Saint Paul^^/^iVe aux Bèbreux,yA.\,Q
Dieu est eiprri^ dît Notie- Seigneur, et ceux qui t'adorent, doheiU l'adorer en esprit et en l'érilê^ : c'est-à-dire que cette suprême înteHigencc doit Être adorée par rinlelligence.
Selon cette notion, les sens n'appartiennent pas à l'esprit.
Quand rAjiijtrc- distingue l'iiomme animal d'avec l'hoinme spirituel', il distingue celui qui agît par les sens, d'avec celui qui agit par l'entendement, et
Quand le même apdtre dit que la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contré la chair', il entend que la partie intelligente combat lu partie seusitive, que l'esprit, capable de s'unir à Dieu, est combattu par le plaisir sensible altaché aux dispositions cor-
Le même apdtre, en séparant les fruits de la cliair d'avec les fruits de l'esprit', par ceux-ci entend les vertus intellectuelles, et pur ceux-là entend les vices qui nous attachent aux sens et à leurs objeb
Et encore que, parmi les fruits de la chaar, il range beaucoup de vices qui semblent n'appartenir qu'à l'esprit, tels que sont l'orgueil et la jalousie, il faut remarquer que ces sentiments vicieux s'excitent principalement par les marques sensibles de préférence (jue nous désirons pour nous-mêmes, et que nous envions aux autres; te qui donne lieu de les ranger parmi les vices qui tirent leur origine des objets sensibles.
11 se voit donc que les sensations, d'elles-mêmes ne font jraint partie de la natui'e spirituelle, parce qu'en effet elles sont totalement assujetties aux objets corporels, et aux dispositions corporelles,
«.Eiangileielun uiDt Ican, | 3. Id. tpttm ua Calatti, ' IV, S*. T, I6elsuiv.
a. Subt pjul, I" épitre OUI *.ll.id L's'iieuro^aieVeBtï-- ~
U iXéinoiAVn'
194 CHAPIT&E y.
LinsI la spiritualité commence en l'homme, ou la lumière de l'intelligence et de la réflexion commence à poindre, parce que c'est là que l'âme commence à s'élever au-dessus du corps; et noib-seulement à s'élever au-dessus, mais encore à le dominer, et à s'attacher à Dieu, c'est-à-dire au plus spirituel et au' plus parfait de tous les objets.
Quand donc on aura donné les sensations aux anî* maux, il parait qu'on ne leur aura rien donné de spirituel. Leur âme sera de même nature que leurs opérations, lesquelles, en nous-mêmes, quoiqu'elles viennent d'un principe, qui n'est pas un corps, passent pourtant pour charnelles et corporelles, parleur assujettissement total aux dispositions du corps.
De cette sorte, ceux qui donnent aux bêtes des sensations, et une âme qui en soit capable, interrogés si cette âme est un esprit ou un corps, répondront qu'elle n'est ni l'un ni l'autre. C'est une nature mitoyenne, qui n'est pas un corps, parce qu'elle n'est pas étendue en longueur, largeur et profondeur; qui n'est pas un esprit, parce qu'elle est sans intelligence, incapable de posséder Dieu, et d'être heureuse.
Us résoudront par le même principe l'objection de l'immortalité: car. encore que l'âme des bêtes soit distincte du corps, il n'y a point d'apparence qu'elle puisse être conservée séparément, parce qu'elle n'a point d'opération qui ne soit totalement absorbée par le corps et par la matière. £t il n'y a rka de plus injuste ni de plus absurde, aux Plato- Mciens, que d'avoir égalé lame des bêtes, où il n'y A rien qui ne soit dominé absolument par le corps, ;i l'âme humaine, où l'on voit un principe qui s ëîève au-dessus de lui, qui le pousse jusqu à sa ruine j)our contenter la raison, et qui s'élève jusqu'à la j^tu haute vérité, c'est-à-dire jusqu'à Dieu même. ffest sbuàsi que la première o\Aw\o\i sort des deux
DE Li DTFrÉnE?iCE ENXBE t'HOMME ET LA BÉTE. US
incooveaieats que nous avons, rentanquiss. Mah la
seconde croit se cirer encore plus iKtietneiit d'affaire : car elle n'est poiot eu peine d'espliijuwf eoiumcQt l'âoK des atûaïaux. n'est ui sjjkilucltc lù iauaorteUe. puisqu'cJJe ne kur donne pour loute ûmc que le sang et les esprits.
