‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 73 sur 93 · DE DIEC CHE4TEIIB DE L'AME ET DU COUPS. SOI · texte numérisé non relu

DE DIEC CHE4TEIIB DE L'AME ET DU COUPS. SOI

Car soit qu'il se considère lui-mênie, ou qu'il étende sa vue sur tous les êtres qui l'envirnimeiit, il voit tout soumis à des Jois certaines, et aux règles immuables de la vérité. Il voit qu'il entend ces lois, du moins en partie, lui qui n'a fait ni lui-même, ni aucune autre partie de l'univers pour petite qu'elle soit; et il voit bien que rien n'aurait été fait, si ces lois n'étaient ailleurs purfaitement entendues; et il voit qu'il faut reconnaître une sagesse éternelle, où toute loi, tout ordre, toute proportion ait sa raison primitive.

Car il est absurde qu'il y ait tant de suite dans les vérités, tant de proportion dans les cboses, timt d'économie dans leur assemblage, c'est-à-dire dans le monde; et que cette suite, cette proportion, cette économie ne snit nulle part bien entendue ; et rhomœe, qni n'a rien fait, la conaaiss^>nt véritablement, quoique non pas pleinement, doit juger qu'il y a quelqu'un qui la connaît dans sa perfection, et que ce sera celui-là même qui aura tout fait.

VI. L'ime connaît, par l'impeifcclioa de son iniclligence, qu'il y a, ailleurs uiic intelligence parfaite.

Nous n'avons donc qu'à icfléchîr stu" nos propres opérations, poiu' entendre que nous venons d'un plus haut principe.

Car dès là que notre àmc se sent capable d'entendre, d'affirmer et de nier, et que d'ailk'urs elle sent qu'elle ignore beaucoup de choses, qu'elle se trompe souvent, et que souvent aussi, jiour s'empêcher d'être trompt'e, elle est forcée à susjwndi'e son jugement et à se tenir dans le doute; eÛc voit à la vérité qu'elle a en elle un bon principe, mais slle voit aussi qu'il est imparfait, et qu'il y a une sagesse plus haute à qui elle doit son être.

En efict, le parfnit est plutôt que V'uû^^aïîvvA, tA

aofr CHAPITRE IV:

rimparfaît le suppose; comme le moins suppose^le plu»; dont il est la diminution j et comme le maà ' sup)K)se le bien, dont il est la privation ^ . Ainsi, il est ' naturel que l'imparfait suppose le par£sdt, dont il est ' pour ainsi dire déchu : et si une sagesse imparfaite^ telle que la nôtre, qui peut douter, ignorer, se' tromper, ne laisse pas d'être ; à plus forte raison '■ devons nous croire que la sagesse parfaite est et ' subsiste, et que la nôtre n'en est qu'une étincelle.

Car -si nous étions tout seuls intelligents dans le monde, nous seuls nous vaudrions mieux, avec notre intelligence imparfaite,^ que tout le reste qui serait tout à fait brute et stupide; et on ne pourrait com>- • prendre d'où viendrait, dans ce tout qui n'entend pas, cette partie qui entend, l'intelligence ne -pouvant pas naître d'une chose brute et insensée. Il faudrait donc que notre âme, avec son intelligence im|)arfaite, ne laissât pas d'être par elle-même, par •conséquent, d'être étemelle et indépendante jde tonte autre chose : ce que nul ; homme, quelque fou qa'îà. soit, n'osant penser de soi-même, il reste qu'il connaisse, au-dessus de lui une ihtelligenœ parfaite,,':doiit ' toute autre reçoive la faonlté et la mesure >■ d'entendre.

Nous connaissons donc- pan nous**mêmes, et'|>ar notre propre imperfection, qu'il y a une sagesse in** finie qui ne se trompe jamais, qui ne doute de rien, qui n'ignore- rien, parce qu'elle a une pleine compréhension de laf vérité,' ou plutôt qu'elle est la" v^ rite même*

Cette sagesse est elle-même «a règle; - de sorte' qu'elle ne peut jamais faîllii*,' et y;'est à eÛe à régtertontes choses'.

i . F'ojr. le morcenn des J^/é- i dan» les «hapîtres-zr à XVK éê'

va fions sur les mystères cité 1 T'Iivrede sa Zo^/^iM.desidéct

en note, à la fin de ce chupitre. I posîtÎTe». exprimées en

— BoBSuet traite, d'alitie part, \ ii%ga\àS»%

DE DIEÎD ÎRâATRUR'DS^'ÏUSCT DU COHPS. ia(>*-

Par la mêrae raison, nous cnDuaiasons cju'il y a une souFGrjine boaté qui ne peut jamais faii'e aucun mal ; au lieu que notre volonté imparfaite, ..si elle peut faire le bien, peut aussi s'en dËtuurner.

