On dirait nujoard'Imi modification ou phénomène nu Heu
àe perception, terme que Des- * Vâme, part. î, art. 22 et 23
caries applique aussi à la sensation, ^oy^z les Passions de
accoutumé de dous arriver, qu'elle ne nous en explique lu nature: mais celte dérmitîon suflit pour nous faire distinguer d'abord les sensations d'avec les autres opérations de notre àme.
Or, encore que nous ne puissions entendre les seDsations sans les corps qui sont leurs objets, et sans les parties de nos corps qui servent d'orgiines pour les exercer, comme nous ne mettons point les sensations dans les objets, nous ne les mettons |)as non plus dans les organes dont les dispositions bien considërées, comme nous ferons voir en son lieu', se trouveront de même nature que celles des objets mêmes. C'est pourquoi nous regardons les sensations comme choses qui appartiennent à notre âme, mais qui nous marquent l'inipi'ession que les corps environnants font sur le nûtre, et la corres|iondance qu'il a avec eus.
Selon notre définition , la sensation doit être la première chose qui s'élève en l'âme et qu'on y ressente à la présence des objets ; et en elfet, la premièi'e chose que j'aperçois en ouvrant les veux, c'est la lumière et les couleurs ; si je n'aperçois rien, je dis que je suis dans les ténèbres. La première cbost que je sens en montrant ma main au feu, et en ma~ niant de la glace, c'est que j'ai cliaud, ou que j'ai froid ; et ainsi du reste.
Je puis bien ensuite avoir diverses pensées sur la lumière, en rechercher la nature, en remarquer les réflesioos et les réfractions, observer même que les couleiu's qui disparaissent aussitôt que la lumière se retire, semblent n'être autre chose, dans les car|is où je les aperçois, que des différentes modilreations de la lumière elle-même, c'est à-dire diverses relierions ou réfractions des rayons du soleil, et des autres corps lumineux. Mais toutes ces pensées ne nie vien-
neul qu'après cette perception sensible de la lumièreque j'ai appelée sensation, et c'est la première qui s est faite en moi aussitôt que j'ai eu ouvert les yeux.
De même, après avoir senti que j'ai chaud ou que j'ai froid, je puis observer que les corps d'our me viennent ces sentiments causeraient diverses altérations à ma n>ain, si je ne m'en retirais : que le chaud la brûlerait et la consumerait, que le froid l'engourdiraît et la mortifierait; et ainsi du reste. Mais ce n'est pas là ce que j'apercœs d'abord en m' approchant du feu et de la glace. A ce premier abord, il s'est fait en moi une certaine perception qui m'a fait dire i J'ai chaud, ou : J'ai froid ; et c'est ce qu'on appelle sensation.
Qumque la sensation demande, pour être formée, la porésence actuelle de l'objet, elle peut durer quelque temps après. Le chaud ou le froid dure dans ma main après que je l'ai éloignée, ou du feu, ou de la glace qui me la causaient. Quand une grande lumière» ou le soleil même, regardé fixement, a fait dans nos yeux une impression fodrt violente, il nous paraît encore, après les avoir fermés, des couleurs d'abord assea vives,, mais qui vont s' affaiblissant peu à peu, et semMent à la un se perdre dans l'air. La même cliose nous arrive après un grand bruit ; et une douce liqueur laisse, après qu'elle est passée, un moment de goût exquis. Mais tout cela n'est qu'une suite de la première, touche de l'objet présent.
n. Le plaisir et la donleiir.
Le plaisir et la douleur accompagnent les opérations des sens : on sent du plaisir à goûter de bonnes viandes, et de la douleur à en goûter de mauvaises ; et ainsi du reste.
Ce chatouillement des sens qu'on trouve, par exemple, en goûtant de bons fruits, de douces li-
giiears, et d'autres viandes exquises*, c'est ce qui s appelle plaisir ou voltiptc. Ce sentiment i m pnrtua des sens offensés, c'est ce qui s'appeUc douleur.
L'un et Tautre sont compris sous les scnlinient& ou sensations, puisqu'ils sont l'un et Fautre une perception soudaine et vive, qui se fait d'abord en nousà la présence des objets plaisants et fâcheux ; commeà la présence d'un vin délicieux qui arrose notre palais, ce que sous sentons au premier abord, c'est le plaisir qu'il nous donne; et, i'i la présence d'un fer qui nous perce et nous déchire, nous ne ressentons rien plus tôt ni plus vivement que la douleur qu'il
Quoique le plaisir et la douleur soient de ces cfmses qui u'ont pas besoin d'êlre définies, parce qn'elles. sont conçues par elles-mêmes, nous pouvons toutefois définir le plaisir, un seotiment agréable qui convient a lu nature ;, et b douleur, un sentiment (S.~ cheux contraire à la nature.
