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dont l\uiB eit eauaiirc et l aa- Ire rouLîr. EiUeadi-r le rap-
■UKi pour l'éducation du DauphlD : « L'hunUDï qui a Fait
parie au vrai, et raii!oir au ti,-». Toute 1b conJuita de i'Lûmme dépend du l»>ii aaff,
qu'il J liait dani ma îme deux
me est purfait qujmil, d'an cftlé, il entend le vrji, et me, de l'ïiitte, a .eut le l.ien tJH-
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son. Il est porté naturellement à rendre raison de ce qu'il fait. Ainsi le vrai homme sera cekii qui peut rendre bonne raison de sa conduite.
' La raison, en tant qu'elle nous détourne du vrai mal de l'homme, qui est le péché, s'appelle la conscience.
Quand notre conscience nous reproche le mal que nous avons fait, cela s'appelle syndérèse* ou remords de conscience,
La raison nous est donnée pour nous élever audessus des sens et de l'imagination. La raison qui les suit et s'y asservit est une raison corrompue, qui ne mérite plus le nom de raison.
Voilà en général ce que c'est que T entendement. Mais nous le concevrons mieux quand nous aurons exactement déOni son opération.
Entendre, c'est connaître le vrai et le faux, et discerner l'un d'avec l'autre. Par exemple, entendre ce que c'est qu'un triangle, c'est connaître cette vérité, que c'est une figure à trois côtés; ou, parce que ce mot de triangle pris absolument est affecté au triangle rectiligne, entendre le triangle, c'est entendre que c'est une fiçure terminée de trois lignes droites.
Par cette définition, je connais la nature de l'entendement, et sa différence d'avec les sens.
Les sens donnent lieu à la connaissance de la vérité; mais ce n'est pas par eux précisément que je la connais.
Quand je vois les arbres d'une longue allée, quoiqu'ils soient tous à peu près égaux, se diminuer peu
4 . Le sens de syndérèse^ mut d'étymologie douteuse, maintenant sans emploi, ft que Bossuet explique par remords de conscience, est toujours rcsié assez obscur dans les écrits 'lo«
docteurs scolastiques les plus lucides. La définition la pins remarquable qu'on en ait donnée est celle d'Albert le Grand, qui appelle la syndérèse Tétin- <-elle de la conscience.
à peu à mes yeux, en sorte que l.i diminution commence dès le second, et se coutinue à proportion de l'éloignement; quand je vois uni. poli et continu, ce qu'un microscope me fait voir rude, inégal et séparé; quand je vois courbe à travers de l'eau un bâton que je sais d'ailleurs être droit; quand, emporte dans un bateau par un mouvement égal , je me sens comme immobile avec tout ce qui est dans le vaisseau, pendanl que je vois le reste, qui ne branle pourtant pas, s' enfuyant de moi, en sorte que je transporte ' ■ ' -nobiles, el '
mon mouvement à des cboscs immobiles, et leur ir mobilité à moi qui remue ; ces choses, et mille autres de même nature où les sens ont besoin d'être redressés, rae font voir que c'est par quelque auti-e faculté que je connais la vérité et que je la discerne de la fausseté.
Et cela lie se trouve pas seulement dans les sensibles que nous avons appelés communs, mais encore dans ceux qu'on appelle propres. Il ni'arrive souvent de voir, sur certains objets, certaines conteurs on certaines taches qui ne proviennent point des objets mêmes, mais du milieu à travers lequel je les rc- ■ garde, ou de l'altération de mon organe. Ainsi, des yeun rem|)lb de bile font voir tout jaune; et euxmêmes, éblouis pour avoir été trop arrêtés sur le soleil, font voir après cela diverses couleurs, ou en l'air, ou sur les objets, que l'on n'y verrait nullement sans cette altérÉttion. Souvent je sens dans l'oreille des bruits semblables à ceux que me cause l'air agité par certains corps sans néanmoins qu'il le soit. Telle odeur paraît bonne à l'un , et désagréable à l'autre. Les goûts sont dilTérents, et un autre trouvera toujours amer ce que Je trouve toujours doux. Moi-même je ne m'accorde pas toujours avec moimême, et je sens que le goût varie en moi autant par la nropre dis[)Osition de ma langue que par celle des
Mts mêmes. Cest à la raison k juger de ces illu-
^6 CHÀPlTliE l.
sions des sens, et c'est à elle par conséquent à connaître la vérité.
