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338 LE LIED DE L'IllIlbRtÀLitÉ.
N'est-il pas simplement urt océan de feu ? J'avoue qu'il ne m'est pas possible de ne Voir dans le père du jour, dans lé père d^ toute la nature, qu'une simple lampe, ou une lave qui bouillonna. Là poésie^ et Surtout la parole prophétique^ font une plus haute estime de ce centre des moiides. « Dieu, dit c( l'Écriture sainte, Dieu a fiiit du soleil son tab^N a nacle ' . » Et l'un de nos grands théologiens commente ainsi ce texte prophétique : « Dieu créateur <c de toutes choses a mis son tabernacle dans le a soleil, la plus noble des créatures visibles. Dieu, « parmi toutes les choses corporelles , a choisi le « soleil comme un royal palais, et comme un sanca tuaire divin, afin d'y habiter. Certes, Dieu rema plit le ciel et la terre, ou plutôt ni lé ciel, ni le a ciel des cieux ne peuvent le contenir. Cependant « on peut dire que Dieu habite surtout là où il a fait éclater sa présence par ses plus grandes merci veilles ^. » Si le soleil est la plus belle des créa-
>^ * In solo posuit tabernaculum suum. Ps. xviii.
* Primum igitur conditor Qmnium rerum Deus, in sole tanqmm m re nohiUssima, posuU iabemaenlum 9uum; id est inUr omn^s corporaUs res elegit Deus solem %U in ipso tanqtÊom m palalio regio, vel divino sanctuario habitaret. Cœlum quidem ei temm Deus implety et cœlum et cœli cœlorum cum non continent : tamen •6t magis habitats âicitUf, bbi majora slgtla sus praesentis, mira-
LB UEO M rniMQRTJLLITÉ. 3S9
hit« \teiblési s'il peut être âp|x4é demtnire dt* Dieit, pdbis, »iicttiain\ tabenucle de t)ieu, il iie petit ètrr, ce me semble, uiie ^mple masse de lave, objet affreux ; il doit être plus beau que la teire, plus Thitit et plus riche tiue toutes les deiiieures qui drculent au dehors de là source. LA ^ience d ailleurs u*a âncuiie raison d^affirmer que cet astr^ lie soit pas un monde.
Qu*on se figure une terre qui porte rauréote, €x>mme on dit que la tète dos saints la |K>rle dans le ciel : qu*on ^* fi^ire un globe, mille et mille * fois plus grand que tiotre terre et que toutes les planètes, éclaire, vivifie par sa propre atmospbèiv, et non plus par un point situé hors de lui ; une terre toute revêtue de gloire, dont chaque |x»int de rimmense surface, au pôle, à féqualeur, et sous toute latitude, est, eu tous sens et en tout temjis, le centre de la voûte d*or, de la splièn* lumîneus4\ du dôme vivant et vivifiant qui euAt^lop|ie cliaque horizon !
En toute rigueur et géométriquement, sur tous
Gradifi vn)«
* Le âoùeil est qujtorv cent mii> f\M< p^us ^^ que notn? Irnip. Là torre esl à !\v.inl du ^.^.0.1 ce «{u>s4 un grjLoJ \ aisseau à l'e-^ strd de lîJo de Jersev
r. i»: OB L'IMIIORTALITÊ.
