CHAPITRE XXXn
068 Atrat qui diilènnt en espèce, et de ceux qui ne difltoent
qu'en nombre.
Nous avons dit que la nature ne nous donne que des êtres particuliers et individuels. Il faut maintenant observer que, parmi ces êtres particuliers et individuels, il y en a qui différait en espèce, et d'autres qui ne dissent qu'en nombre. Tout cercle, en général, et par conséquent chaque cercle en particulier, difi&re de tout carré, et de chaque carré en particulier : mais plusieurs ceccles. diffèrent seulement ea nombre, ainsi des hommeSi ainsi des chevaux, ainsi des métaux, ainsi des arbres et de tout le reste.
Ces exemples font assez voir que ce qu'on appelle différent seulement en nombre, c'est ce qui fait simplement compter un, deux, trois, quatre, sans que l'es* prit aperçoive des raisons différentes dans ce qui se compte ; par exemple, quand nous disons un, deux, trois et quatre cercles, la raison de cercle suit partout : au lieu que ce qui diffère en espèce, est ce où nonseulement on peut compter un, deux et trois, mais à chaque fois qu'on compte, la raison se change : par exemple, quand je dis un cercle, un triangle, un carré ; non-seulement je compte trois^ mais à diaque fois que je compte, je trouve \me nouvelle raison dans mon objet, différente de celle que j'avais trouvée auparavant*
Les choses qui diffèrent seulement en nombre sont appelées individus de même espèce ou de même fiaiure; et ce qui les fait différer, s'appelle différence numérique
LitR« I. 339
et mdmduelle : Alexandre, César, Gharlemagne, sont individus de la nature hnmaine, et ainsi du reste : être Alexandre, être Scipion, ôtre Gharlemagne, s'appelle différence numérique.