De plus, les sens ne m'apprennent pas ce qui se fait dans leurs organes. Quand je regarde ou que j'écoute, je ne sens ni d'ébranlement qui se fait dans le tympan que j'ai dans l'oreille, ni celui des n&ck' 'Optiques que j'ai dans le fond de l'œil. Lorsque ayant tles yeux blessés ou le ^out malade, je sens tout amer «t ^e vois tout jaune , je ne ^s {3oint par la vue ni par le ^oût rindi^position -de mes yeux ou de ma langue. J'apprends tout cela par les réflexions que je fais sur les organes corporels, dooit mon seul entendement me fait connaître les usages naturels avec leurs dispositions bonnes au mauvaises.
Les sens ne me disent pas non plus ce qu'il y a dans leurs objets capable d'exciter en moi les sensa- ^n&. Ce ^ue J£ sens quand je dis. J'ai cbaud, ou Je Jui^e, sans «doïite n'«st pas la même chose que ce "que je conçois dans le feu quand je l'appelle chaud .et Ju^ôlant. €e ^ui me fait dire, J'^ chaud, c'est un certain sentiment ^ue le feu, qui ne sent pas, ne peut avoir ; <et ce senlâmeat, augmenté Jusqu'à la douleur, me fait dire ^ue je Jarûle.
Quoique le léu n'ait en lui-même ni le sentiment, ni la douleur qu'il «excite en moi, il faut bien qu'il ^t en lui quelque chose capable de l'exciter. Mais oe quelque chose, que j'ap()elie la chaleur du éeu, n'est point connu par les sens 4 et si j'en ai quelque idée, elle me vient d'ailleurs.
Ainsi les sens ne nous apportent que leurs propres sensations, et laissent à l'entendement à juger des dispositions qu'ils maniuent dans les objets. L'ouïe m'apporte seulement les sons, et le goût l'amer et le doux. Comment il faut que l'air soit ému pour causer du bruit ; ce qu'il y a dans les viandes qui me les fait trouver amères ou douces, sera toujours ignoré, ^ l'entendement ne le découvre.
DE L'AME
itend aussi de rim;igjnnua apporte
Ce qui se dit des nation, qui, connue i
autre chose que des images de la sensation, qn'clli ne surpasse que dans la durée.
Et tout ce que l'imagination iijuute à la sensatioo est nne pure illusion qui a besoin d'être oorrigée, cnmme quand, ou dans les songes, ou par quelque trouble , j'imagine les choses autrement que je ne les vois.
Ainsi, tant en dormant qu'en veillant, nous nous trouvons souvent remplis de fausses imaginatiuns , dont le seul entendement peut juger. C'est pourquoi tous les philosoplies sont d'accord qu'il n'appartient qu'à lui seul de connaître le vrai et le taux, et de discerner l'un d'avec l'autre.
C'est aussi lui seul qui remarque la nature des choses. Par la vue, nous sommes touchés de ce qui est étendu et de ce qui est en mouvement: le seul entendement recherche et conçoit ce que c'est q«e d'être étendu, et ce que c'est que d'être en mouvement.
Par la m&me raison, il n'y a que T entendement qui puisse errer'. A proprement parler, il n'y a pomt d'erreur dans le sens, qui fait toujours ce qu'il doit, puisqu'il est fait pour opérer selon les dispositions non-seulement des objets, mais des organes. C'est i reatendemcnt , qui doit juger des organes mêmes,
I. CiiBt l<D]iiDinii d'Ari et «De de auidt Tliuioai ngardent comme vrai» le dicBliDia de chaque aeu i qoi lui est prupie et Tusi
à tirer des sensations les conséquences nécessaires; et s'il se laisse surprendre, c'est lui qui se trompe.