4k ^loneura au soleil» il n'y a j
<. .-,M KMUl qui, pour UD seul instant, reçoive .j ..^ i>iL-io, et jouisse de son maximum de lu- . <.. t.. ûkL 1,-omme un fugitif attrait vers la vie . . ..h .tu uulteu de la vie partielle, comme il arrive .,.. .1 \ 4 toujours en toute âme, dans sa vie la plus . ^KJiMV, un frêle et fugitif souvenir de pléni- '.uJc et d'unité. Dans les mondes extérieurs, hors i c M'ul point privilégié, tous les autres sont toujours eu d(.\tt de leur lumière possible, et leur mouveuiviit consiste à la poursuivre incessamment. Ici, dans le monde central, tout point jouit toujours du ravon plein. Aucun point ne r^r^te, aucun poiut ne poursuit sa pleine lumière , puisqu'il en jouit en tout t«nps ; et s'il se meut, il se meut avec Ml lumière, en sa lumière, non pour l'atteindre ou po4ir la fuir, mais •comme pour mieux s'en envelitpper. Tous les mondes du dehors tournent autour du principe qui les vivifie, et il leur faut un an de course pour l'embrasser, non pas pleinement, uMis pour l'envelopper d'une ligne; à peu prés comme notre pensée discursive n'atteint jamais le plc4n d'aucune idée, mais tourne autour, et la regarde point par point, et l'eovdoppe d'une ligne, iiiai> iiiiK il lU"' sphère. Ici, dans la demeure ceatraU-, le niuiiM-meut se &it sous l'aurécJe et dans
LE LIEU OE L*IMVORTALITiL Zhi
son ceDtre. Le globe illuminé ne perd jamais de viie aucun point de Timmense total de lumière. Au dehors, il hni tout un jour pour être éclairé tour à tour dans la surface entière, et il &ut une année pour envelopper d\in cercle la source lumineuse, et additionner point par point tous les aspects possibles de cette ligne à cette sphère. Biais le monde central au contraire possède toujours, et en tout temps, toutes ses liunières possibles : son vaste mouvement intérieur, nullement discursif, mais toujours concentrique, saisit et embrasse toujours tout. Il y a bi«i encore ici des jours et des années, mais le jour est égal à Tannée, et le jour n*a jamais de nuit, comme Tannée n*a jamais d*hi- Ter. Plus de crépuscule, ni de nuit, plus de saisons, plus de vicissitudes. 11 nV a plus que le sentiment idéal de ces choses, qui peut-être n'est que le batle^ ment double des vibrations de la lumière.
Mais que devient la mort dans lui tel monde ?
Sur notre terre, et sur toutes les planètes, Tirrésistible mobilité de la nature, à chaque révolution autour du principe de la vie, entraîne presque tout vers la mort. Chaque année, à la diute des feuilles^
1 1 UB L^anORTAUTÉ.
. . wavii^sc une crise. Des oûllîersd'étitt
' ^ |iUi» fuiUes suçcombeDl, et les plus
v.\t ni (!ii résistant et combattant. La au
. , MMi> l'auréole, rimmuable sérénité, la
.i.u lontiiiiie de toutes choses, la plénitude
. : il ils ili; la lumière, eutraine tout vers la w
V ..<.^^«l^l<*, non vers la mort. La, d*aiIleuK, la vie x\i\ (tn^ i:^ k peine successive. La vie est plus iiini'y |ilus concentrique et rassemblée. Les âk^res sont moins divers, et se pénètrent davantage, il Il ) a pa£> ce violent et inégal mouvement des saisons qui pousse si vite la fleur, depuis son tendre ^( rme, jusqu'à sa chute dans Therbe aride; qui la tue par de perfides retours de glace, ou 1^ lixTe^
VI la glace Tépargne, au subit et cuisant soleil, pour ctre brusquement épanouie , dévorée et (anée en uu jour. U n*est pas £u:ile de comprendre comment, sous Tauréole, les fleurs, si elles peuvent naître, peuvent se ianer. Sans doute, elles s^ transforment tout entières en fruit sans cesser d*ètre fleurs. Ici le fruit chasse et abat la fl^r : là il la glorifie. Une sainte dit avoir vu ou rê%'é des vergers célestes où 1^ fleurs ne mouraient jamais ; et un esprit charqiant § prononcé ces mpt« iqspirés par |ai poésie la plus vraie : n En ce moqde, nous soqipi^ suc- 1 çes^ i mait quand h| piort nous aura £ûls ce
