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vie du corps, pour celle de la pensée, pour celle du coeur et de Taction.
Évidemment, si le genre humain tout entier, se retournant enfin, se décidait à regarder la mort en face, et à marcher sur elle, la force physique des races, leur santé, leur longévité, leur bien-être, croîtraient dans une incalculable proportion. Alors se multiplieraient sur la terre, comme rosée de la vie éternelle, ces principes d'une consis^nce immua* ble que Dieu jette dès à présent dans nos corps, pour travailler d'avance à la résurrection glo* rieuse.
Les ténèbres, le doute. Terreur, se Aient en partie balayés ; la dispersion des cœurs , dans l'indifierence et la haine, s'arrêterait, et les âmes marcheraient , dès à présent , vers l'unité. Le régné de Dieu commencerait en la terre comme au ciel. Mais laissons ces £aciles évidences.
Le disciple. Oui, et parlons de ce que peut, dès aujourd'hui, non pas le genre humain, mais une -âme, si elle comprend et si elle veut.
Le BfAiTRE. Chaque âme peut, pour elle-même, ce que pourrait le genre humain. Celui qui, dans
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le sens éxaiigélique, offre sa \ie et traverse la mort, celui-là se consacre par le sacrifice , comme une hostie consacrée sur Tautel. U consacre son corps, son intelligence, sa volonté, son cœur, ses œuvres. L*inOexible limite qui resserre toutes tes âmes et, dans chaque âme , tes facultés , est brisée par la mort : les limites nécessaires du fini ne sont plus que limites grandissantes, souples, dociles sous tous les souffles de la vie. Les obstacles brisés, la \ie, qui est entrée au centre, entre partout, et devient la racine du tout, I^ vie, c'est-à-dire Dieu, devient princi|)e dinnrt, immédiat de Tliomme entier, parce que le principe de ce monde, « le prince du monde , » dit FËvangile , a été chassé par la mort, qui est la force répulsive de Dieu.
Le disciple. Ah! si Ton vovait en détail, et au dedans, Tàme et la vie entière de celui qui est mort Ubrement, et qui a traversé la vie, et qui, par là, enracine dans cette vie présente les forces de la vie à venir !
Le xAmiE. Voici Tétat intérieur de cette ame. Je vous dirai ensuite ses relations.
Les séparations sont brisées. La vie n'est plus divisée , elle est simple. Chacime de ses trois vies , prise en elle-même, est ramenée à l'unité, et les trois à leur tour sont en un . Si votre œil est sim-
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pie, dit l'Évangile^ tout votre corps est éclairé. C'est la loi.
Dans la vie corporelle, il n'y a plus cet égo'isme ardent qui veut jouir et dit : «c Donnez-m'en trop » et attire tout dans a le i^iolent sentir. » La sensation n'épuise pas la racine, et n'entrave pas le mouvement ; les trois fonctions, au lieu de se détruire, s'appuient ; chacune d'elles vit ; elles sont trois, parce qu'elles vivent en un.
En même temps, cette vie de l'âme dans le corps n'épuise pas toute la vie de l'âme ; il reste à l'âme des forces pour elle-même et pour Dieu. Le corps n'est plus un gouffre qui épuise, nfais un sol ferme qui supporte. Le corps devient réflecteur de lumière. I^ sensation se tourne en clairvoyance, livre à l'intelligence les choses sensibles comme point d'appui, et lui présente tout ce monde visible comme un miroir de vérité. L'âme n'étant plus clouée, arrêtée dans le corps, ne prend pins seulement la sensation comme principe exclusif où elle s'arrête, mais bien comme point d'appui et base d'élan, pour s'élever à un plus haut principe, qui est elle-même ou Dieu. I^ pensée prend sa véritable étendue logique , et n'est plus seulement le lien des sensations , la servante des données sensibles; elle en est juge et reine. Elle
