais moins principaux, c'est ce qui en parait au dehors ; tels sont les larmes, les cris, et les autres changements, tant de la voix que des yeux et du visage.

Car comme il est de l'institution de la nature, que les passions des uns fassent impression sur les autres ; par exemple, que la tristesse de l'un excite la pitié de l'autre ; que lorsque l'un est disposé, à faire du mal par la colère, l'autre soit disposé en môme temps, on à la défense ou à la retraite, et ainsi du reste ; il a fallu que les passions n'eussent pas seulement de certains effets au dedans, mais qu'elles eussent encore au dehors chacune son propre caractère, dont les autres hommes pussent être frappés.

Et cela parait tellemont du dessein de la nature, qu'on trouve sur le visage ime infinité de nerfs et de muscles, dont on ne reconnaît point d'autre usage, que d'en tirer en divers sens toutes les parties, et d'y

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peindre les passions par la secrète correspondance de leurs mouvements avec les mouvements intérieurs.

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Il nous reste encore à considérer le consentement de toutes les parties du corps, pour s'entr'aider mutuellement, et pour la défense du tout. Quand on tombe d'un côté, le cou et tout le corps se tournent à Topposite. De peur que latdte ne se heurte, les mains se jettent devant elle, et s'exposent aux coups qui la briseraient. Dans la lutte, on voit le coude se présenter comme un bouclier devant le visage. Les paupières se ferment pour garantir l'œil. Si on est fortement penché d'un côté, le corps se porte de l'autre pour faire le contrepoids, et se balance lui-môme en diverses manières, pour prévenir une chute, ou pour la rendre moins incommode. Par la même raison, si on porte un grand poids d'un des côtés, on se sert de l'autre à contrepeser. Une femme qui porte un seau d'eau pendu à la droite étend le bras gauche et se penche de ce côté-là. Celui qui porte sur le dos, se penche en avant ; et au contraire, quand on porte sur la tète, le corps naturellement se tient droit. Enfin, il ne manque jamais de se situer de la manière la plus convenable pour se soutenir ; en sorte que les parties ont toujours un môme centre de gravité, qu'on prend au juste, comme si on savait la mécanique. A cela on peut rapporter certains effets des passions, que nous avons remarqués. Enfin, il est visible que les parties do corps

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Bont disposées à se prôter un secours mutuel, et à concourir ensemble à la conservation de leur tout.

Tant de mouvements si bien ordonnés, et si forts selon les règles de la mécanique, se font en nous sans science, sans raisonnement et sans réflexion : au contraire, la réflexion ne ferait ordinairement qu*embarrasser. Nous verrons dans la suite qu*il se fait en nous, sans que nous le sachions ou que nous le sentions, une infinité de mouvements semblables. La prunelle 8*élargit et se rétrécit de la manière la plus convenable à nous faire voir de loin ou de près. La trachée-artère s'ouvre et se resserre selon les tons qu'elle doit former. La bouche se dispose, et la langue se remue comme il faut pour les différentes articulations. Un petit enfant» pour tirer des mamelles de sa nourrice la liqueur dont il se nourrit, ajuste aussi bien aes lèvres et sa langue, que s'il savait l'art des pompes aspirantes ; ce qu'il fait môme en dormant, tant la nature a voulu nous faire voir que ces choses n'avaient pas besoin de notre attention.

Mais moins il y a d'adresse et d'art, de notre côté, dans des mouvements si proportionnés et si justes ; plus il en parait dans celui qui a si bien disposé toutes les parties de notre corps.

RÉCAPITULATION, OU SONT RAMASSEES LES PROPRIETES

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