Ueilài-nous devons -conclure que lai.pei'fectionide Dieu esti-iolinie, car il a tout en lui-même; sa puis^- . sasce l'est «UBsi, de sorte qu'il n'a qu'a vouloinpoui' faire tout ce qu'il lui plolt.

C'est pourquoi il n'a eu besoin d'aucune matière', ni^c^dente poui" créer lemonde.; Comme il en trouve leplanet le dessL-indans sa sagesse, et lu source dans'sa bonté, il ne lui fant aussi pour l'exéoutioD'i que sa seule volontétnute-puissanïe.

Mais, quoiqu'il, fasse de si grandes cboses, il n'en a. aocnn besoin, et il est heureux en se possédant lui-même.

L'idée même du bonfaetu- nous mène à Dieu ; car si .nous avons l'idée du bonheur, puisque d'ailleiu's nous n'en j}ouvons voir la mérite en nous mêmes, il faut qu'elle nous vienne d'aillews; il faut, dis-je, qu'ily ait ailleurs une nature vraiment bienheureuse: ^*que.sl elle, est bieuhem'euser elle n'a rien à dêsli'ec, elle est parfaite; et cette nature bienheureuse, parfaite, pleine de tout. bien, qu'est-ce autre chose que Dieu' ?

Il n'y a rien de plus eïistnnt ni de plus vivant que lui, parce qu'il est et qu'il vil éternel le ment. Il ne peut pas qu'il ne soit, lui qui possède la plénitude de^ l'être, ou plutôt qui est l'être même, selon ce qir'il ^it, parlant à Moïse' : Jk suis cblui qui suis; Cb- . iiUi^QDl EST menivieà vous*.

t. Lm diffmnKs pmvea 3. Eiodi, l]l, N.

tendue ; n QiWinne

\II. L*âm6 qui connaît Dieu et se aent capable de Taimer, sent dès là qu'elle est faite pour lui, et qu'elle tient tout de lui.

En la présence d*un être si grand et si parfait, l'âme se trouve elle-même un pur néant, et ne voit rien en elle qui mérite d'être estimé, si ce n'est qu'elle est capable de connaître et d'aimé Dieu.

Elle sent par là qu'elle est née pour lui. Car si Fintelligence est pour le vrai, et que rameur soit pour le bien, le premier vrai a droit d'occuper toute notre intelligence, et le souverain bien a droit de posséder tout notre amour.

Mais nul ne connaît Dieu que celui que Dieu

« marquer la démonstration de

< ce qui est, de ce qui est im-

< muable, de c? qui est étemel, « de ce qui est parfait, antét ieur « à ce qui nVst pas, à ce qui

< n'est pas toujoura le même, « à ce qui n^est pas parfait, ce Saint Augustin, Boëce, saint « Thomas. » — Pour combler la lacune indiquée par Taoteur, on peut recourir aux dév^ppements qu'il a donnés luimême sur ces points dans ses Élévations sur les mystères^ l'e semaine, élév. 1 à 3. Nous citons particulièrement le morceau le plus connu : « On dit :

le parfait n*est pas; le parfait n*est qu'une idée de notre esprit qui va s'élevant de l'imparfait qu'on voit de ses yeax, jusqu'à une perfection qui n'a de réalité que dans la pensée.

C'est le raisonnement que l'impie voudrait faire en son cœur insensé, qui ne songe pas que Je parfait est le premier, el eu

soi, et dan£ nos idées, et que l'imparfait en tontes façons, n'en est qu'une dégradation.

Dis, mon âme, comment entends-tu le néant, sinon par l'être? Comment entends-tu la privation, si ce n*est par la forme dont elle prive? Comment l'imperfection, si ce n'est par la perfection dont elle déchoit? Mon âme, n'entendstu pas que tu as une raison, mais imparfaite , puisqu'elle ignore, qu'elle doute, qu'elle erre et qu'elle se trompe? Bfais comment entends-tu l'erreur, si ce n'est comme privation de la vérité ; et comment le donte ou l'obscurité, si ce n'est comme privation de l'intelligence et de la lumière ; ou comment enfin l'ignorance, si ce n'est comme privation du savoir parfiiit; comment, dans la volonté, le dérèglement et le vice, si ce n'est comme privation de U Tè^\« , de lu droiture et de la

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