LB UEU OB LlHXORTàUTâ SU
« que nous pouTons être, n'csI-U pas à croire qu^il « Qoiis sera donné de posséder, ensemble et en « niéme temps, notre gracieuse enfance et notre « belle jeunesse, notre âge mûr et notre vieillesse, « comme ces arbres privilégiés qui portent ensem- « ble, sur un tronc noueux, des feuilles, des fleurs « et des fruits ? » Dans la demeiue centrale, la fleur de la jeunesse et de Tenfauce ne passe donc point, comme sur notiv terre, en lui jour. Ici-bas, la suave et angélique adolescence se transforme parfois tout à coup en rude commencement de sè> cbe virilité, qui emporte la fleiur de beauté sans apporter la force. La précipitation du mouvement vital parfois fait sauter une saison. Le briUant et noble passage de la gracieuse adolescence à la piiisr santé virilité de Thomuie complet, la beUe jeunesse est étouffée. A son tour, Tàge viril est un âge abrupte, qui ne conser\e rien de la jeunesse ou de TenEance, ni la foi sainte, ni Timmense espérance, ni Télan magnanime, et n'admet rien encore de la calme sagesse qui doit conduire, par le soir de la vie, à la consommation. I^ baut, sous Tauréole, s'il y a des vi\auts« les âges ne se précipitent pas si vite, ne s'excluent pas si durement. Us se rassem* blent au contraire. Us se complètent, ils se pénètrent. Oh ! qui nous doiuiera cette pénétration mu-
j.t. J* LlXHfHtTUJTÉ.
^ .-*fe p^étration mutuelle des
., t^. (les idées, des amours? Qui
t ■«• totale et rassemblée? ■ Oh!
^..L vugustin, patrie céleste, demeure
,c >ie paix, terre de vision, mère de
. ..rtisalem d'en haut, quand donc, me
.L :ua difîormité présente, de ma dis-
. .'.'iit'lte, me recueilleras-tu tout entier
,. ^eiu ! D Oh ! oui, notre âme désire la vie
laM-inbtée aussi bien que la vie sans fin.
^^.. ti entière et parfaite d'une vie sans fin, c'est
,.ctou théologique de la vie étemelle {inter-
^.s t-itœ tota simul perfectaque possessio).
1 ',>u>n, la demeure centrale, l'île de lumière
.»r lie laquelle voguent les mondes n'ofTre-t-elle
..-. ^tu moins l'image d'un séjour éternel ? Et n'a-
^ . voit-on pas d'ailleurs, au ciel, des groupes d'as-
!,> qui semblent disposés aussi pour la vie pleine,
a du moins pour une vie moins partielle et moins
vtAsagère que la nôtre? « IJi, dit un religieux con-
. leiuplateur de la nature, là, dans la région des
a étoiles doubicsetdcsamas d'étoiles, nous voyons
■ souvent deux soleils, quelquefois trois et plus,
« associés comme des frères. Nous en voyons qui
u marchent ensemble par midtitudes en troupes
u scrriVs , aussi nombreuses que des armées. Au
4 milieu de ces chœurs d^étoiles, la lumière ne dé* « cline jamais. Dans ces assemblées de soleils le m feu de mille et mille auréoles réunies entretient « un jour éternel. Mais quels êtres peuvent liabiter '^ de telles régions ? Ce sont probablement des êtres « très-élevés qui n*ont plus besoin d*alternances « entre la lumière et la nuit , ni de vicissitude de « froid et de chaud. Peut-être que, dans ces ré- « gionsy avec la nuit et le sommeil, ces images de c la mort, la mort aussi a disparu, ou du moins « ce qui pour nous, dans notre forme si imparfaite, « s'appelle la mort, n*est plus, pour ces oi^anisa- « tions supérieures, qu'un doux changement. 1A « sans doute, la nature vivante se transforme au « lieu de mourir, comme dans nos rêves nous pas- « sons doucement d'une forme à l'autre : et ces ce transformations d'un passé achevé, en un jeune « et brillant avenir, au lieu de l'horreur et des lar- « mes , n'apportent aux êtres intelligents qu'un « ravissement de joie a la vue des admirables et « continuelles nouveautés de la vie grandissante *. » Il me semble que cette poésie est utile ! Et ne futelle qu'un rêve, ce rêve n'est-il pas bienfaisant ?
