‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 19 sur 112 · ABERRATION · texte numérisé non relu

ABERRATION

[Sect. iv. ]

compris entre l’axe du télescope et une ligne tirée vers la vraie place de l’étoile, est son aberration , qui varie en quantité et en direction pour les divers points de l’orbite de la terre ; mais comme elle n’est que de la" ,37 , ou 20^,5 , elle est insensible dans les cas ordinaires1.

La vitesse de la lumière déduite de l’aberration observée des étoiles fixes, correspond parfaitement à celle que donnent les éclipses du premier satellite. Le même résultat obtenu par deux moyens si différens ne laisse aucun doute sur sa certitude. C’est ainsi qu’une foule de coïncidences admirables du même genre , provenant de circonstances , • en apparence les plus dissemblables et les plus insignifiantes, se manifestent dans l’astronomie physique, et nous indiquent des relations que nous ne saurious déterminer autrement. L’identité de la vitesse de la lumière à la distance de Jupiter, et sur la surface delà terre , démontre l’uniformité de cette vitesse; et s’il est vrai que la lumière consiste dans des vibrations d’un fluide élastique ou éther remplissant l’espace, hypothèse qui s’accorde le mieux avec les phénomènes observés , l’uniformité de sa vitesse prouve que la densité du fluide remplissant toute l’étendue du système solaire doit être proportionnelle à son élasticité*. Parmi les conjectures heureuses (pie l’expérience a confirmées, celle de Bacon n’est pas la moins remarquable; a II s’élève en moi ce doute, » dit le restaurateur de la vraie philosophie, « si nous voyons la face sereine et étoilée des « eieux à l’instant où elle existe réellement, ou si nous ne k l’apercevons que quelque temps après; et s’il n’est pas, » à l’égard des corps célestes, un temps vrai et un temps » apparent, de même qu’à l’égard de la parallaxe les as- » tronomes reconnaissent un lieu vrai et un lieu apparent. » Car il semble impossible que les rayons émis par les

' Note 93. — * Note 94.

•Î6 SATELLITES DE SATDHNE ET D’ullANES. [ Sect. IV. J

« corps célestes puissent traverser l’intervalle immense qui » les sépare de nous, en un instant, ou que même ils ne » mettent pas un temps considérable à parcourir un espace » aussi prodigieux. »

Comme, en général, les grandes découvertes conduisent a une multitude de conséquences diverses, l’aberration de la lumière fournit une preuve directe du mouvement de la terre dans son orbite; de même que sa rotation est prouvée par la théorie de la chute des corps, la force centrifuge due à cette rotation occasionant le retard des oscillations du pendule', en allant du pôle à l’équateur. L’on voit ainsi quel haut degré de connaissances scientifiques il a fallu pour dissiper les illusions des sens.

Le peu que nous savons à l’égard des mouvemens des satellites de Saturne et d’Uranus, est parfaitement analogue aux mouvemens des satellites de Jupiter. Saturne est accompagné de sept satellites, dont le plus éloigné est à peu près de la grosseur de Mars; fcson orbite a une inclinaison sensible par rapport au plan de l’anneau qui l’entoure, mais le grand aplatissement de Saturne fait que les autres satellites se meuvent à peu près dans le plan de son équateur. Il faut le concours de tant de circonstances pour rendre visibles les deux satellites intérieurs, quüls n’ont été vus que très rarement. Ils se meuvent exactement sur le bord de l’anneau, et leurs orbites ne s’écartent jamais de son plan. Sir William Herschel les vit en 1789, offrant l’apparence de grains enfilés dans la ligne lumineuse et déliée à laquelle l’anneau se trouve réduit lorsqu’il est vu de champ par un observateur placé sur la terre. Pendant une courte durée de temps, il les vit s’avancer vers chacune des extrémités de cette ligne , et même la dépasser, en tournant dans leurs orbites. Les

1 Note p5.

[SeCt. IV. ] SATELLITES D’UHANUS

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éclipses des satellites extérieurs n’ont lieu que quand l’anneau est dans cette position. Nous ne savons rien de la situation de l’équateur d’Uranus, non plus que de son aplatissement; mais les orbites de ses satellites sont à peu près perpendiculaires au plan de l’écliptique, et si nous en jugeons par analogie, elles doivent être dans le plan de son équateur. Leurs mouvemens offrent le singulier phénomène d’être rétrogrades; c’est-à-dire, qu’ils s’opèrent de l’est à l’ouest , contrairement à ceux de toutes les planètes et des autres satellites, qui s’accomplissent de l’ouest

à l’est

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