DE DIEU CRÉATEUR DE L'AME ET DU CORPS. SD
éclaire ; et nul n'aime Dieu que celui à qui il înspîi'» son amour. Car c'est à lui de donner à sa créature tout le bien qu'elle possède, et par conséquent le plus excellent de tous les biens, qui est de le connaître et de l'aimer.
Ainsi, -le mSme qui a donné l'être à la créature raisonnable, lui a donné le bien-être. Il lui donne la vie, il lui donne la bonne vie, il lui donne d'être juste, il lui donne d'être sainte, il lui diinne enGn d'être bienheureuse.
Vm. L'âme c<
le i l'image de Dieu.
i à me connaître mîcui que je
it a'itrt pBSt
■m iéUtul 1 uiact toat itrèeitmeal, il but qa'il j ait une dioKqnî eti elli'-ménic siirigle,
« L'Ijuiamfl igaorant cioLt ooniialln le di^ingîment arut ISmmuUtiilili, parcs iju'il fifuinift le cbtiDgemeat p.ir qq
«40 ÎCHAPITRK iY.
* n^avais jjrmais «fait, en -me conaidépant ^aF- t&pfott à celui dont je tiens l'être.
Moïse, qui m'a dit que j'étais fait, à i'iaaçe-.et ressemblance de Dieu, en ce seul mot m'a^nâeox appris quelle est ma nature que ne ipeuvent^ûdre tous les livres et tous les discours des philosophes^
J'entends, et Dieu entend : Dieu entend qa il est;
j'entends que Dieu est, et j'entends, que je: suis. \^
' déjà un> trait de cette divine ressemblance. Mais il
faut ici considérer ce que c'est qa'entendi^e à- Diea
et ce que c'est qu'entendre à moi.
Dieu est la vérité même et rinteUigeitca «Hiême, vérité infinie^ intelligence infinie. Ainsi, dans le rapport mutuel qu'ont ensemble la vérité et TintelBgence, l'une et l'autre trouvent en Dieu leur perfection , puisque l'intelligence qui est infinie comprend la vérité tout entière, et que la vérité infime troove une intelligence égale à elle.
Par là donc la vérité et l'intelligence ne font qu'un ; et il se trouve une intelligence, c'est-à-dire Dieu, qui, étant aussi la vérité même, est elle-même r son unique objet.
Il n'en est pas ainsi des autres choses qui entendent. Car, quand j'entends cette vérité, Dieu est, cette vérité n'est pas mon intelligence. Ainsi, l'îiitel-
• ligence et l'objet, en moi peuvent. être deux; en ' Dieu, ce n'est jamais qu'un. Car il n'entend que luimême, et il entend tout en lui-même, parce que tout ce qui est^ et n'est pas lui, est en lui comme dans sa cause.
Mais c'-est une cause intelligente qui fait tout par raison et par art, qui par conséquent a en elie-même» ou plutôt qui est elle-même l'idée et la raison primitive de tout ce qui est*.
i . Yoy. Genèse, f, 28, 27. — i >daiu quelques pusaget de Pb* - On trouve aussi la traciition de i' ton et dcCicéron. ';i ressemblance origmelle «le l 2. Nous reennnaîf soos ici ks Vhamme arec Dieu, rccueVWie \ \àêe& wObfeVjiû^ ^*^\*»»^'H
DE DIEU CRÉATEUR DK L'AME ET DU COBTS. aiî
Et les choses qui sont hors de lui ax^ut leur Ëlre ni leur viirit*!, que par rapport à cette idée éternelle et primitive.
Car les ouvrages ; de l'art n'ont leur êti* et leur vérité parfaite, que par le .rapport qu'ils oat.ayec l'idée (le l'artisan.
L'architecte a dessis^ dans son esprit un palais ou un temple, avant que d'ca avoir mis le plaa sur la papier; et cette idée intérieure de l'architecte est le vrai, plan et le vrai modèle de ce palais > ou de es temple.