< Schubert, M IBeltdcbaubr, § 6.
^« Lp UBQ w wmoKTàurk
Telles sont les subliqies images qu'inspire Fidée d'une dei^eure centrale dans la pleine lumière du soleil, ou dans les moqd^ qui \îvent dans une assemblée de soleils. Mais la demeure centrale ellemême est-elle le lieu suprême de rimmortalité ? Ou bien n'en est-pUe que l'image, ou peut-être le vestibule, le tabernacle prpvisoire et voyageur encore? Il en serait de ce beau tabernacle comme de ces tabernacles du Dieu vivant, qui, sur toute la terre aujourd'hui, portent en eux le corps de Jésus-Christ, la substance de l'immortalité, et ne sont pourtant pas encore le lieu de l'immortalité. Les Ames saintes aussi, celles qui déjà portent Dieu et la substance de l'immortalité, ces âmes elles-ménies ne portent ce trésor que dans un corps mortel, ei ne sont pas encore dans l'immuable lieu de Timmortalité. Notre soleil lui-même mourra et s*élâiidra, puisqu'on a déjà vu d'autres soleils s'éteindre. Et d'ailleurs son auréole elle-même a des défauts et des lacunes. Ses immenses déchirures montrent parfois la nuit à tout un horizon de sa sur£u:e, et laissent voir à ceux qui l'habitent, s'il est habité en effet, qu'il n'est pas seul, qu'il y a d'autres soleils
au |oip, et uqe ipiipensité doqt wn globe radieux n'est qu'vm point. Le soleil voit que cette immensité est morcelée , qwp tQyte la vie pUssente des ipon4^ est yoyageu^ et dispersée , et qu'elle est uq ^xil où lui-mémç vpyage isolé, en avançant vers 1^ p^trje pt v^rji V^ternelle upité
Mais c^^ rentre (l'^ut^ut mieux dans notre comparaison de Vapie k toift l^ensepdble.
Nous l'avons yi;, VfiiV)? 9 ^^ ses trois sts^tions dont parlent les mystiques, et la demeure centrale de l'âme qqfi décrit sainte Thérèse, répondent aux trois groupes de mondes, et au spleil qui les vivifie. Il nous reste donc à parler 4e la demeure centrale de l'âpie, et ^1 nous fant {^ comparer à la vie solaire sous la lumière de l'auréole.
Or, que dit potre sainte conductrice, qui nou^ mène à travers le^ ccrclps de i'âin^) PPininp Béatrice mène Ip poète ^ travers les cercles du ci^, que dit-elle dp la flem^M^e centrale de Vàme ?
Le voici : « Cpt^e deme^ire est le centre de l'âme, «f p'e^t le liç^ du divin soleil, p'e^t le centre où <K habite le grand PieH •...., Dieu étant ce divin <( s^eil qui est ^ et qu| clcmeure toujours dans le « centre de l'âme. . . . , qui la féconde par sa douce
■ Château de l'Ame, chap. 1^.
« et vivifiante chaleur '. Le ciel n'est pas le seul a séjour de Dieu. Il en a aussi un dans l'âme, K qu'on pAit nommer im autre ciel. Il ne but pas « s'imaginer que l'âme n'ait point d'autre lumière (c que celle qui nous paraît et qu'elle soit \m Heu e sombre et obscur. L'âme n'est point resserrée en « d'étroites bornes ; en elle se trouvent toutes ces a demeures; en elle le Créateur du ciel et de la <t terre daigne habiter *. » Et quand Dieu veut s'unir à l'âme, pour consommer l'alliance, l'âme voit alors a qu'il la fait entrer en lui-même ainsi que « dans son centre *. » Elle se trouve introduite dans celte dernière demeure par la vision intellectuelle, dans laquelle elle voit et connaît que, dans le plus intérieur d'elle-même, elle est et vit toujours en société de Dieu. lit, elle entre dans le repos et dans la paix. Rien ne semble maintenant pouvoir tirer de cet heureux état la principale partie de l'âme *. Et en effet, c'est la partie principale de l'âme q«î est immobile en ce centre, pendant que les puissances n'y sont point toujours recueillies. Et ici notre Béatrice, avec la certitude de sa vision et la simplicité ingénue de sa science, nous parle ainsi :
' Oiàteau de l'âme, vu* demeure, cbap. i", — • Ibid. • * Ibid.