Elle dit donc que les uiouvements ides aniuiaat ne sont point admiiûstrés pat les senfiatktiis, et qu'il sufflt, poiv les. expliquer, de supposa seulement l'organisaboD des parties, l'impression des objets sur le cerveau, et la diroclÎMi dos esjirils poue foira jouer les muscles.
C'est eu cela que consiste l'instÎDcC selon cette opinion; et ce ne sei'th aittne clinec que cette Girce iDouvante, par Laquelle les nuistles sont ébranlés et agités.
Au teste, ceux, qui suivent cette opinion, observent que les esprit.'! peuvent changer de nature p:ir diverses causes. Plus de bile luèlée dans le saeg la rendia plus impétueux et plus vils ; le wéluiigc d'anB-es liquwfs les fera plm lem|wrf;.*. Antres seront les esprits d'un animal repu, autres ceux dfu]i animal affunic. Il y aura aussi de la diUercncc entro les esprits d'un animal qui auru sii vigueur eotiére-, et ceux d'un animal déjà éjjuisé el recru'. Les esprits |M)uiTont être plus ou moins abondants, plus ou moins vifs, plus grussiers ou [ilus altéuoés ; et ces philosojWies ppétendent qn'il n-'en faut pas diivanlage pour cspliquer tout ce qui t ••"■■ ■ „l. w.
t les diOiirenls états c
Us s
4, itKru,T
ile Bictiuntaire d^ la ldia£iw a. Dcf.Eulei {Lfiiti LX),
Avec ce raisonnement, cette opinion jusqu'ici ntre peu dans l'esprit des hommes^. Ceux qui la com* battent, concluent de là qu elle est contraire au sens commun ; et ceux qui la défendent, répondent que peu de personnes les entendent, à cause que peu de personnes prennent la peine de s'élever au-dessus des préventions des sens et de renfance*.
Il est aisé de comprendre, par ce qui vient d'être dit, que ces derniers conviennent avec l'Ecole, nonseulement que le raisonnement, mais encore que la sensation, ne peut jamais précisément venir du coi'ps ; mais ils ne mettent la sensation qu'où ils mettent le raisonnement, parce que la sensation, qui d'elle-même ne connaît point la vérité, selon eux n'a aucun usage que d'exciter la partie qui la connaît.
Et ils soutiennent que les sensations ne servent de
dans le Sang et dans les esprits qui en sont la partie la plus subtile. AHieun [Lettre XX Tï)^ il s'exprime ainsi qu'il suit :
« Il est certain que dans les corps des animaux ainsi que dans les nôtres, il y a des os, des nerfs, des muscles, du sang, des esprits animaux et d'autres organes disposés de telle sorte qu'ils peuvent prod'ire par eux-mêmes, sans le secours d'sucune jiensée, tous les mouvements que nous observons dans les animaux. »
< . Parmi les rares partisans de riiypothèse cartésienne de Fanimul-macliine, on doit compter Malebranclie qui l'a constamment soutenue. -Voy. la Recherche de la Vci itéy Uv. V, cbap. III et livre VI, partie n, chnp. vu. Les philosophes de Port-Rojnl y étaient égalcmeut
favorables.— On connaît d'autre part et les saillies d^opposition de Mme de Se vigne et les vers spirituels par lesquels La Fontaine a protesté, au nom du sens commun, contre cette doctrine. P^OX' liv. X, I, la fable intitulée : Les deux RatSj le Renard et VOEuf.
2^ C'est le langage que tient continuellement Descartes pour défendre son b}'potbèse : « Le l'ius grand préjugé que noui avons retenu de notre enfance est celui de croire que les bètei pensent. » Lettre XXKI. — Il se sert à peu prè» des mêmes termes dans la lettre UV :
« Pour ceux qui Teulent connaître la vérité, ils doivent surtout se défier des opinions dont ils ont été prévenus dès leur enfance... » 11 y revient encore a U lin d« U même lettre.
rien à expliquer ni à faire les mouvements corporels, parce que, loin de- les causer, elles les suivent; en sorte que, pour bien raisonner, il faut dire : Tel mouvement est, donc telle sensation s'ensuit; et non pas : Telle sensation est, donc tel mouvement s'ensuit.