sépare et abstrait, elle élimine, elle dilate ou anéantit les limites, pour passer des faits aux idées, aux lois, à Tâme, à Dieu. Mais, c'est surtout par sa vie morale qu'elle exécute ce procédé de transcen* dance. La sensation, transformée par la mort purificatrice , retentit à partir du corps jusqu^à Tàme et à Dieu. La sensation, dans Tâme très-pure, éveille le goût de Dieu. Dans Tâme impure , elle sépare de Dieu. Dans Tâme pure, elle dilate le cœur en amour d'autrui ; dans Tâme impure, elle précipite le cœur dans Tégoîsme brutal des voluptés. Ainsi, dans Tâme purifiée par la mort, la vie remonte, intellectuellement et moralement^ depuis le corps jusqu'à Tâme et à Dieu. Mais Tâme ellemême n'arrêtant plus sa vie dans ce foyer d'en bas qui se nomme sensualité, ne veut pas non plus l'arrêter dans ce foyer d'en haut , qui est oi^ieîl d'esprit , qui est intelligence stérile. La pensée se tourne à aimer, à opérer la vérité qu'elle sait. La perception dans l'âme ne s'isole point de l'émotion inspiratrice et ne s'arrête presque plus à elle-même, mais passe à l'acte libre , et à l'amour. L'àme entière à son tour, délivrée par la mort du principe qui sé|xire, n'offre à Dieu nul obstacle. Dieu l'occupe, et, d'une manière ineffable, superpose de plus en plus, à la vie propre de cetre âme, sa vie
étemelle et divine ; comme Tâme elle-même superpose à la vie du corps sa vie spirituelle et libre et raisonnable. L'émotion corporelle n'étouffe point rémotion de rame, et l'émotion de l'âme ou la conscience de l'âme par l'âme n'étouffe point la conscience de Dieu. Le sens divin meut et inspire; Dieu opère directement et indirectement , par la nature ou par lui-même. L'intelligence très-souple , et très-liée aux émotions , les transforme en lumière plus largement. La volonté très-libre , et très-identifiée à la raison , en transforme aussi courageusement les lumières en amours nobles, en œuvres vives. Et l'âme émue en Dieu, en même temps qu'en elle-même et par la nature , voit et connaît en Dieu, en même temps qu'en elle-même, et dans les faits visibles. Et elle opère en Dieu, en même temps qu'elle opère en elle et agit en ce monde. Frère bien-aimé , si l'on avait essayé seulement de pratiquer ces dioses, on saurait les comprendre.
Le disciple. Malgré toute ma langueur pratique, j'ai cependant compris cet état de l'âme purifiée par la mort ; mais parlez-moi de ses relations. A vrai dire , là est la récompense. Que m'importe , après tout, mon état psychologique et physiologique interne ? Ai-je besoin de savoir cela, et de le
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regarder ? Je suppose même que mon âme soit main^ tenant dans la grâce et dans l'amour de Dieu ; si je Teux en jouir et m'en glorifier, je perds cette grâce, et je tombe ou dans l'orgueil stérile des pharisiens, qui disent et ne fout point, ou dans la jouissance inerte des mystiques qui jouissent, mais n'obéissent point ; double mal qui fait mourir la grâce. Une seule chose est véritablement bonne, c*est l'amour, l'amour qui se donne et qui sort de soi, par l'œuvre et la parole, par Tenthousiasme, par la sainte communion de la vie.
Ls MAITRE. Oui, l'amour qui opère, cet amour seul est bon, et il suflit. C'est toute la loi de Dieu, tout rÉvangile, tout le progrès de la vie pi^ésente, toute la beauté et toute la félicité de la vie éternelle. Le grain de froment est mort : il n'est plus seul, il a donné son fruit, il est groupé. L'âme n'est plus une personne isolée, mais une personne groupée. La foi chrétienne l'annonce, et il me semble que l'expérience et la raison le prouvent, la personne humaine délivrée de son isolement et de sa limite fixe par la mort sainte, libre, acceptée, cette personne n'est plus seule. Il y a, intérieurement, d elle il Dieu une véritable conununication personnelle, un réel commerce d'amour : l'amour ', la substance de l'amour, la personne de
l'amour est dans l'âme, et les torrents de Hammc que verse cet amotir substantiel à partir du fond de cette âme sur toute la terre, et sur les âmes plus proches, groupées dans l'unité du même épi céleste, ces tori-ents ne peuvent être connus que des âmes qui en sont la source, et non pas même de celles qui, ayant été source, se sont taries. Être source, ô mou fils, être source, transmettre la viej ressusciter les morts !