Ainsi il demeure pour constant que le vrai effet de f intelligence, c'est de connaître le vrai et le faux, et de les discerner l'un et l'autre .
C'est ce qui ne convient qu'à l'entendement, et ce qui montre en quoi il diffère tant des sens que de l'imagination.
VIII. De certains actes de l'entendement qui sont joints aux sensations, et comment on en connaît la différence.
Mais il y a des actes de l'entendement qui suivent de si près les sensations, que nous les confondons avec elles, à moins d'y prendre garde fort exactement.
Le jugement que nous faisons naturellement des proportions et de l'ordre qui en résulte est de cette soçte.
Connaître les proportions et l'ordre, est l'ouvrage de la raison qui compare une chose avec une autre et en découvre les rapports.
Le rapport de la raison et de l'ordre est extrême. L'ordre ne peut être remis dans les choses que par la raison, ni être entendu que par elle. Il est ami de la raison, et son propre objet.
Ainsi on ne peut nier qu'apercevoir les proix)rtions, apercevoir l'ordre et en juger, ne soit une chose qui passe les sens.
Par la même raison, apercevoir la beauté et en juger est un ouvrage de l'esprit, puisque la beauté ne consiste que dans l'ordre, c'est-à-dire dans l'arrangement et la proportion*.
De là vient que les choses qui sont les moins
■I . L'explication de la beauté 1 tient à saint Augustin. Voyez par la notion d'ordre appar- | le De vera reli^ione.
DE L'ilME. 3D
belles en elles-mêmes reçoivent une certaine beauté quand elles sont arrangées avec de justes proportions et un rapport mutuel.
Ainsi il appartient à l'esprit, c'est-à-dire à l'entendement, de juger de la beauté; parce que juger de la beauté, c est juger de l'ordre, de la proportion et de la justesse, choses que l'esprit seul peut aper-
Ces choses présupposées, il sera aisé de comprendre qu'il nous arrive souvent d'attiibuer aux. sens ce qui appartient à l'esprit.
Lorsque nous regardons une longue allée, quoique tous les arbres décroissent à nos jeus à mesure qu'ils s'en éloignent, nous les jugeons tous égaux. Ce jugement n'appartient point à l'oeil, à l'égard duquel ces arbres sont diminués ; il se forme par une secrète réQesion de l'esprit, qui connaissant naturellement la diminution que cause l'cloignement dans les objets, juge égales toutes les choses qui décroissent également à la vue à mesure qu'elles s'éloignent.
Mais encore que ce jugement appartienne à l'es-
Crit, à cause qu'il est fondé sur la sensation et qu'il 1 suit de près, ou plutAt qu'il naît avec elle, nous l'attribuons aux sens, et nous disons qu'on voit à l'œil l'égalité de ces arbres, et la juste pro|}ortion de cette allée.
Cest aussi par là qu'elle nous plaît et qu'elle nous semble belle ; et nous croyons voir par les jeux plutôt qu'entendre par l'esprit cette beauté, pai'ce qu'elle se présente a nous aussitôt que nous jetons i les yeux sur cet agréable objet. j
Mais nous savons d'ailleurs que la beauté, c'est àdire ta justesse, la pro|K>rtion et l'ordre, ne s'aper- ^ ipit que par l'esprit, dont ii ne faut pas confondre j l'opération avec celle du sens, sous prétexte qu'elle '< ©pagne.
30 CHAPITRB r.
Ainsi, quand nons trouTons u» bâtiment beau, c'est un jugement que nous faisons sur la justesse et la proportion de toutes les parties, en les rapportant les unes aux autres ; et iî y a dans ce jugement un raisonnement caché que nous n'apercevons pas, à cause qu'il se fait fort vite.