Pour ce qui est de l'immortalité de l'âme humaine, elle n'a aucune difficulté, selon leurs principes. Car dès là qu'ils ont établi, avec toute l'École^ qu'elle est distincte du corps, parce qu'elle sent, parce qu'elle entend, parce qu'elle veut, en un mot, parce qu'elle pense ; ils disent qu'il n'y a plus qu'à considérer, que Dieu, qui aime ses ouvrages, conserve généralement à chaque chose l'être qu'il lui a une fois donné. Les corps peuvent bien être dissous, leurs parcelles peuvent bien être séparées et jetées deçà et delà, mais pour cela ils ne sont point anéantis. Si donc l'âme est une substance distincte du corps, par la même raison, ou à plus forte raisoa, Dieu lui conservera son être; et n'ayant point de parties, elle doit subsister éternellement dans toute son intégrité.
XIV. Conclusion de tout ce traité, où rexcellence de la nature humaine est de nouveau démontrée.
Voilà les deux opinions que soutiennent touchant les bêtes, ceux qui ont aperçu qu'on ne peut sans absurdité ni leur donner du raisonnement, ni faire sentir la matière. Mais, laissant à part les opinions ^, rappelons à notre mémoire les choses que nous avons constamment trouvées et observées dans l'âme raisonnable.
Premièrement, outre les opérations sensitives,
4. Nous avons essayé dans V Introduction de déterminer le parti que Bossuet prenait entre
les deux opinions qu*il a expulsées, très-ini)>artialement, comme on peut le voir.
S7S CIiAFITR£ ¥.
toutes eagsigëes daas la ohair et daos la matière^ nous y avoAs trouve les epéiisftioas inteUedueUes» si sapéneures an corps, et si pea ooBBf>rises daas ses <iispa6ition&, ifmvà ooatrayre elles le donÙBeDt, le font obëtr^ le dévoneot à la meit et le sacrific^it *•
Nous avons vu aussi que, par notre entendement, BOUS npercevons "des vérités éternelles, claires ^ in- Geatestables. Neiis savons qu'elles sent toa}ours les mêfDes, et nous sommes toujours les mèflaes à leur égard, toujoiu^ également ravis -de leur beauté, et convaincBS de leur oertitude; aarque que notre âme esi âiite pour les choses qui ne changent |>as, et qu'elle a en eUe un fond qui aussi ne doit pas dianger.
Qèt il fatA ici observer que ces vérités étemelles sont r objet naturel de noire entendement. C'est jmt elles qu'il rap{>orte natureUement toutes les actions homaiiies à leur r^e ^ tous les raisonnements aux premiers phnctpes, connus par etfx:-mèmes comme ëteiiiels -et invariables; Ums les ouvrages de l'hait et de la naiture, toutes les Ogui^esn «tous lesjniwvemeiits, aux proportions cachées, qui en font et la beauté et la force, enfin toutes choses généralement, aux décrets de la sagesse de Dieu, et à «l'ordi-e immuable qui les fait aller en concours^
Que si ces vérités éternelles sont Fobjet naturel de fete n é cw a eit humaia, far la •cenvenaoce -qui se iTMive «entre les objets et les pœssanoes, <m voit quelle est sa nature, et quêtant né conforme à des ciioses qui ne changent fMÎnt, il a en lui un |inii' cftpe de vie innnortelle.
Et parmi ces vérités étemelles qui sont l'objet naturel de l'entendement, celle qu'il aperçoit oomae la première, en laquelle toutes les auti^es subsiâlent et se re'unissent, c'est qu'il y a un premier Etre qui
é. F'oy, la note de U \>afB ^^.
DE LA Dll-FÉRENCE EKTBB l/BOMME liT LA BÈTE. ÏÎB
eutefld tout avec oertitude. qui fait tout ce qu'il veut, qui est lui-niêBie m règle, dont la volonté est notre loi, dout la Write est notre vie.
Nous savons qu'A n'y a rien de plus impos^ilc que le contraire de ces vnîtés, et qu'on ne |>eut jamnis siij^MKçr^ sans avoir le sees renversé, ou que ce premier Être ne soit pas, ou qu'il puisse clianger, cm qu'il puisse y avoir une créature intelligente qui ne soit pas faite pour entendre et pour aimer ce principe de son f'tre.
C'est par lu que nous avons vn que la nnture do l'âme est d'être formée à l'image de son auteur; et cette conformité nous y fait entendre un principe divin et immortel.
