‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 88 sur 207 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Bd toates choses, excepté en Dieu, l'idée de l^essence, et l*idée de

rezistenoe, sont distinguées.

Il parait, par ce qu'il vient d'ôtre dit, qu'en toutes choses, excepté Dieu, l'idée de l'essence et celle de l'existence, c'est-à-dire l'idée qui me représente ce que la chose doit être par sa nature quand elle sera, et celle qui me représente ce qui est actuellement existant, sont absolument distinguées : puisque je peux assurer que le triangle ne peut être autre chose qu'une flgure bornée de trois lignes droites, et dire en même temps : il n'y a point de triangle, ou, il se peut faire qu'il n'y ait point de triangle dans la nature.

352 LA LOGIQUB.

Et cela n'est pas seulement vrai des choses prises généralement, mais encore de tous les individus ; puisque nous pouvons dire : Pierre esty ou Pierre sera^ ou Pierre a été, ou Pierre n'est pltu.

Dans ces proportions si différentes, ce qui répond au terme de Pierre est toujours le même, c'est-à-dire un homme que nous avons vu revêtu de telles et de telles qualités ; et toute la différence consiste en ce qui répond à ces termes, être, ou devoir être, ou avoir été, ou n'être plus.

Et si nous connaissons les raisons précises qui constituent les individus, en tant qu'ils diffèrent, seulement en nombre, nous pourrioD6 séparer encoi*e ces raisons individuelles d*avec ce qui nous fait dire : Un tel tndi' vidu est, il existe actuellement»

n n'y a qu'un seul objet en qui ces deux idées sont inséparables ; c'est cet objet étemel qui est conçu comme étant de soi : parce que, dès là qu'il est de soi, il est conçu comme étant toigours, comme étant immuablement et nécessairement, comme étant incompatible avec le non être, comme étant la plénitude de l'être, comme ne manquant de rien, comme étant parfait, et comme étant tout cela par sa propre essence, c'est-à-dire comme étant Dieu éternellement heureux.

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