11 parait que ces deux sentiments naissent en nous, comme tous les autres, à fa présence de certains corps, qui nous accommodent ou qui nous blessent. En effet, nous sentons de la douleur quand on nous coupe, quand ou nous pique, quand on nous serre, et ainsi du reste ; et nous en découvrons aisément la cause, car nous voyons ce qui nous serre et ce qui nous pique. Mais nous avons d'autres douleurs plus intérieures : par eEempIè, des douleurs de tète ctd'estomac, des colicfues et d'autres semblables. Nous. avons la h\m et la soif, qui sont aussi deux e^)Rce3 de douleurs. Ces douleurs se ressentent au dedans, sans que aoas voyions au deliors aucune chose qui nous..
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les cause. Mais nous pouvons aisément penser qu'elles viennent des mêmes principes que les autres ; c'està-dire que nous les sentons quand les parties intëriem*es du corps sont picotées ou serrées par quelques humeurs qui tombent dessus, à peu près de même manière que nous les voyons arriver dans les parties extérieures*. Ainsi toutes ces sortes de douleurs sont de la même nature que celles dont nous apercevons les causes, et appartiennent sans difficulté aux sensations.
La douleur est plus vive et dure plus longtemps que le plaisir, ce qui nous doit faire sentir combien notre état est triste et malheureux en cette vie.
11 ne faut pas confondre le plaisir et la douleur avec la joie et la tristesse^. Ces choses se suivent de près, et nous appelons souvent les unes du nom des autres; mais plus elles sont approchantes et plus on est sujet à les confondre, plus il faut prendre soin de les distinguer.
Le plaisir et la douleur naissent à la présence effective d'un corps qui touche et affecte les organes ; ils sont aussi ressentis en un certain endroit déterminé : par exemple, le plaisir du goût précisément sur la langue, et la douleur d'une blessure dans la partie offensée. Il n'en est pas ainsi de la joie et de
-I . Descartes, dans son Traité de l'homme^ dunne de la faim et de la soif la même explication physiologique.
2. Malgré ce qu*il y a de général dans les dé/initions données plus haut, Bossuet, d*accord avec Descartes et avec les anciens, applique de préférence les mots plaisir et douleur, volufttasy âolor^ au trouble des sens charmés ou offensés; et lorsque le st-ntiment agréable ou désagréable provient de Pc-
tat même de notre âme, et non de celui des organes, il se sert de N mots différents, tels que joie, tristesse, Isetitia, œgritudo.
Aujourd'hui, tout en reconnaissaut dans la joie et la tristesse des éléments que le simple plaisir et la simple douleur ne pré* sentent pas, on n*hésite pas à distinguer des douleurs et des plaisirs de Tesprit et du cceur, c.-à-d. intellectuels et moraax, aussi bien que des douleurs et des plaisirs des sens.
la tristesse, à qui nous n'attribuons aucune place certaine ; elles peuvent &tte excitées en l'absence des objets sensibles, par Ih seule imagination, ou par la réQexion de l'esprit. Ou a beau imaginer et considérer le plaisir du goût et celui d'une odeur exquise, ou la douleur de la goutte, ou n'en fait pas naître pour cela le sentiment. Un homme qui veut exprimer le mal que lui fait la goutte ne dira pas qu elle lui cause de la tristesse, mais de la douleur ; et aussi ne dira-t-ilpas qu'il ressent une grande joie dans ta bouche en buvant une liqueur délicieuse, mais qu'il y ressent un grand plaisir. Un homme sait qu'il est atteint de ces sortes de maladies mortelles qui ne sont point douloureuses ; il ne sent point de douleur, et toutefois il est plongé dans la tristesse. Ainsi ces choses sont fort différentes. Cest pourquoi nous avons rangé le plaisir et la douleur avec les sensations, et nous mettrons la joie et la tristesse avec les passions dans l'api>ëtit'.
Il est aisé maintenant de marquer toutes nos sensations. Il y a celle des cinq sens : il y a le plaisir et la douleur. Les plaisirs ne sont pas tous d'une même espèce, et nous en ressentons de fort dilTérents, non-seulement en plusieurs sens, mais dans le même II en faut dire autant des douleurs. Celle de la migraine ne ressemble pas à celle de la colique ou de la goutte. Il y a certaines espèces de douleurs qui reviennent et cessent tous les jours ; et c'est la faim et la soif.
t. Le mal Bppèiii, employé i EpicialenuBl eipriroer ceui de