‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 34 sur 93 · X. Le sommeil, la veille, et la noarritare · texte numérisé non relu

X. Le sommeil, la veille, et la noarritare

Quand les esprits sont épuisés à force d'agir, les nerfs se délcndenl, tout se relâche, l'animal i'endort, et se délasse du travail et de l'action où il est sans cesse pendant qu'il veille.

Le sang et les esprits se dissipent continuellement, et ont aussi besoin d'être réparés.

Pour ce qni est des esprits, il est aisé de concevoir qu'étant si subtils et si agités, ils passent à travers les pores, et se dissipent d'eux-mêmes oar leur propre agitation.

On peut aussi aisément comprendre, que le sang, à force de passer et de repasser dans le cœur, s'éva-

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90 CHAPITBE II.

porerait à la fin. Mais il y a une raison particulière à la dissipation du sang, tirce de la nourriture.

Les parties de notre corps doivent bien avoir quelque consistance ; mais si elles n'avaient aussi quelque mollesse, elles ne seraient pas assez maniables, ni assez pliantes pour faciliter le mouvement. Etant donc, comme elles sont, assez tendres, elles se dissipent et se consument facilement, tant par leur propre chaleur que par la perpétuelle agitation des corps qui les environnent. Cest pour cela qu'un corps mort, par la seule agitation de l'air auquel il est exposé, se corrompt et se pourrit. Car l'air ainsi agité, ébranlant ce corps mort par le dehors, et ^'insinuant dans les pores par sa subtilité, à la fin l'altère et le dissout * . Le même * arriverait à un corps vivant, s'il n'était réparé par la nourriture.

Ce renouvellement des chairs et des autres parties du corps paraît principalement dans la guérison des blessures, qu'on voit se fermer, et en même temps les chairs revenir par une assez prompte régénération.

Cette réparation se fait par le moyen du sang qui coule dans les artères, dont les plus subtiles parties, s'édiappant par les pores, dégouttent sur tous les membres, où elles se prennent, s'y attachent, et les renouvellent. C'est par là que le corps croît et s'entretient, comme on voit les plantes et les fleurs <jroître et s'entretenir par l'eau de la pluie. Ainsi le sang, toujours employé à nourrir et à réparer L'animal, s'épuiserait aisément s'il n'était lui-même r^>aré, et la source en serait bientôt tarie.

La nature y a pourvu par les aliments qu'elle nous a préparés, et par les organes qu'elle a dispo-

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