Car s'il y a quelque chose, parmi les créatuTH, qui mérite de durer étemeilement, c'est sani doute la connaissance et l'amour de Dieu, et ce qui est B^ pour eiercer ces divines opérations,
QuicMique les exerce, les voit si justes et si parfaites, qu'il voudrait les exercer à jamais; et nous avons, dans cet exercice, l'idée d'une vie éternelle et tMobeureuse.
Les histoires anciennes et modernes font foi qae cette idée de vie immortelle se trouve confusément dans toutes les nations qui ne soHt pfts tout à Tiit brutes. Mais ceux qui connaissent Dieu, l'ont trèsclaire et très-distiocte ; car Hs vweni que la oréatnre raisonnable peut vivre éiernellemant heureuse, eo admirant les grandeurs de Dieu, les coiiseils de sa sagesse et la beauté de ses ouvrftgies.
Et nous avons quelque expérience de cette vie, lorsque quelaue vérité illustre nous apparaît, et que, conteoiplunt lu nature, bous admirons la sagesse qui a toot fnit dans un si bel ordre.
Là nous goûtons un plaisir si pur, que tout ajitre pliiisir ne nous parait rien en coaufiacai&ii^'a. Clv,^ «Jb d [il.ihir (/(u a fi'ansporté les plùkisoçbes, «t "^ ^w« ■
a lait souhaiter que la nature n'eût donne aux hommes aucunes voluptés sensuelles, parce que ces voluptés troublent en nous le plaisir de goûter la vérité toute pure*. .
^ui voit Pythagore ravi d'avoir trouvé les carrés des côtés d'un certain triangle, avec le carré de sa base, sacrifier une hécatombe en action de grâces': qui voit Archimède attentif a quelque nouvelle découverte, en oublier le boire et le manger * : qui voit Platon célébrer la félicité de ceux qui contemplent le beau et le bon, premièrement dans les arts, secondement dans la nature, et enfin dans leur source et dans leur principe qui est Dieu* : qui voit Aristote louer ces heureux moments, où l'âme n'est possédée que de l'intelligence de la vérité, et juger une telle vie seule digne d'être éternelle, et d'être la vie .de Dieu*: mais qui voit les saints tellement ravis de ce divin exercice, de connaître, d'aimer et de louer Dieu, qu'ils ne le quittent jamais, et qu'ils éteignent, pour le continuer durant tout le cours de leur vie, tous les désirs sensuels : qui voit, dis -je, toutes ces choses, reconnaît dans les opérations intellectuelles un principe et un exercice de vie éternellement heureuse.
Et le désir d'une telle vie s'élève et se fortifie
4. Voir notamment le discours du pytliagoric-ien Archytas^ rapporté par Cicéron, De SenectutCy chap. xii.
2. Ce fait est relaté par Cicéron, De natura deorum, Illf XXXVI, et par. Plutarque, dans le livre : On ne peut vivre suivant la doctrine d*Épicure j cbap. II. — li s'agitdu théorème sur le rapport . du carré construitsur VhypotéDuse du trian- ^le rectangle aux carrés con- "rtu'is sur le3 deux autres cùtés.
3, Cicéron de Finibus bonorum et malorum, V, xz. « Quem c enim ardorem studii censetis « fuisse in Arcliimede, qui dum c in pulvere quaedam descrilut « attentius, ne patriam quidem a captam esse svnserit. » F'or, aussi le traité de Plutarque cité dans la note précédente.
4. F'ojr. dans le Banquet le discours sur l'amour et la beaulé placé dans la bouche de Socr^te»
l^.No^ . Morale à ^icomaquef
DE LA DrFFÉREPiCE ENTRE L'HOMME KT LA BÊTE, agi
d'autant plus en nous que nous méprisons davantage la vie sensuelle, et que nous cultivons avec plus de soin la vie de l'intelligence.
Et l'âme, qui entend cette vie et qui la désire, ne peut comprendre que Dieu qui lui a donne cette idëe et lui a inspiré ce désir, l'ait faite pour une autre fin.
^t il ne faut pas s'imaginer qu'elle perde celte vie en perdant son corps: car nous avons vu que les opérations intellectuelles ne sont pas, à la manière des sensations, attachées k des organes corporels. Et encore que, par la correspondance qui se doit trouver entre toutes les opérations de l'àme, l'enteu' dément se serve des sens et des images sensibles, ce n'est pas en se tournant de ce aité-là qu'il se remplit de la vérité, mais en se tournant vers la vérité étemelle.
