‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 35 sur 207 · COMBIEN LA SAQBSSB DE DIEU P^^RAIT DANS LESANIMAX7X · texte numérisé non relu

COMBIEN LA SAQBSSB DE DIEU P^^RAIT DANS LESANIMAX7X

Par les choses qui ont été dites, il parait manifestement qu*il n*y a dans les animaux ni art, ni réflexion, ni invention, ni liberté. Mais moins il y a de raison en eux, plus il y en a dans celui qui les a faits.

Et certainement, c*est TefTet d'un art admirable, d'avoir si industrieusement travaillé la matière, qu*on soit tenté de croire qu'elle agit par elle-même, et par une industrie qui lui est propre.

Lés sculpteurs et les peintres semblent animer les pierres et faire parler les couleurs, tant ils représentent vivement les actions extérieures qui marquent la vie. On peut dire, à peu près dans le même sens, que Dieu fait raisonner les animaux, parce qu'il imprime dans leurs actions une image si vive de raison, qu'il semble d'abord qu'ils raisonnent.

Il semble, en effet, que Dieu ait voulu nous donner, dans les animaux, une image de raisonnement, une image de finesse ; bien plus, une image de vertu, et une image de vice ; une image de piété dans le soin qu'ils montrent tous pour leurs petits, et quelques-uns pour leurs pères ; une image de prévoyance, une image

de fidélité, une image de flatterie, une image de jalousie et d'orgueil, une image de cruauté, une image de fierté et de courage. Ainsi les animaux nous sont un spectacle où nous voyons nos devoirs et nos manquements dépeints. Chaque animal est chargé de sa représentation : il étale, comme un tableau, la ressemblance qu'on lui a donnée ; mais il n'ajoute, non plus qu'un tableau, rien à ses traits. Il ne montre d'autre invention que celle de son auteur ; et il est fait, non pour être ce qu'il nous parait, mais pour nous en rappeler le souvenir.

Admirons donc, dans les animaux, non point leur finesse et leur industrie : car il n'y a point d'industrie où il n'y a point d'invention; mais la sagesse de celui qui les a construits avec tant d'art, qu'ils semblent même agir avec art.

LES ANIMAUX SONT SOUMIS A L'HOMME, ET N'ONT PAS MÊME LE DERNIER DEGRE DE RAISONNEMENT.

n n'a pas voulu toutefois que nous fussions déçus par cette apparence de raisonnement que nous voyons dans les animaux. Il a voulu, au contraire, que les animaux fussent des instruments dont nous nous servons, et que cela même fdt un jeu pour nous.

Nous domptons les animaux les plus forts, et venons à bout de ceux qu'on imagine les plus rusés. Et il est bon de remarquer que les hommes les plus grossiers sont ceux que nous employons à conduire les animaux;

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ce qui montre combien ils sont au-dessous du raisonnement, puisque le dernier degré de raisonnement suffit pour les conduire comme on veut.

Une autre chose nous fait voir encore combien les bêtes sont loin de raisonner. Car on n*en a jamais vu qui fussent touchées de la beauté des objets qui se présentent h leurs yeux, ni de la douceur des accords, ni des autres choses semblables, qui consistent en proportion et en mesure ; c'est-à-dire qu'elles n'ont pas même cette espèce de raisonnement qui accompagne toujours en nous la sensation, et qui est le premier effet de la réflexion.

Qui considérera toutes ces choses s'apercevra aisément que c'est l'effet d*une ignorance grossière ou de peu de réflexion, de confondre les animaux avec l'homme, ou de croire qu'ils ne diSièrent que du plus au moins ; car on doit avoir apergu combien il y a d'objets dont les animaux ne peuvent être touchés , et qu'il n'y en a aucun dont on puisse juger vraisemblablement qu'ils entendent la nature et les convenances.

REPONSE A l'objection TIREE DB LA RESSEMBLANCE

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