‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 37 sur 207 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

• De rentendement.

Il faut examiner, avant toutes choses, ce que c*est que rentendement,

Entendre^ if est connaître le vrai et le faux, et discerner tun d'avec Vautre. G*est ce qui fait la différence entre cet acte et tous les autres.

Par les sensTâme reçoit des objets certaines impressions qui s'appellent sensations. Par l'imagination elle reçoit simplement, et conserve ce qui lui est apporté par les sens. Par Tentendement elle juge de tout, et connaît ce qu'il faut penser, tant des objets que des sensations.

Elle fait quelque chose de plus, elle s*élëve au-dessus des sens, et entend certains objets où les sens ne trouvent aucune prise ; par exemple, Dieu, elle-même, les autres âmes semblables & elle, et certaines vérités universelles.

Voilà ce qui s'appelle entendement. Il nous apprend à corriger les illusions des sens et de Timagination, par im juste discernement du vrai et du faux. Je vois

un bftton dans Teau, comme rompu, tous les objets me paraissent jaunes, je m^imagine, dans Tobscurité, voir un fantôme : la lumière de l'entendement vient audessus, et me fait connaître ce qui en est.

Il juge, non-seulement des sensations, mais de ses propres jugements, qu*il redresse, ou qu*il confirme, après une plus exacte perquisition de la vérité, parce que la faculté de réfléchir, qui lui est propre, s'étend sur tous les objets, sur toutes les facultés, et sur luimôme.

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