La comparaison manque l de Platon au X*' livre des Lois
COMNAISSANCE DE DIEU. M
a&8 CHAPITRE V.
autrement, tout coq3s qui tourne s'entendrait luimême, et son mouvement. Réfléchir, o'est recevoir au-dessus des mouvements coi;porelâ, .et audessus même des sensations, une lumière qiti ^nous rend capables de cherclier la vépîté jusque dans sa source.
C'est pourquoi, en passant» ceux-là s* abusent, qui, voulant donner aux bêtes du raisonnement, •cioieut pouvoir le.renfermeridans certaines bornes. Car, au contraire, une réflexion en attire. une autre; et la. nature des animaux pourra s'élever à tout dès qu'elle pourra sortir de la ligne droite.
C'est ainsi que d'observations en observations, les inventions Immainessesont perfectionnées. L'homme attentif à la vérité a connu ce espû était propre ou mal propre à ses desseins, et s'est trouvé Timagination remplie, par les sensations, d'une infinité d'images. Par ccitte force qu'il a de réfléchir, il lésa a^sciublées, il les a disjointes; il s'est en cette. manière formé des desseins; il a cherclié des : matières propres à l'exécution. lia vu qu'en fondant le bas il j3ouvait élever le haut : il a bâ*i, il a occupe de grands espaces dans l'air, jet a étendu sa demeure naturelle. £n étudiant La nature, il a trouvé des moyens de lui donner de nouvelles foi mes. Il s'est fait des instruments; il s est fait des armes,; il a élevé les eaux qu'il ne pouvait, pas aller puiser dans le fond où elles étaient : il a changé toute la face de la terre; il en a creusé, il en a fouillé .les* entrailles, et il y a trouvé de nouveaux secours :.ce qu!il n'a;[>as pu atteindre, de si loin. qu'il a ;pu l'aperça^ 'voir, il l'a tourné à son usage. Ainsi les astres le diîrigent dans ses navigations et dans ses voyages; ils lui marquent et les âaisons et les àeures. Après «k "mille ans d'observations, l'esprit humain n'est pas épuisé; il cherche et il. trouve encore, afin qu'il con- 'isse qu'il peut trouver jusc^vik Wxûsi, ^\. <\jifi la
seule paresse peut donner des bornes à ses connaissanoeset à ses inventions*.
Qu'on me montre maintenant que les animaux aient ajouté quelque chose, depuis l'origme du «MMide, à ce (jiie la nature leur avait donné; j'y recminaîtrai de la réflexion et de l'invention. Que s'ils vont toujours un même trnia , comme les eaux et comme les arbres , c'est folio de leur donner un principe dont on ne voit par
Et il faut ici remarquer que les a nous voyons faire ies ouvrages les plus industrieux, ne sont pas ceui où d'ailleurs nous nous imaginons e plus d'esprit. Ce que nous voywis de plus ingénieux parmi les animaux sont les réservoirs des fourmis, si l'observation. en est véritable; les toiles des araignées, et Les Qlets qu'elles tendent aux moucbes; les rayons de miel des abeilles; la coque des vecs à soie ; les cofjuillages des limaçons et des autres animaux semblables, dont la bave forme autour d'eux des bâtiments si ornes et d'une architecture si bien entendue : et toutefois ces animaux n'ont d'ailleurs aucune marque d'esprit, et ce serait une erreur de les estimer plus ingénieux que les autres, puisqu'on voit que leurs ouvrages ont en effet tant d'esivit qu'ils les passent, et doivent sortir d'ufi principe supérieur.
Aussi ta raison nous persuade que ce que les animaux font de plus industrieux, se fait de la même Borte que les [leurs, les arbres et les auifnaux euiniûmes, c'est-à-dire avec aFt du cûté de Dieu, et sans art qui réside en eus.
IX. Seconde cause des inventions, et de la variété de la vie humaine : la liberté.
Mais du principe de réflexion qui agit en nous, naît une seconde chose; c'est la liberté, nouveau principe d'invention et de variété parmi les hommes. Car l'âme , élevée par la réflexion audessus du corps et au-dessus des objets, n'est point entraînée par leurs impressions, et demeure libre et maîtresse des objets et d'elle-même. ' Ainsi elle s'attache à ce qu'il lui plaît, et considère ce qu'elle veut, pour s'en servir selon les fins qu'elle se propose.
Cette liberté va si loin, que Tâme s'y abandonnant sort quelquefois des limites que la raison lui prescrit ; et ainsi, parmi les mouvements qui diversifient en tant de manières la vie humaine, il faut compter les égarements et les fautes.
De là sont nées mille inventions : les lois, les instructions, les récompenses, les châtiments et les autres moyens qu'on a inventés pour contenir ou pour redresser la liberté égarée.
Les animaux ne s'égarent pas en cette sorte ; c est pourquoi on ne les blâme jamais. On les frappe bien de nouveau, par la même raison qui fait qu'on retouche souvent à la corde qu'on veut monter sur un certain ton; mais les blâmer, ou se fâcher contre eux, c'est comme quand, de colère, on rompt sa plume qui ne marque pas, ou qu'on jette à terre un couteau qui refuse de couper.
Ainsi la nature humaine a une étendue en bien et en mal, qu'on ne trouve point dans la nature animale. Et c'est pourquoi les passions, dans les animaux, ont un eûet plus simple et plus certain. Car les nôtres se compliquent ^ar nos réflexions, et sembarrassent mutuellemexil, Tto^ ^^ ^<>a&s^ ^m
DE LA DtFFÉBESCE EHTRE
escmple, mêleront la crai tristesse avec la joie. Mai n'ont point de réfleïion, n' leurs monwemenU sont nio
Joint que l'ùine, par s s'opposer aux passions ave m empêche l'eflet : ce q raison dans l'homme, le c que les animaux n'ont poi
Car, partout où la passî le corps el ses mouvement et ainsi la raison n'y peut
Mais le grand pouvoir consiste dans ce prodigieu marqué', que l'homme es corps, qu'il peut même le bien qu'il se propose. Se et s'enfoncer dans les l aveugle, comme il arrive rien au-dessus du corps bien en tombant d'en haut se déterminer à mourir av son, malgré toute la dispo pose à ce dessein, marque corps; et parmi tous les seul cil se trouve ce princ
La |>ensée d'Âristote e seul a la raison, parce q la nature et la coutume *.
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