‹ De la connaissance de l'âmeChapitre 31 sur 38 · II · texte numérisé non relu

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science, c'est que ce centre, relativement immobile,

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un énorme monde mille et mille fois plus grand que loutes les terres \ Ce que me dit rÉcriture sainte, c'est que cet astre, père du jour, est le tabernacle de Dieu. Ce qu'elle me dit aussi , c'est que la mère du second Adam est appelée dans la sainte Écriture, la femme revêtue du soled et cou« ronuée d'étoiles, comme le soleil est entouré des planètes voyageuses. Ce qu'elle me dit encore, c'est que cette divine mère est la Jénisalem céleste , et que la joie des âmes consiste à y habiter toutes. C'est en cette cité sainte, notre mère, que saint Au« gustin veut rentrer pour écliapper à la vicissitude et k la dispersion. De plus, la foi m'enseigne que THomme-Dieu, nouvel Adam, Père de la création nouvelle, vivant, et ressuscité dans son corjis, s'est élevé au ciel. Qu'est<<:e que le ciel où il est monté?

* Schubert dit quelque pari : « Après avoir bien contemple notre « SA sienie, il fout dire que, sous tous les rapports, cette terre cen- « tmle est comme une mi^re a Tè^ird des terres vo)ai:i*uses qu'elle t porte dans ses rayons..,. Comme une mère jx^rle dons s<m st^n « une nou^'elle cr\\iture qu'elle prépare a la \ie et au ji>ur, léc chauffe de sa chaleur, et soutient par sa forte respiration et sa * puissante circulation, la n?spiration imparfaite, la lente circuKi- « tioo de Tenfant engourdi : de mi^noe. cetle terre centrale, mère et c dispensatrice du jour, le soleil, porte et nourrit les mondes nais- « sants, et aussi notre petite terre, avei* le germe encon»en\eîop|ié « d'une moisson qui doit croître dans T infini et dans rétemit^. » tSckubert, tai Sdierton^, § li.)

Qu'est-ce que le lieu dont il a dit : Je vais vous préparer le lieu? Où est- il avec la Sainte-Vierge, et peut-être avec d'autres? N'y a-t-il point , dès aujourd'hui, en présence de l'Homme-Dieu, Roi des inondes, et de la Reine du ciel, n'y a-t-il point une cour céleste d'hommes ressuscites et vivants dans leurs corps? Y a-t-il dans l'Église catholique quelque trace de cette opinion? Et l'Église ne l'auraitelle point condamnée ?

J'ouvre l'un de nos grands théologiens, Suarez, et c'est avec une joie inexprimable que j'y trouve la révélation que voici : «t Le Sauveur est le premier-né d'entre les morts. Avant lui, nul ressuscité n'a pu se réveiller pour la vie éternelle. Mais à l'heure même où son dernier soupir domptait la mort, des tombes s'ouvrirent, dit l'Évangile, et beaucoup d'hommes ressuscitèrent pour l'immortalité, montèrent au ciel avec Jésus, et entrèrent avec lui dans la cité de Dieu. » Ainsi cette opinion existe dans l'Église ; mais qui a pu l'y introduire? Le voici : Origène, saint Épiphane, Clément d'Alexandrie, saint Justin, saint Athanase, saint Ambroise, saint Jérôme, Eusèbe, saint Grégoire de Nysse, le vénérable Bède, saint Anselme et enfin saint Thomas*.

* De islis pole^t dici quod siiirexerunt non itenim moriUiri, quia

LE UEU Iffi LlMIKATàUTÉL . 351

Aussi, après avoir cité toutes ces autorités, Siiarez dit : « Tout bien pesé, cette opinion est la plus vrai- « semUaUe. £Ue est la plus autorisée, die répond « mieux k la nature des choses, à la miséricorde, à « la bonté de Dieu, et à la gloire de Jésus-Christ V » Mais toute la tradition cathoHque croit en outre à un lieu réel, un lieu physique habité par ces immortels, qui vivent dans leurs corps transformés ; et combien xette tradition sainte n*est<^e pas en cela plus savante et plus philosophique que le spiritua* lisme abstrait de ces écrivains délicats, et quelque peu manichéens, qui ne parient des corps et de la matière qu'a^TC ime sainte horreur ! Ce lieu , disaient ks docteurs et les Pères, c*est le cid empyrée, le ciel de feu &jar>ooç\ le seul ciel immobile. On ne pouvait mieux dire : ciel immobile, et ciel de feu ! Ils avaient Tidée vraie, mais non le (ait as> tronomique. Nous, peut-être, nous avons le (ait. Nous vovons en effet, au centre des mondes errants, au centre des terres opaques et voyageuses , nous

