‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 82 sur 93 · Pour lui apparaît. | résume ici les nodom qu'il a · texte numérisé non relu

Pour lui apparaît. | résume ici les nodom qu'il a

2. Fof, le chiip, IV, art. 5 et I développées dans la seconde suivants. — L'auteur repasse et \ xao\\.\fe d« ce <à».Y*x««

DE lA DIFTÉBEUCE ESTBE L'HOUMB et la BÈTE, 283

naturellement qu'une seule pensée pnur k bien entendreî et dans la multiplicité des pensées qu'elle sent naître en elle-même, elle sent aussi qu'elle n'est qu'un léger écoulement de celui qui comprenant loute vérité dans une seule pensée, pense aussi éternellement la même chose.

Ainsi elle connaît qu'elle est une image et une étincelle de cette raison première; qu'elle doit s'y conformer, et vivre pour eUe.

Pour imiter la simplicité de celui qui pense toujours la même chose, elle voit qu'elle doit réduire toutes ses pensées à une seule, qui est celle de servir fidèlement ce Dieu dont elle est l'image.

Mais en même temps elle voit qu'elle doit aimer, pour l'amour de lui, tout ce qu'elle trouve honoré de cette divine ressemblance, c'est-à-dire tous les hommes.

Là elle découvre les règles de la justice, de la bienséance, de la société, ou pour mieux parler de la fraternité humaine; el sait que si, dans tout le monde, parce qu'il est fait par raison, rien ne se fait que de convenable, elle, qui entend, la raison, doit bien plus se gouverner par les lois de la con-

Elle sait que qui s'éloigne volontairement de ces lois, est digue d'f^trc réjirinié et châtié par leur autorité toute-puissante, et que qui fait du mal en doit

Elle sait que le châtiment répare l'ordre du monde blessé par l'injustice, et qu'une action injuste, qui n'est point réparée par l'amendement, ne le peut être que par le supi)lice.

Elle voit donc que tout est juste dans le monde, et par conséquent que tout y est beau, parce qu'il n'y a rien de plus beau que la justice.

Par ces règles, elle connaît que l'ét.it de cette N\fc, nù ily a tant demjius et tant de déaotdït^iàwV ^-

814 CHA.PIXAË y.

un état pénal, auquel doit succéder un autre. ëtat, ois la Yertu soit toujours avec le bonheur, et où le vice 8oit toqjours avec lasouflranee.

£lle connaît donc par des pirincipes certains ce que c'est que châtiment et récompense, et voit comment elle doit s'en servir pour les antres et en <profitei' pour elle-même.

C'est sur cela qu'elle fonde les sociétés et les ré* publiques \ et qu'elle réprime l' inhumanité et la bar-* barie.

Dire que les animaux aient lenakcôndresoupçonde toutes ces choses, c'est s'aveugler volontairrâientet renoncer au bon sens.

Après oela, concluons que l'homme qui -se compare aux animaux, ou les animaux à lui, s'est tout à fait oublié, ci; ne peut tomber «dans cette erreur tqne par le peu de soin qu'il prend de cultiver en luimcme ce qui raisomie et qui entend,

YIî. Lei animattx >ii'it>T«i/irvt *tim.

Qui verra seulemont que les animaux n'ont rîen inventé de nouveau de^mis l'origine du monde, et qui considérera d'ailleurs tant d'inventions, tant d'aj'ts et tant de machines, ,par lesquelles <la natare humaine a changé la iace de la terre, verra aisément par là combien il y a de grossièi'eté d'un <nôllé, et combien de génie de l'autre.

Ne doit-on pas être étonné ^e ces animaux, à qui on veut attribuer tant de ruses, n'aient enoore rien inventé; pas une arme porur se défendre, pas'un ^-' gnal pour se rallier et s'entendre contre les hemnies, qui les font tonil>er dans tant de pièges ? S'ils pensent, s'ils raisonnent, s'ils réiluchis^nt, comment ne sont-ils pas encore convenus entre eus éa moindre

1. C'est-à-dire les gouvrme- | est pris dans -son sens latfai res Uicjuts de LoutL cs|)è«c. Le itiot \ j>uî>!ira.

DE LA DIFFERENCE EKTBE I.'HOMME ET LA BÊTE. tW

signe? J*s sourds et les muets trouvent l'inventidR de se guider pal- leurs doigts. Les plus stupides 'le font piirmi les hommes ; -et ai od voit qoe les animaux en 'sont iacnpablcs, on ficut toij- combieu ils srait iiu-dessous du dernier degré de stupidité, et que ce n'est pas connniire lairaisoo qne de leur eB donner la moindre étincelle.