Nous avons donc beau dire que cette béante se voit à l'œil, ou que c'est un objet plaisant aux yeur, ce jugement nous vient par ces sortes de réflexions secrètes qui, pour être vives et promptes, et pour suivre de près les sensations, sewrt confondues avec elles.
Il en est de même de toutes les dioses dcmt 1» beauté nous frappe d'abord. Ce qui nous fait trouver ime couleur bette, c*est un jugement secyet que nous portons en nous-mêmes èe sa proportion avef© notre œil qu'elfe divertit. Les beaux tons, les beaux chants, les belles cadences, ont )a même prc^rtion avec notre oreille. En apereevoiF la justesse aussi' promptement que le srm nous touche l'ouïe, c'est ce qu'on appelle avoir l'oreille bonne, quoique, pour parler exaetement ,. il faUftt attribuer ce ji^ement à l'espirit.
Et une marqiîe que cette justesse, qu'on .attribn© à l'oreille, est un ouvrage de raisonnement et de réflexion, e*est qtt*^etfe s'acquiert ou se perfectionnep par l'art. 11 y a certaines règles, qui, étant une» fois connues^ font sentir plus' promptement la beauté de ccrtakis accords. L'usage même fait cela to«t seul, parce qu'en multipliant fes réflexions, il fe» rend plus aisées et pkw promptes ; et on dit qu'il raffine l'oreille, parce qu'il allie pkis vite, avec le« sons qui la firappent, le jugement que porte l'esprit sur la beauté des accords.
Les jugements que nous faisons e» trouvant les choses grandes ou petites, par rapport des unes aux autres, sont encore de même nature. Cest par là
que le dernier arbre d'une longue allée, quelquei petit qu'il vienne à nos yeux, nous paraît naturellement aussi grand que le premier; et nous ne Jugerions [tas aussi sûrement de sa grnndeur, si le même arbre, ëtaat seul dans une vaste nampagne, ne poavitil pasêtre compare à d'autres.
Il y a donc en nous une gànnétrie Datiirella, c'est-à-dire une science des pFupiirtiuns, qui nous fait mesurer les grandeurs en les comparant les unes aux autres, et concilie la vérité avec les apparences.
C'est ce qui d(inne moyen auM peintres de nous tromper dons leurs perspectives. En imitant l'effet de l'étoîgnemenl et la disiinution qu'il cause proporttonneliement dans les objets, ils nous font paraître enfoncé ou relevé ce qui est uni, éloigné co qui est proche, et grand ce qui est petit.
C'est ainsi que sur un thèlTO' de vingt ou trente pieds, on nous fait paraitre des allées imn»enses; et alors, si quelque lionune vient à se montrer au dessus du dernier arbre de cette allée imagimiire, i! DOns paraît un géant, comme surpassant en grandeur cet arbre, que lu justesse des proportioas nous fait égaler au premier.
El, par la même raison, les peintres donnent souvent une ligure à leurs objets pmir nous en fairt>paraitre une antre. Ils tournent en losange les pavés d'une chambre, qui doivent paraître carrés, i>arce que dans une certaine distance les carreaus effeetifs preiment à nos yeux cette figure ; et nous voyons ces carreaux peints si bien carrés, que oous avons peine à croire qu'ils soient si étroits, ou tournés si obliqœment : tant est forte l'habitude que notre esprit a prise de former ses jugements sur les propoi"tions, et de juger toujours de même, pourvu qu'on ait trouvé l'art de ne rien, changer dans les appa-
£t quand nous découvrons par raisonnement ces tromperies de la perspective, nous disons que le jugement redresse les sens; au lieu qu'il faudrait dire, pour parler avec une entière exactitude , que le jugement se redresse lui-même; c'est-à-dire qu'un jugement qui suit l'apparence est redressé par un jugemei^t qui se fonde en vérité connue , et un jugement d'habitude par un jugement de réflexion expresse.