sarmenint ad nuiniffsUtîowfli rt«anvclionisChn>li... Ideo $ xeninl Ucquaa îotratun cum Chrtsto in cœliim... El venennt in d> TitaUnasaKUni... jcîlkvl ccplestem, secanduoi HierooTmioi* qnîa C81II Chnsto THienint in gloriam. ^I^v. n. ia Matth. S7.} Voycs ««à yL d. 13. q. i, art. 3V

* iipyrs Snara. vCommeiiL in tntiiB partcmdÎTÎ TImois; di6|i. q. S3, ait. 3.)

SM US UBD M L*nilH»TALITÉL

ToyoDft de nos yeux uo ciel de feu, et un ciel immobile. C'est le soleil, ce monde immense et merveilleux dont la sainte Écriture nous dit : « Dieu « a posé son tabernacle dans le soleil, m

Oh ! combien Tcsprit de Thomme est encore ignorant et timide, et dupe des sens et dupe de l'imagination 1 II croit que d'ici au soleil, il y a loin, même pour Dieu. Mais, dans la mérité, le soleil et la terre, et les autres planètes ne sont qu'un point et un seul monde. Si Jésus est vivant; si dans son corps physique il occupe, hors de cette terre et dans le ciel physique, un lieu réel ; s'il a un tabernacle, auquel d'ailleurs il ne saurait être lié; si sur cette terre, sauf un miracle de sa toute^pnissance, il n'est présent que dans ses tabernacles, mais se trouve réellement présent dans tous ces tabernacles de pierre ou de bois, pourquoi ce tabernacle magnifique , Père du jour et de la vie des êtres, n'aurait41 point aussi la présence réelle de l'Homme- Dieu? Et pourquoi cette étoile plutôt qu'une autre? me dira-t-on. Ne peut-il pas aller dans toutes ? J'y consens. Certes il peut aller dans toutes. Toutes ensemble pour lui sont un point : toutes les étoiles de tous les groupes pour lui ne sont qu'une' étendue finie, toujours nulle en iace de l'infini. L'Homme-Dieu, le principe de la vie à

tÉ UBÙ DËL^MÔRTÀLrrk ^59

Venir, la substance d'immortalité a des milliers de tabernacles sur cette terre , pourquoi donc n'en aurait-il pas des milliers dans le ciel ?

Mais quoi I notre soleil serait-il donc le lieu de Fimmortalité ? Non. Nous l'avons déjà dit, notre demeure centrale, sous l'auréole, ce lieu qui n'a point de ténèbres, ni de vicissitudes, et dont toute la constitution semble pousser toutes les existences à la vie, et non pas à la mort, cette grande île de lumière, autour de laquelle tournent les vaisseaux qui portent les voyageurs de la vie mixte, ce divin sanctuaire, ce tabernacle de Dieu, où peut-être réside, comme dans son tabernacle provisoire, la substance d'immortalité, avec le commencement de la cour céleste, cette source enfin de toute la vie des mondes, n'est pas encore le lieu de l'immortalité, puisqu'un jour, certainement, elle tarira. Le soleil n'est encore qu'une image du lieu de Timmortalité. Il est ce que saint Pierre appelle « le ciel qui est maintenant » en attendant « le nouveau ciel » qui surviendra *. Il n'est encore qu'un astre du matin, relativement au jour qui doit venir. Les assemblées de soleils elles-mêmes ne sont pas ce sé-

* GoBli a^utem qui nunc sunt... Novos vero cœlos... cxpt^ctamus. (H. Pelr.,iu, 7el43.)

jpiir; car ce sont des groupes séparés : ce sont encore des sociétés partielles et provisoirps qui attendent la grande unité. Rien de cela n'est le ciel dont notre Maître a dit : ■ ]e vais vous préparer le « lieu. »

Cherchons donc, cherchons encore le lieu de t'immortahté.

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