‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 87 sur 93 · Dans la Somme^ -paM I, quaest. 76 , art. 8. — A · texte numérisé non relu

Dans la Somme^ -paM I, quaest. 76 , art. 8. — A

d'ailleurs ci-dessus la note de la page 1 66) et le début du ch. m,

DE L* DIFFÉRENCE ESTBE L'HOMME ET lA BÉTE, a7l

lu dîssoiirtkm tla corps ne doititoint lu fuir e périr; et nous retombons par là dans l'erreur des Platoniciens, qui mellyient toutes les âmes immortelles, tant celles des hointnea, que celles des animaux *.

Voilà deux grands inconvénients , et voici par où on en sort.

Et premièrement, saint Thomas et les autres docteurs de l'École, ne croient pus que l'âme soit spirituelle, précisément pour être distincte du corps, ou pour être indivisible.

■Pour celai '1 faut entendre ce qu'on appelle proprement spirituel.

Spirituel, c'est immatériel; et saint Thomas appelle immatériel, ce qui non seulement n'est pas matière, mais qui de soi est indépendant de ta

Cela même, selon lui, est intellectuel; il n'y a que l'intelligence, qui d'elle même soit indépendante de la matière, et qui ne tienne à aucun organe corporel,

II n'j a donc proprement en nous d'opération spirituelle, que l'opération intellectuelle. Les opérai one sensitives ne s'appellent point de ce nom, parce qu'en effet nous les avons vues tout à fait assujetties à la matière et au corps. Elles servent à la partie spirituelle; mais elles ne sont pas spirituelles; et aucun auteur, que je sache, ne leur a donné ce nom.

Tous les philosoplies, même les païens, ont distingué en riiomme deux parties, l'une raisonnable,

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qu'ils appellent vou;, mens; en notre langue, esprit, intelligence : l'autre qu'ils appellent sensitive et irraisonnable ^ .

Ce que les philosophes païens ont appelé voue, mens^ partie raisonnable et intelligente, c'est à quoi les saints pères ont douné le nom de spirituel: en sorte que, dans leur langage, nature spirituelle et nature intellectuelle, c'est la même chose.

Ainsi, le premier de tous les esprits, c'est Dieu, souverainement intelligent.

La créature spirituelle est celle qui est faite à son image, qui est née pour entendre, et encore pour entendre Dieu selon sa portée.

Tout ce qui n'est point intellectuel, n'est ni l'image ae Dieu, ni capable de Dieu : dès là il n'est pas spirituel.

De cette sorte, l'intellectuel et le spirituel, c'est la même chose.

Notre langue s'est conformée à cette notion. Un esprit, selon nous, est toujours quelque chose d'intelligent; et nous n'avons point de mot plus propre pour expUquer celui de vouç et de mens, que celui d'esprit.

En cela nous suivons l'idée du mot d'esprit et de spirituel qui nous est donnée dans r£crilxu*e, où tout ce qui s'appelle esprit, au sens dont il s'agit, est intelligent, et où les seules opérations qui sont nommées spirituelles, sont les intellectuelles.

C'est en ce sens que saint Paul appelle Dieu, le Père de tous les esprits *, c'est-à-dire de toutes les créatures intellectuelles capables de s'unir à lui.

4. Le mot vou;. introduit dans la philosophie grecque par Anax agora, a été adopté par les philosophes subséquents et particulièrement par Aristote pour désigner les fucultés su-

périeures de l'âme humaine.

Cicéron et Sénèque emploient mens dans le même sen«; !<»

pères de Téglise .«'y conforment.

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