Quand on entend dire ù Blontaigne, qu'il y a phis de diffà-ence de tel homme ù tel homme, que de 'té\ honrme à telle b&te, on a pitié d'un si bel esprit; snlt qu'il dise sérieusement unt? chose si ridicule, «njt qu'il raille sur une matière qui d'elle-même est si aériattse " .

Y a t-il ^B Iwmnie si stapide qui n'ioivcntc du moins quelque signe pour se faire entendre ? Y a-t-î! me 'bSte si rusée, qiri ait jamais rien troové P ■& cjiii ne ssil que la moindre des inventions est d'un ordre supérifur à tout ce qui ne fait que suivre?

Et à propos dn raîaonneaieHl qui compare leshorames StQpides avec les animaiK, il j a deux cbosea à remarquer ; l'une, que les hommes les plus slupîdes ont des Choses d'un ordre supérieur nu ptus parfait des animiiux ; l'autre, que bms les hommes étant sans contestation de même nature, la pcrfeolioo de

l'àmc humaine doit être considérée dans toute la capacité où l'espèce se peut étendre; et qu'au contraire, ce qu'on ne voit dans aucun des animaux, n*a son principe ni dans aucune des espèces, ni dans tout le genre.

Et parce que la marque la plus convaincante que les animaux sont poussés par une aveugle impétuosité est Tuniformité de leurs actions; entrons dans cette matière, et recherchons les causes profondes qui ont introduit une telle variété dans la vie humaine.

VIlî. De la première cauie des inventions et de la variété de la vie humaine, qui est la réflexion.

Représentons nous donc que les corps vont naturellement un même train, selon les dispositions où on les a mis.

Ainsi, tant que notre corps demeure dans la même disposition, ses mouvements vont toujours de même.

Il en faut dire autant des sensations, qui, comme nous avons dit, sont attachées nécessairement aux dispositions des organes corporels.

Car, encore que nous ayons vu que nos sensations demandent nécessairement un principe distingué du corps, c'est à-dire une âme ; nous avons vu, en même temps, que cette âme, en tant qu'elle sent, est assujettie au corps, en sorte que les sensations en suivent le mouvement.

Jamais donc nous n'inventerons rien par les sensations, qui vont toujours à la suite des mouvements corporels, et ne sortent jamais de cette ligne.

£t ce qu'on dit des sensations se doit dire des imaginations, qui ne sont que des sensations continuées.

Ainsi f quand on attribue \es mvewtlons à l'ima-

gination, c est en tant qu'il s'y mêle des réflexions et du raisonnement, comme nous verrons tout à l'heure. Mais, de soi, l'imagination ne produirait rien, puisqu'elle n ajoute rien aux sensations que la durée * .

Il en est de même de ces appétits ou aversions naturelles que nous appelons passions; car elles suivent les sensations, et suivent principalement le plaisir et la douleur.

Si donc nous n'avions qu un corps et des sensations, ou ce qui les suit, nous n'aurions rien d'inventif. Mais deux choses font naître les inventions : 1° nos réflexions; 2° notre liberté.

Car au-dessus des sensations, des imaginations et des appétits naturels, il commence à s'élever en nous ce qui s'appelle réflexion ; c'est à-dii*e que nous les comparons avec leurs objets, nous recherchons les causes de ce qui se fait en nous et hors de nous ; en un mot, nous entendons et nous raisonnons, c'est-à-dire, que nous connaissons la vérité, et que d'une vérité nous allons à l'autre.

Dès là donc nous commençons à nous élever audessus des dispositions corporelles ; et il faut ici remarquer que dès que dans ce chemin nous avons fait un premier pas, nos progrès n'ont plus de bornes. Car le propre des réflexions, c'est de s'élever les unes sur les autres ; de sorte qu'on réfléchit sur ses réflexions jusqu'à l'infini.

Au reste, quand nous parlons de ces retom*s sur nous-mêmes, il ij'est plus besoin d'avertir que ce retour ne se fait pas à la manière de celui des corps. Réfléchir, n'est pas exercer un mouvement circulaire';

\, yojr, la note V* de la page 4 3, et généra iement pour la doctrine résumée ici la première moitié du cbap. i.

de justesse, la réflexion ayant toujours lieu dans les corps suivant une ligne droite Mais Tauteur para t suivre les idéet

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