Les sens n'apportent pas à l'âme la connaissance de ta vérité; ils l'excitent, ils la réveillent, ils l'avertissent de certains eCTets : elle est sollicitée à chercher les causes ; mais elle ne les découvre, elle n'en voit les liaisons, ni les principes qui font tout mouvoir, que dans une lumière supérieure qui vient de Dieu, ou qui est Dieu même.
Dieu donc est la vérité, d'elle même toujours présente à tous les esprits, et la vraie source de l'intelligence. C'est de ce côté qu'elle voit le jour: c'est par là qu'elle respire et qu'elle vit.
Ainsi, autant que Dieu restera à l'àme (et de lui-même jamais il ne manque à ceux qu'il a faits pour lui, et sa lumière bienfaisante ne se retire jamab que de ceux qui s'en détoui'nent volontaire- ' ment), autant, dis-je, que Dieu restera à l'âme, autant vivra notre intelligence; et quoi qu'il arrive de nos sens et de notre corps, la vie de notre rat-
Que s'il faut un corps à notre !
3§1 ^ CHAPITfŒ V.
{)(mr lui être unie, la loi de la Providence veut que e plus digne remporte ; et Dieu rendra à l'âme son corps immortel, plutôt que de laisser l'âme, faute de corps, dans un état imparfait. Mais néduisons ces raisonnements en peu de paroles. L'âme, née pour considérer ces vérités immuables et Dieu où se réunit toute vérité, par là se trouve conforme à ce qui est éternel.
En connaissant et en aimant Dieu, elle exerce les Opérations qui méritent le mieux de durer toujours.
Dans ces opérations elle a l'idée d'une vie éternellement bienheureuse, et elle en conçoit le désir. Elle s'unit à Dieu, qui est le vrai principe de l'inCelligence, et ne craint point de le perdre en perdant le corps; d'autant plus que sa sagesse étemelle, qiâ faTt servir le moindre au plus digne, si l'âme a besoin d'un corps pour vivre dans sa naturelle perfection, lui rendra plutôt le sien, que de laisser défaillir 5on inteHîgence par ce manquement.
(Test ainsi que l'âme connaît quelle est née pour être heureuse à jamais, et aussi que, renonçant à ce bonheur éternel, im ma=lheur étemel sera son supp'îice.
Il n'y a donc plus de néant pour elfe, depuis que son auteur Ta une fois tirée du néant pour jouir de sa vérité et de sa bonté. Car, comme qui s'attache à cette vérité et à cette bonté, mérite plus que jamais de vivre dans cet exercice, et de le vok durer éternellement; celui aussi qui s'en |>rive et qui «'en éloigne, mérite de voir durer dans l'éternité la peise de sa défection.
Ces raisons sont solides et inébranlables à .qui les
sait pénétrer; mais le chrétien a d'autres raisons
qui sont le vrai fondement de son espérance : c'est la
parole de Dieu, et ses promesses immuables. Il pro»
met la vie e'ternelle à ceux ç\u\ le servent, et c©»-
damDe les rebelles à un suççtvce é^^ïïis\.^ ^\.^^k
à sa parole, et ne change ]wint i
compli aux jcuï de toute la terre ce qu'il a promis
àe soa Fils et de son Eglise, l'accomplissement de ces
promesses nous assure la vérité de celles de la vie
future.
Vivons donc dans cette attente ; passons dans le monde sans nous y attacher. Ne regardons pas ce qui se voit, ïnais ce qui ne se voit pas; parce que, comme dit l'Apôtre, ce qui se voit est passager, et ce qui ne se voit pas dure toujours'.
t. Saint Paul, u* ipti, aax Corinlkitiu, IT, 18.
Debse
ni.
su.
xin.
XTII
TABLE DES MATIÈRES
ta
sa
ïi
Dea sens eitérieiirs et ialerieiui, et plus ea p'articu-
«ni sensations, et conlmenl on eu conniill lu dif-
Diflèrence d'un bomme d'esprit et d'un homme
Les actef particuliers de l'ii.teUigenw
Les trois opècntioni de IVniiril
Ce que t'est que bien juger ; nueli ep lonl les mDjtni