‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 15 sur 93 · On riMicoutre la même · texte numérisé non relu

On riMicoutre la même

(i«)ctrine avec les mêmes appli»

cations dans Malebranche^ Recherche de la vérité^ livre Vï, ch. IV.

i usage de rim.iginarioo est de lïi 4aisser décider; ce qut arrrre priacipalement à ceux qui ne crnient rien de véritable que ce qnï est imaginable et sensftie: errenr grossière qui confond FimagiDation et le sens avec l'entendement.

Aussi l'eip^rienre fart-elle v(»r (p'ime imagination tropTive ^nffe le raisonnement et le jugement.

Il faut donc eropluyei- l'imagination et tes inwges sensibles seulement [i»ur nous i-ecueîllir en nonsmêmes, en sorte qne la raison préside lonjours.

Xt. DifTérence d'uu [loitime iTespi'it ei d'un homme d' i mil ginit lion ; l'homme de mémoire.

Par là se petit remarquer la différence entre les gens d'imagination, et les gens d'esprit ou d'entendement*. M-ais il fant auparavant démêler l'équivoque de ee terme esprit.

L'esprit s'étend qnelquefuis tant à l'îmaginatioD qu'à Tentendement, et en un mot à tout ce qui agit an dedans de nous. Ainsi, quand nous avons dit qu'on se figurait dans l'esprit un cercle ou un carré, le mot d'esprit signifiait \K l 'imagination.

Mais k signification la plus ordinaire dn mot d'enarit est de le prendre pour entendement : ainsi, on homme d'esprit et un homme d'entendement est à peu près la même chose, quoique le mot d'entendement marque un peu plus ici le boa jugement.

Gela su^osé, la différence des gens d'imagination et des gens d'esprit est évidente. Ceicc-là sont propos à retenir et i se représenter virement les choses qni frappent les sens; ceux-ci savent démêler le

t. (te Woon mcon qotlqnef l phia cunplèu. Le séné cbapitrc

vrai d'avec le faux, et juger de l'un et de l'autre.

Ces deux qualités des hommes se remarquent dans leurs discours et dans leur conduite.

Les premiers sont féconds en descriptions, en peintures vives, en comparaisons, et autres choses semblables que les sens fournissent. Le bon esprit doniie aux autres un fort raisonnement avec un discernement exact et juste, qui produit des paroles propres et précises.

Les premiers sont passionnés et emportés, parce que l'imagination, qui prévaut en eux, excite naturellement et nourrit les passions. Les autres sont réglés et modérés, parce qu'ils sont plus disposés à écouter la raison et à la suivre.

Un homme d'imagination est fécond en expédients, parce que la mémoire, qu'il a fort vive, et les passions, qu'il a fort ardentes, donnent beaucoup de mouvement à son esprit. Un homme d'entendement sait mieux prendre son parti, et agit avec plus de suite. Ainsi, l'un trouve ordinairement plus de moyens pour arriver à une fin, l'autre en fait un meilleur choix et se soutient mieux.

Gomme nous avons remarqué que l'imagination aide beaucoup l'intelligence, il est clair que, pour faire un habile homme, il faut de l'un et de l'autre. Mais, dans ce tempérament, il faut que l'intelligence et le raisonnement prévalent.

Et quand nous avons distingué les gens d'imagination d'avec les gens d'esprit, ce n'est pas que les premiers soient tout à fait destitués de raisonnement, ni les autres d'imagination. Ces deux choses vont toujours ensemble, mais on définit les hommes par la partie qui domine en eux.

Il faudrait parler ici des gens de mémoire, qui est comme un troisième caractère enti'e les gens de raisonnement et les gens d'imagination. La mémoire fournit beaucoup au raisonnement ; mais elle appar-

tient à l'iniugiaation ' , quoique dans l'usage ordioaire on appelle gens d'imagination ceux qui sont inventifs, et gens de mémoire cens qui retiennent ce qui est inventé par les autres.

Page 1