‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 95 sur 207 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

ExplicaUoa particulière des cim{ univereaaz ; et premièremeDtdu geore

do l'espôce, et de la différence.

Il sera bon de parcourir un peu plus en particulier chacim des universaux, pour en prendre une notion plus exacte.

L*universel, en général^ est ce qui convient à plusieurs choses.

Le genre est ce qui convient à plusieurs choses diférenies en espèce, comme l'espèce est ce qui convient à plusieurs choses différentes seulement en nofnbre : le triangle rectiligne est genre à Tégard de l'équilatéral, de risocèle et des autres qui diffèrent en espèce. Le triangle équilatéral est une espèce de triangle, sous laquelle sont contenus des triangles qui ne diffèrent qu'en nombre.

Voilà ce qu'on appelle genre proprement dit, espèce proprement dite.

Du reste, rien n'empêche qu'un genre plus étendu ne comprenne sous soi, non-seulement plusieurs espèces, mais plusieurs autres genres : par exemple, le triangle est un genre à l'égard du rectiligne, du curviligne et du

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mixte : ce qui n'empêche pas que le triangle rectiligne ne soit encgre un genre à Tégard de Téquilatéral, de risocèle, du scalène et autres.

Ainsi, la môme idée sera genre à un certain égard, et espèce à un autre. Le triangle rectiligne, en tant qu'il est opposé au curviligne et au mixte, est une espèce de triangle ; et cependant il est genre à Tégard de ses inférieurs, c'est-à-dire de l'isocèle, du scalène, etc.

Porphyre observe que parmi les genres, par exemple parmi les substances, il y a un genre suprême audessus duquel il n'y a plus rien ; et c'est, dit-il, la substance qui convient à tout ce qui est, et subsiste absolument en soi-même ; et qu'aussi parmi les espèces, il y a l'espèce infinie, qui n'a sous soi que de purs individus, différents seulement en nombre, comme l'homme est espèce infime qui a sous soi Pierre, Jacques, Jean.

Les genres et espèces d'entre deux, qui, selon diyers égards, sont tantôt genres et tantôt espèces, sont appelés subalternes : par exemple, animal^ qui a sous soi plusieurs espèces d'animaux, et au-dessus de soi plusieurs autres genres, tels que ceux de substance, de corps et de vivants, sera, selon divers égards, ou un genre ou une espèce subalterne.

Pour ce qui est de la différence, on ne parle pas ici de la différence accidentelle, qui fait qu'un homme est différent d'un autre homme et de lui-même : par exemple, d'être sain et d'être malade, d'être blond, ou noir, ou châtain. Il s'agit de la différence essentielle par laquelle une chose diffère d*une autre dans l'essence même, comme un homme d'un cheval : un triangle

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équilatéral ou oxygone, d'un isocèle ou d'un rectangle.

La différence essentielle est ce par quoi nous entendons, premièrement, qu'une chose diffère d'une autre en essence ; par exemple, quand je considère en quoi un triangle diffère d'un quadrilatère, la première chose, et la principale d'où dérivent toutes les autres, c*est qu'une de ces figures a trois angles et trois côtés, au lieu que l'autre en a quatre.

Je trouve ensuite d'autres attributs en quoi ces figures diffèrent ; mais celle-ci est la première et la radicale.

Âristote, expliquant la différence, dit que c'est ce en quoi t espèce surpasse le genre : par exemple, être équilatéral est ce en quoi cette espèce de triangle surpasse son genre, c'est-à-dire en d'autres ,mots, que la différence est ce qui, étant ajoute au genre, constitue Pespèce, Ainsi, le raisonnement ajouté à l'animal, con* stitue l'homme ; et c'est ce en quoi l'homme surpasse l'animal, pris génériquement.

Il y a différence générique et différence spécifique. La différence générique est celle par où un genre xubalterne diffère d'un autre genre subalterne : par exemple, le triangle rectiligne, du curviligne.

Cette différence se communique à plusieurs espèces : par exemple, être rectiligne se communique à tous les triangles rectilignes, de quelque espèce qu'ils soient.

La différence spécifique est celle par où une espèce diffère d'une autre : par exemple, l'isocèle d'avec le scalène, l'oxygone d'avec l'amblygone et le rectangle.

En tout cela, il n'y a qu'à considérer les termes ; car ces choses sont très-aisées et n'ont point de difficulté.

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