‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 96 sur 207 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

De la propriété et de Paccident.

Nous avons déjà donné Tidée de la propriété et de Taccident.

La propriété est ce qui est entendu dans la chose comme une suite de son essence. : par exemple, ainsi qu'il a été dit, la faculté de parler, qui est une suite de la raison, est une propriété de Thomme ; avoir trois angles égaux à deux droits, est une propriété du triangle.

Porphyre a distingué quatre sortes de propriétés.

La première est celle qui convient à une espèce {soli speciei, sed non omni)^ mais non pas à toute l'espèce ; comme être géomètre, être médecin, ne convient qu'à l'homme, mais non pas à tout homme.

La seconde sorte de propriété est celle qui convient à toute l'espèce {omni speciei, sed non soli), mais non pas à elle seule ; comme il convient à tout homme, mais non au seul homme, d'être un animal à deux pieds.

La troisième sorte de propriété est ceUe qui convient à toute l'espèce, et à elle seule, mais seulement dans un certain temps, et non pas toujours {omni, soli, sed non semper) : dont Porphyre donne pour exemple ce qu'on appelle blanchir dans les vieillards ; chose qui convient, dit-il, au seul homme et à tout homme, mais seulement dans la vieillesse.

La quatrième et dernière soile de propriété est ceUe qui convient à toute l'espèce, à elle seule et toujours :

comme à l'homme d'avoir la faculté de parler et celle de rire (omni, solU ^t semper).

C'est ce qui s'appelle, dans l'École, propriutn quarto modo, qui est la plus excellente sorte de propriété ; et celle-là, dit Porphyre, est la propriété véritable, parce qu'on peut assurer de tout homme, qu'il est capable de rire ; et de tout ce qui est capable de rire, qu'il est homme ; ce qu'il appelle une parfaite conversion.

D définit l'accident, ce qui peut être présent ou absent ^ sans que le sujet périsse (quod potest adesse et abesse, sine subjecti pemicie) ; tel qu'est dans la main, le chaud et le froid, le blanc et le noir.

Il suffit h ce philosophe, pour constituer un accident, qu'on le puisse séparer de son sujet par la pensée sans le détruire : comme la noirceur, dit-il, se peut séparer, de cette sorte, d'un corbeau ou d'un Éthiopien, le sujet subsistant toujours dans toute l'intégrité de sa substance.

 l'accident appartiennent toutes ces différentes façons d'être qu'on appeUe modes. De ce qu'un corps est situé tantôt d'une façon et tantôt d'une autre, qu'il est tantôt en repos et tantôt en mouvement, cela s'appelle mode, et appartient au genre d'accident.

Par cette explication des universaux, nous avons parfaitement entendu toutes les manières dont une chose peut convenir à une autre : car, ou eUe lui convient comme son essence, par exemple, à l'homme d'être raisonnable ; ou comme sa propriété, par exemple, à l'homme d'être capable de parler ; ou conune son accident, par exemple, à l'homme d'être debout ou assis, jeune ou vieux, sain ou malade.

La propriété tient le milieu entre l'essence et l'acd-

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