« Après cette faveur sÎDgulière, U semble à Tâine « qu elle est comme divisée, étant d'un coté dans « la paix, de Tautre, dans le travail. Et la partie « souffrante et agitée se plaint à Notre-Seigneur, « ainsi que Marthe se plaignait à Marie, de ce que « l'autre partie de Tàme, qui jouit d'une plus pure c et plus parfaite tranquillité, la laisse en des tra- « vaux et des occupations qui la privent du bon- « heur d'être auprès de Jésus * . »
« Ceci, dit sainte Thérèse, vous semblera peut- « être extravagant. C'est néanmoins très-vrai. Sans « doute, l'âme est indivisible, et pourtant ce que « je vous dis n'est pas imaginaire, c*est d'ordinaire « ce qui arrive. Et quoique Tâme et Tesprit soient « une même chose, on y remarque pourtant une « différence qui fait que Fun et l'autre peuvent « agir à part ^. Il me parait aussi qu'il y a une « différence entre Tàme même et ses puissances. « Mais je ne puis assez bien expliquer tout cela '. »
Le caractère de cette vie centrale, c'est donc l'entrée en Dieu, l'union à Dieu; sortir de soi pour rentrer en Dieu ; entendre Dieu dire à Tâme : Ne pense qu'à moi, c'est moi qui pense à toi ^. Cette
* ibid. — * Joubert a dit : « L*esprii est raUnosphère de Tàine. § — * ibid* — * /Ud., chap. u.
35b LE yëti bE L'iMilbRtALlfÉ.
Uhidti toute divine se fkit dàtië le tentrë de rftkne, endt*ôit où Dieu à établi SBii trône. Dâhs 1^ autres détueures, il ne tenait pas Famé aucerltre; Ici Dieu rte Tient i3oint par les |>ortes des denlfeures extérieu- . Mîs, il fentrë par le centré) et dit ce mot, comme au Cénacle : « QUé la paix toit àrec Vous * . »
L'ftthe alors, kdmiiie i'à dit saint t^ul , devient, eh c^uelqUci sorte^ iiiie tiiêkiie bhdse aVec t>ieu {qui adhœret Domint) uttiis spiritui est). \x L'esprit de tt rhothme détient alors ëtithme une ttiéme bhosc t€ ftVec l'Esprit suprême^ qUl^ pàb Cette grande fait VeUr, Teut montrer jusqu'bû va sbh amour. Ici ft est le mariage de l'âme âvfec Dieu : ce qui prétt cède n'était que fiauçailles; Les visites de Dieu « passaient Vite. Ici ëette fàvéUr diit*e toujours. H L'âme ne cesse pôiht d'être avec DieU , comme « dans son cetltre. L'âliië ne sort plus de ce cen- « trej et rien ne tt^oUble plus sa paix ' ; mais de cette te divine source de rihfinie Bbnté la vie bouillonne tt toujours, et coule, et se répand sur les autres a demeures de l'âme \ le diviU soleil jette tant de a lumière qu'il la ré|)and sur toutes les puissances tt extérieures '. »
« Cette demeure où Dieu habite, et qui est le
* Château de Tâme. — ^Jbid., vu* demeure, cha[i. !•'•—» Ibid,
LB UEtl DE LlMMORTâLITÉ. 351
m centre de raine, celte denieui^, dit toujours notre « sainte, est comme le septième ciel ; c*est le ciel « empyrêe (ciel de (eu), qui ne se meut pas comme « les auires deux. Aussi les puissances de l*âme « ne peuvent plus la tirer hors d'elle-méiue , el « rien ne peut troubler sa paix * . L*ftme iie craint « plus la mort, qui ne lui paraît plus qii*une « douce extase. Mais elle tie souhaité ^)as non plus « de mourir, elle voudrait prolonger la vie pour « servir Dieu. Car, à quel dtîssein, crdje2-vous qut^ « Tame envoie de celte septième demeure, et « comme du fond de son centre, ces inspirations « ou aspirations dans toutes les autres demeure^ du « chiteaU spirituel? Est-ce, à votre avis, pour y lais- « ser endormir tous les sens, toutes leâ puissances « et toutes les forces du corps? Bien au contraire : c c*est pour mieux tra\'aillcr, pour joindre ensem- « ble le repos et Faction, pour honorer et nourrir « riIomme-Dieu, en lui gagnant des âmes ^. »