Porter en soi les forces de l'amour créateur, et, riche de ce trésor, rencontrer dans te chemin par où l'on passe , une de vos plus belles créatures laissée pour morte, ou engourdie dans un som-: meil invincible et mortel : apercevoir tout à coup, devant soi, sur la terre, ce corps inanimé ! . . . . et, dans ce corps, comme sous le marbre d'un sépulcre, l'âme repliée, enveloppée, et portant en ellemême tous les traits, froids et secs, mais distincts, de l'étemelle idée qui l'a créée ; concevoir dans la lumière de Dieu ce que st^rait cette âme si elle vivait ; sentir son cœur frémir et s'émouvoir, comme Jésus au tombeau de Lazare ; pousser un cri vers Dieu, puiser eu lui la force; envoyer un soufïlc brûlant; envelopper, pénétrer de flammes vivifiantes la morte ou l'i-ndormie: tout à coup saisir son r^ard qui d'abord ne vous comprend pas,
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piib TOUS compraid; voir sa résurrection, sa vie, mouveiuents ; bientôt, après un mystérieux trade Dieu, sentir qu'on porte cette ame dans son âme, comme une mère son eniant : puis la Toir se développer, grandir eu Dieu, devenir plus forte cpie vous peut-être, et vous soutenir à son tour, et vous aimer ! O Seigneur, ce pouvoir de résurrection que vous donnez à ceux qui consentent à mourir, n*est-ce pas une assez magnifique récompense du sacrifice !
Conmiencez-vous maintenant à comprendre que la mort est notre grande ressource et notre grande consolation ? La mort est le procédé principal de la vie. Elle donne les forces de la \ie étemelle.
Il faut donc critiquer, par Tintelligence de la mort, la vie avant de Tent reprendre, et, parla pratique de la mort, traverser, dès le début, la limite de la vie présente ; c'est la ressource du monde et de chacpie âme. I^ sacrifice est la méthode universelle. Très-certainement , la bonté , la beauté , Famour, la vertu, le génie, la force, la force même du corps, sa santé, sa longévité, le progrès de cliaque âme et du monde, tous les biens, en un mot la vie, tout est toujours, partout, nécessain^ment, précisément proportionnel à Tin tell ij;ence et à la pratique du sacrifice ou de la mort. C\M é\ideut.
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puisque le sacrifice est la rupture de Tobstacle à la vie.
Le îOMCXPhE. Oui j'ai quelquefois conçu, entrevu cet état de l'âme où il semble que l'on ait le pouvoir de ressusciter toutes les 4mes par un irrésistible feu qu'on porte en soi. Dieu nous montre parfois de loin cet état d'âme, comme une étoile audessus de nous , pour nous donner le courage de vaincre ce qui nous en sépare.
Le MAITRE. Avea^vous jamais bien compris cette parole : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, « et j'attends qu'il s'allume M » Et cette autre : « Vous tous, faites éclater le feu, et ceignea^vous de « flamme, et marchez dans la lumière de votre « feu ! 9
Regardez bien cette foule qui emplit ces places et ces rues, image de la grande foule humaine qui couvre le globe terrestre : écoutez cet immense murmure I Eh bien, sous toute cette masse, dès aujourd'hui le feu couve et serpente. Le feu du ciel, le feu de la vie étemelle est apporté, et il entraîne les âmes, une à une, dims la vie. Édatera-t-il ja-
* Ignem veri mittere in terrain, et quid volo nisi ut accendator? (Luc, xiiy 49.) — * Ecce vos omnes accendentes ignem, accincti flamna, ambulate în himine ignis vesiri. (la. L. n.)
mais ? £nvelopperm-t*il de sa flamme le monde en» lier? Heureux ceux qui Tespèrentl Et plus heureux ceux qui Topèrent, et dont Tâme est un feu, et qui, courant à travers la foule, allument tous ces flambeaux éteints, et multiplient les feux humains 1
L'ennui, le doute et les ténèbres seraient bientôt bannis de la face de la terre, si le nombre des &mes de feu venait à se multiplier.
