‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 51 sur 207 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Plusieurs exemples dHdées claires et obscures.

Pour exercer notre esprit à entendre ces idées, il est bon de s'en proposer un assez grand nombre de toutes les sortes, et de nous accoutumer à les distinguer les unes d'avec les autres.

Du côté de notre ftme, nous avons une idée très- ^ nette de toutes nos opérations. Ces mots, sentir^ imaginer, mUendre, affirmer, nier, douter, raisonner ^ vouloir, et les autres, nous expriment quelque chose très-bien entendu, et que nous expérimentons en nous-mêmes.

Si je dis qu'un homme est colère, qu*il est doux, qu'il est hardi ou timide; les passions que je veux exprimer en lui me sont très-connues.

Si je dis aussi qu*il est savant, ou ignorant, qu'il est musicien, géomètre, arithméticien, astronome ; ce que je mets en lui par ces termes, m'est très-connu.

De môme, en disant qu'il est vertueux, qu'il est sobre, qu*il est juste, qu'il est courageux, qu'il est prudent, qu'il est libéral ; ou, au contraire, qu'il est vicieux, injuste et déraisonnable, gourmand, téméraire, avare ou prodigue ; ce que je lui attribue est intelli* gible de soi.

Du côté des corps, je trouve en moi beaucoup d'idées très-distinctes. Il n'y a rien que de très-clair dans les idées qui me représentent le corps comme étendu en longueur, largeur et profondeur; la figure comme le terme du corps; chaque figure en particulier selon sa nature propre : par exemple, le triangle comme une figure terminée de trois lignes droites; le cercle comme une figure terminée d'une seule ligne ; la cii^ conférence d'un cercle, comme la ligne qui environne le centre ; le centre, comme le point du milieu, également distant de chaque point de la circonférence, et ainsi des autres.

Dans les nombres, dans les mesures, dans les raisons, dans les proportions ; ce qui est marqué du côté

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