Ainsi parle notre sainte conductrice. Et u y at-il pas là une admirable intuition de la vie intérieure de rame? Quant à cette dernière demeun*, il est certain du moins que la sainte aperçoit ce que rêvent et désirent les cœure.
I fftij. . t iUâ,, cfaap. tv.
352 LE LIEi; DE L'IIIIHATAUTÉ.
\ojez cette surprenante coîncideoce entre U vie de cette septième demeure, telle que sainte Thérèse U décrit, et ce que nous pouvons coniecturer de la vie du soldl. C'est, dit-elle, une demeure fxotraie, c'est le centre même de notre âme. C'est un lieu du ciel qui seul ne se meut pas, pendant que les autres se meuvent. C'est le lieu de U paix, da repos et de la vision. C'est le ciel de feu. C'est la demeure où l'on est a\'ec le principe fie la vie. C'est de ce centre que ruisselle la vie sur toutes l«s autres demeures de l'âme.
On pourrait croire que notre sainte a vraîn:(^)t pensé au soleil, et elle semble en décrire l'auréole, quand elle parle •> de cette nuée tout éclatante et
■ lumineuse, qui est le commencement de la vi-
m sion de Dieu. »
Voilà donc une comparaison suivie entre notre âme et le ciel visible, entre notre âme et ses puissances d'une part , et d'autre part le centre des mfwdes et les mondes qui l'entourent.
Dans l'âme comme dans notre système scdaire, il y 2 trois 2ones et un centre. Pour l'âme comme pour le ciel, la vie commence par la zone ezié-
rieure et rentre de cercle en cercle- Le cercle du dehors est celui du sommeil et de robscurité. Le cercle du milieu est celui de la lutte, de Tinstabilité ; c'est le lieu des tempêtes, des naufrages de la liberté qui commence et de la raison qui s'éveille. Mais le cercle intérieur est la région d'une vie plus forte, plus lumineuse, dans la proximité du centre. Au centre de l'âme, comme au centre de notre groupe solaire, vit et luit en tout temps le perpétuel attrait, le continuel bouillonnement du principe de la vie. C'est là que tend notre âme; c'est là qu'elle cherche le repos. Hors de ce centre, elle court et elle circule , comme les planètes ; en ce centre, elle est dans sa paix. Mais Tàme ne se perd point, ne s'absorbe point dans ce centre. Elle y entre pour s'unir à Dieu : et c'est alors surtout qu'elle se retrouve. Rassemblée en son unité, elle ne perd pas et n'abandonne pas ses puissances. Loin de là; c'est du centre qu'elle envoie la vie, et la lumière, et la fécondité, et qu'elle pénètre d'une force surnaturelle tout ce qui vit dans les trois enceintes. 11 semble que Tâme ait d'abord épelé ses puissances, analysé les diverses parties de sa vie, commençant par les moindres , et arrivant au principal à mesure qu'elle s!approche du centre qui répond à tout : arrivée là, elle se possède elle-même entière,