La vie ne serait plus ce court espace , où Ton est enfermé par la naissance et par la mort. La vie serait la vie entièi^, la vie présente et la vie à venir en un. La mort qui les distingue et les sépare, la mort librement traversée les unit« Il n'y a plus de mort. Celui qui se nourrit de moi, dit la subs-tance de la lumière, l'excitateur du feu, celui qui se nourrit de moi, ne mourra pas. Il a la vie en lui. Il q[iourra tous les jours sans doute, et c'est pour cela même quHl vivra toujours. La mort n'inter* rompt plus la vie : la mort est traversée, elle est absorbée par la vie. Ma mort qui doit en un instant m'enlever cette robe matérielle, que la vie ordi* naire n'enlève que peu à peu et en plusieurs années, ma mort corporelle et visible n'arrêtera pas plus ma vie que le sommeil de la nuit prochaine. Je ne dirai donc plus : «t Ce soir tout est fini ; » mais, comme j'ai l'expérience du réveil , je fais un tout
du jour présent et de son lendemain , et je sais que ma vie continue , en traversant le sommeil et la nuit.
Ainsi , mon bien^imé , nous voici dans la vie, dans la vie pour toujours, dès à présent. Il ne faut plus nous attrister comme ceux qui n'entendent pas la mort. Nous sommes, dès aujourd'hui, dans un vrai paradis terrestre, mille fois plus beau que le premier, depuis que le feu éternel et sa lumière sont avec nous.
Ne vous étes-vous pas dit quelquefois ; Oh 1 si j'étais dans les étoiles, si j'étais dans ce monde céleste, chargé de quelque mission sainte sur l'univers^ avec quelle joie et quel transport j'accomplirais la volonté du Père : envoyé par mon Dieu, que je serais fort et confiant ! Comme le jour me paraîtrait beau 1 comme j'aimerais les anges mes frères 1 comme je saurais bénir et admirer les merveilleux ouvrages sortis des mains de Dieu ! Eh bien, dès aujourd'hui nous sommes dans les étoiles , serviteurs du domaine de Dieu , chaînés par Dieu d'une mission sainte sur l'univers, entourés des enfants de Dieu : nous vivons et nous nous mouvons parmi les œuvres de sa main au sein desquelles sa gloire éclate : nous sommes en Dieu et nous vivons en lui. Qu'attendons-nous pour nous
livrer à la joie la plus pure , au travail saint , à Tobéissance intrépide, au dévouement sans bornes, à la plus grande tendresse pour tous les hommes, et déployer enfin ces forces saintes que la tristesse ingrate, Tennui, l'incrédulité, la paresse, tiennent engourdies dans notre sein ?
Le disciple. Ohl maître bien-aimé! aidez-moi donc à entrer dans cette joie. N'est-ce pas celle dont il est dit : « Que votre joie soit pleine I » La joie pleine dès cette vie !
Le MAmiE. Efforcez- vous, par le sacrifice sans réserve, de parvenir à la plénitude de cette joie.
Le disciple. Oui, il faut consoler les âmes, notre âme et celle des autres. On est trop triste et trop découragé, ce Toute tête est abattue, et tout cœur « languissant \ » dit Isaîe.
Le MAITRE. Je veux vous fortifier, et vous aider à fortifier les autres, en vous faisant connaître non plus la vanité, mais bien la solidité de la vie ; non plus la mobilité fugitive, mais la stabilité de toute l'oeuvre de Dieu 1
* Omno caput languidum et omne cor mœrens. (Is., i, 5.)
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Oui, la figure de ce monde passe, maïs sa sobs* tance demeure. Qu'est-ce qui sera ? C'est ce qui est déjà. Qu'est-ce que la vie à venir? C'est la vie présente transformée. Qu'est-ce que le ciel ? C'est la terre pénétrée et transfigurée par le feu. Rieo de tout ce qui est ne sera jamais anéanti. Les êtres subsistent, la création subsiste, mais prend une autre union à Dieu. Les mêmes êtres, les mêmes âmes persistent. Us vivaient, mais ils vivaient dans la mobilité par une union partielle à Dieu. L*union, par l'amour infini de Dieu, source de l'immense joie qu'il Êiut répandre, l'union n'est plus partielle, mais pleine, et les êtres sont régénérés pour l'étemelle et immuable perfection. Mais de plus, ces deux vies, ces deux états de l'cBuvre di> YÎne, ne sont plus séparés par cet abime que Ton a quelquefois nommé l'intervalle du ciel à la terre. Comprencz4e, il n'y a plus maintenant d'intervalle. Depuis la mort et le sacrifice de celui qui est l'Homme^Dieu, le ciel est sur la terre, mêlé à tout, à nos âmes, et à l'histoire du monde. Dès à présent nous avons la vie étemelle subsistante au milieu de nous *.