. Ce palais ou, ce temple. seront le vrai pnlais ou la vrai temple que l'architecte a voulu ifaire, quand ils Witondront parraitemcDt à. cette idée. intérieure qu'il en a formée.
S'ils a'y répondent pas, l^architecte dira: Ce n'est paa^là l'ouvrage que j ai. médité. Si la cliose est pnr> faitement evécutce selon son, projet, il dira : Voilà mon dessein aa. vrai, voilà le vrai temple que je- voulais construire.
I Ainsi, tout est vrai dans les créulures:de Dieu, parce que tout répond à l'idée de cet arehitecta . ('tsmel, qui fait tout ce. qu'il veut et comme il veut.
Cest pourquoi .Moïse l'introduit ..dans le monde
qu'il venait de faire, et II dit, qu'ajifès awiii- vu son
" 0UVtage,il !e trouvahon',o"e3t^T-direqu'il;lo,trouva
. conforme ù son dessein ; el il le vit biin, vrù et p.ir-
fait, où il avait vu (|ii'iL le Calluit faire :(el, o'est-i'i-
dire dans son idée élernclle.
Mais ce Dieu, qui avait fait. un ouvrage, si. Lien ■enleSiiTi, et si capable de^ aatîs taire tout ce qui en-
o& ll'furleili la cinH'-aiFD
su CHAPITRE IV.
ment régulière, et qui entends néanmoins et parfaite^ ment cette rc'gularit<? ? Yii-t il quelque j)art, ou dans le monde ou hors du monde, des triangles ou des* cercles subsrstant dans cette" parfaite régularité, d'où elle se soit imprimée dans mon esprit? et ces fègles dd raisonnement et des mœurs subsistent-elles aussi en quelcfue part, d'où elles me communiquent leur vérité immuable? Ou bien, n est-ce pas plutôt que celuf qui a répandu partout la mesure, * la pro[)ortion, la vérité même, en imprime en mon es-prit ridée centaine?
Mais qu'est-ce que cette idée? Eist-ce lui-même qui me montre en sa vérité tout ce qu'il lui plaît que 1 entende^ ou quelque impression de lui-même, ou " les deux ensemble ?
Et que serait-ce que cette impression? Qupi, quelque chose de semblable à la marque d'un ca<^t grave sur la cire ? Grossière imagination, qui ferait l'âme corporelle, et la cire intelligente*.
11 faut donc entendre que l'âme faite à l'image' de Dieu, capable d'entendre la vérité qui est Die* môme, se tourne actuellement vei*s" son original, c'est-à-dir!c verc Dieu, où la vérité lui parait autant " que Dieu la lui veut faire paraître: Car il est maitre de se montrer autant qu'il veut ; et quand il se montre pleinement, l'homme est heureux.
C'est "une chose étonnante, que l'homme entende tant dé vérités, sans entendre en même temps que toute vérité vient de Dieu, qu'elle est en Diéo, ] qu'elle est Dieu m*me. Mais c'est qu'il est enchante par se& sens «t par ses passions trom])euses; et il ressemble à celui qui, renfermé dans son cabinet, où il s'occupe de ses affaires, se sert de la lumière sans se mettre en peine d'où elle lui vient.
