XII. Les acld particuliers de l'ioielligrnce
Après avoir séparé l'intelligence d'avec les sens cl l'imagination, il faut maintenant considérer queb sont les actes particuliers de l'intelligence.
Cest autre chose d'entendre. la première fois une vérité, autre chose de la rapipeler à notre esprit après l'avoir sue. L'entendre la première fois s'appelle entendre simplement, concevoir, apprendre; et la rappeler dans son esprit, s'appelle se ressouvenir.
On dislingue la me'raoire qui s'apjielle imaginative, où se retiennent les choses sensibles et les sensations, d'avec la mémoire intellectuelle, par laquelle se retiennent les vérités et les choses de raisonnement et d'intelligence'.
On dislingue aussi entre les pensées de l'âme qui tendent directement aux objets, et celles oii elle se retourne sur elle-même et sur ses propres opérations, par cette manière de penser qu'on appelle rélleiion.
Cette eipression est tirée des corps, lorsque, repoussés par d'autres corps qui s'opposent à leor mouvement, ils retournent, pour ainsi dire, sur euxmèoies.
Par la réflexion, l'esprit juge des objets, dee sensations, enfin de lui-même et de ses propres jugements, qu'il redresse on qu'il confirme. Ainsi il y a
des réflexions qui se font sur les objets et les sensatioBâ simplement, et d'autres qui se font sur les actes mêmes de l'intelligence, et celles-là sont les plus suites et les meilleures.
XIIL Les trois opérations de l'esprit.
Mais ce qu'il y a de principal en cette matière est de bien entendre les trois opérations de l'esprit*.
Dans une proposition, c'est autre chose d'entendre les termes dont elle est composée, autre chose de les assembler ou de les disjoindre : par exemple, dans ces deux propositions, Dieu est éternel, t homme ri est pas éternel^ c'est autre chose d'entendre ces termes, Dieu^ homme ^ éternel^ autre chose de les assembler ou de les disjoindre en disant : Dieu est éternel^ ou : V homme ri est pas éternel.
Entendre les termes, par exemple, entendre que Dieu veut dire la première cause, qu'homme veut dire animal raisonnable, qu'étemel veut dire ce qui n'a ni commencement ni fin ; c'est ce qui s'appelle conception, simple appréhension, et c'est la pi^mière opération de l'esprit.
Elle ne se fait peut-être jamais toute seule, et G est ce qui fait dire à quelques-uns qu'elle n'est pas*. Mais ils ne prennent pas garde qu'entendre les termes, est chose qui précède naturellement les assembler : autrement on ne sait ce qu'on assemble.
4. La division suivie ici est celle qui a été adoptée depuis AriAote et qai a servi de base à tooÉBi les logiques, jusqu'à ct41e 4de P«rt-Royal publiée en 1G62.
Anx trois opérations anciennement reconnues, Arnaud et P(i- J €ol«, après Gassendi, en ont * i^outé une quatrième qui consiste à ordonner les idées ou
les jugements, ce qui donne lieu à une nouvelle et imporw tante partie de lu science consacrée à la méthode. Bossuet, sans pourtant négliger les préceptes, maintient ici et dans sa Logique l'ancienne division.