* Habel vitam aetemam. (Ev. Joan., v, 24.) — Vîtam aetemam in semetipfio manentem. (1. Joan., lu, 15.)
. Mais, compreneE bien tout. Ce qui sépare encore ces deux vies mêlées, et les maintient en lutte, et empêche la vie éternelle d'absorber l'autre , c'est ce que nous avons nommé V obstacle , ou mieux encore ce que l'Évangile a nommé le prince de ce tnonde. Chasser, anéantir, de plus en plus ce principe de séparation, par le sacrifice continu; en d'autres termes rassembler les âmes par l'attrait du baiser de feu, ou du baiser de paix, baptême de feu , c'est ta mission , ô âme , en qui le feu a pénétré.
Il faut avoir en soi le germe du feu que Dieu donne, le déployer, en traversant la mort, et dévorer l'obstacle dans l'holocauste ; cela même est l'union des âmes entre elles et avec Dieu; cela même est la transformation du monde, la transfiguration de la nature.
Le disciple. Vous m'expliquez l'admirable histoire que je ne puis jamais me rappeler sans être ému, mais que je ne comprends pleinement qu'aujourd'hui.
C'est saint Vincent de Paul qui l'a vu , qui a écrit ceci , lui , le moins visionnaire des hommes, et il commence par nous assurer qu'il « aimerait « mieux mourir que de mentir, i» « Étant à genoux
« pour prier Dieu, il lui parut, — le saint parle
t ici de lui-même^ — il lui parut un petit globe, a comme de feu, qui s*élevait de terre, et s'alla « joindre à un autre globe plus grand et plus lu- <c mineux y et les deux réduits en un s'élevèrent a plus haut, entrèrent et se répandirent dans un a autre globe infiniment plus grand et plus lumia neux que les deux autres, et il lui fut dit intétf rieurement que ce premier globe était l'âme de « notre mère, Françoise de Chantai, le second a l'âme de notre bienheureux père François de « Sales, et le troisième l'essence divine. »
Le MAITRE. Oui, quand la mort a brisé l'obstacle, les âmes s'unissent, comme des pôles électriques, et elles s'élancent en Dieu. Et, ce n'est pas une vague fusion dans l'unité des faux mystiques, c'est une pénétration mutuelle de plusieurs, de personnes distinctes, comme l'union des personnes de la sainte Trinité. Vous même, et l'âme que vous aimez le plus, et les autres que vous aimez, ces êtres avec leurs noms, leurs traits, leur caractère et leur histoire, sont et subsistent, et vous les connaîtrez, les verrez , les aimerez toujours ! Ils sont, et ils seront toujours, et vous comme eux et avec eux !
Contemplez donc toute cette nature , visible et invisible, les âmes, les corps, les terres et les étoiles : tout cela c'est l'oeuvre de Dieu commencée. Au
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tond de tout couve et fermente le feu, le principe de consommation qui, par la mort, Tamour, le sacrifice, travaille à tout adiever, pour rétemelle et immuable perfection ; et vous êtes Touvrier de cette œuvre.
Pourquoi donc êtes-vous triste ? Et que pourriczvous craindre ? Que la joie remplisse votre cœur, et que votre joie soit parfaite. Nous avons la force de Dieu et son irrésistible feu. Allumons donc beaucoup de feux humains. Tressaillons de joie dans Famour, car ces feux, une fois allumés, resteront dans la vie, et ils seront groupés autour de nous, dès aujourd'hui, et pour Fétemité, comme des constellations, comme des grappes et des épis du ciel.
Le disciple. Je comprends encore mieux maintenant. Cest là la stabilité de la vie, et la solidité des choses, quand la vie, quand les choses, quand les âmes consentent à s'enraciner en Dieu par la morll
Lb MAmtE. Voici sur la stabilité des choses une belle image, ou plutôt ime vérité physique, qui peut éclairer et toucher.
\ous savez que la lumière, dans son immense vitesse, est cependant soumise au temps. Elle vient du soleil à la terre en huit minutes. Elle nous vient