‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 55 sur 207 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

81, et comment ou peut dire qn^on a de fauBsee idées.

Il parait, par ce qui vient d'ôtre expliqué, qu*à proprement parler, on ne peut pas dire qu'on ait de fausses idées ; parce que Tidée étant, par sa nature, ce qui nous montre le vrai, elle ne peut contenir en soi rien de faux.

Ainsi, quand on dit de quelqu'un, qu'il a de fausses idées de certaines choses, on veut dire que, faute d'être attentif à l'idée de ces choses-là, il leur attribue des qualités qui ne leur conviennent point. Par exemple, si quelqu'un assurait qu'un roi doit se faire craindre plutôt que de se faire aimer, on dirait qu'il a une fausse idée du nom de roi; parce que, pour n'avoir pas considéré que le nom de roi est un nom de protecteur et de père, il lui attribue la qualité odieuse de se faire craindre plutôt qu'aimer.

De même, si quelqu'un disait que le propre d'un philosophe est d'être un grand disputeur, on dirait qu'il a une fausse idée du terme de philosophe ; parce que faute d'avoir considéré que le philosophe est un homme qui cherche sérieusement la vérité, et qui combat l'erreur quand l'occasion s'en présente, on lui donne Timpertinente démangeaison de disputer sans fin et sans mesure.

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