4, Malgré la définition de i que Bdssticl d Pt'Jce rajijM>rt('e dans \a nolt \ YuXèo-vvAç,* t" *I dessus, nul n'est plus éWigac \ qv\cxitc% vuaI:i
de la tliéurie d« Pt'Jce rajijM>rt('e dans \a nolt \ YuXèo-vvAç,* ^x «kt «ea corné cl dessus, nul n'est dIus éWieuc \ qv\cxitc% vuAl:i\i^\sv«k
DE DUÎtJ CRÉATEUR DF, L'AME ET DU CORPS. ÎIJ
pihle d'entendre, que m' arrive -t-il, sinim d'être ac luellement éclairé de Dieu, et rendu confiirme à lui? D'où me pourrait venir l'impression de la v6'itc? Me vient-elle des ch{)ses mêmes? Est-ce le soleil qui s'imprime en moi. pour me faire connaître ce qu'il est, lui que je vois si petit, malgré sa grandeur immcDSe î Que fait-il en moi, ce soleil si grand et si vaste, par le prodigieux épanchement de ses rayons? que fait-il, que d'exciter dans mes nerfs quelque léger tremblement, et d'imprimer quelque petite marque dans mon cerveau? N'ai-je pas vu que la sensation qui s'élève ensuite, ne me représente rien de ce qui se fait ni dans le soleil, ni dans mes organes '; et que, si j'entends que le soleil est si grand, 3 ne ses rayons sont si vifs, el traversent en mo'r.is 'un clin d'teil un espace immense, je vois ces vérités dans une lumière intérieure, c'est-à-dire dans ma raison, pur laquelle je juge et des sens, et de leurs organes, et de leurs objets.
, E!t d'où vient à mon esprit cette impression si pure pe la vérité ? D'où lui viennent ces règles immuables it dirigent le raisonnement, qui forment les mieurs, r lesquelles il découvre les proportions secrètes s figures et des mouvements ? D'où lui viennent, n mot, ces vérités éternelles que j'ai tant consi- ;s? Sont ce les triangles, et les carrés, et les rcles que je trace grossièrement sur le papier, qui uiriment dans mon esprit leurs pro|)ortions el leurs Iports? ou bien y en a-t-il d'autres, dnnt la parle justesse fasse cet effet? Où les ai-je vus ces Lies et ces triangles si justes, mot qui ne puis psurer d'avoir jamais vu aucune ligure parfaite-
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Sie CHAPITRE lY.
dès la cette vérité que Dieu aime étemeUement et TefTet de cet amour de la vérité est de noas la ùàn chercher avec une ardeur infatigable, de nous y attacher immuablement quand elle nous est connue , et de la faire régner sur tous nos désirs.
Mais l'amour de la vérité en suppose quelque connaissance. Dieu donc , qui nous a faits à son image, c'est-à-dire qui nous a faits pour entendre et pour aimer la vérité à son exemple, commence d'abord à nous en donner l'idée générale, par laqu^^lle il nous sollicite à en rechercher la pleine possession, où nous avançons à mesure que l'amour de la vérité s'épure et s'enflamme en nous.
Au reste, la vérité et le bien ne sont que la même chose. Car le souverain bien est la vérité entendue et aimée parfaitement. Dieu donc, toujours entendu et' toujours aimé de lui-même, est sans doute le souverain bien; dès là il est parfait, et se possédant lui-même, il est heureux.
Il est donc heureux et parfait, parce qu'il entend et aime sans fin le plus digne de tous les objets, c*est-à dire lui-même.
Il n'appartient qu'à celui qui seul est de soi d'être lui-même sa félicité. L'homme, qui n'est rien de soi, n'a rien de soi; son bonheur et sa perfection est de s'attacher à connaître et à aimer son auteur.
Malheur à la connaissance stérile qui ne se tourne point à aimer *, et se trahit elle-même !
C'est donc là mon exercice, c'est là ma vie, c'est là ma perfection, et tout ensemble ma béatitude, de connaître et d'aimer celui qui m'a fait.
4 . LMJentité de la vérité et du bieii a été reconnue avant Bosftuet,par Platon etcejx qui l'ont f uivi, et par lu plupart des ductears scolastiques, particulière-
auteur ne se borne pas à la coa sidérer théoriquement, il rtai en outre qu^elle s*a(firme par nos actes, que notre intelligence et notre volonté concoorent reli-
ment saint Tbomus. — loutre \ g\eu^me.\vX.«a.s«aAAv.«G«neox,