LE SECOURS DE L’OBSERVATION, — DIRECTION DES MARÉES
j HAUTEUR DES MARÉES. EVALUATION DE LA MASSE DE LA LUNE
n’ArRÉS SON ACTION SUR LES MAREES. INTERFERENCE DES ON- DULATIONS. IMPOSSIBILITÉ D’UNE INONDATION UNIVERSELLE.
— cor R ANS. 4
L’un des effets les plus immédiats et les plus remarquables d’une force de gravitation s’exerçant extérieurement, par rapport à la terre, est le soulèvement et l’abaissement successifs de la surface de la mer, qui s’opèrent deux fois dans le cours d’un jour lunaire, consistant en 24 h. 5o m. 48 s. de temps solaire moyen. Comme ce phénomène dépend de l’action du soleil et de la lune, il est rangé parmi les problèmes astronomiques, dont il est le plus difficile, en même temps que son explication est moins satisfaisante que celle d'aucun autre. La forme de la surface de l’Océan en équilibre, lorsqu’il tourne conjointement avec la terre, autour de son axe, est un ellipsoïde aplati ver» les pèles; mais l’action du soleil et de la lune (de la lun« principalement) trouble l’équilibre de l’Océan. Si la lune attirait le centre de gravité de la terre et toutes ses particules, avec des forces égales et parallèles, tout le «ystème de la terre et des eaux qui la couvrent, céderait à ces force» d’un mouvement commun, et l’équilibre des mers ne se-
liSCCt. XIII. ] THÊOiUE DES MAUÉF.S. 421
rait pas troublé. Cet équilibre n'est dérangé qu'en vertu de la différence des forces et de l'inégalité de leurs direc- ■tinns.
Il est prouvé par l’expérience journalière, aussi bien que par les raisonnement nialbématiqucs les plus exacts, que si un certain noinbfc d’ondulations ou oscillations est excité dans un üuide par des forces différentes, chacune, suit sa direction , et produit son effet indépendamment des autres. Or, dans les marées, il y a trois sortes d’oscillations dépendant de causes différentes, et produisant leurs effets indépendamment les unes des autres.de sorte qu'elles peuvent être considérées séparément.
Les oscillations de la première sorte sont très petites et indépendantes delà rotation de la terre : comme elles dépendent du mouvement du corps troublant dans son orbite, elles sont de longue durée. La seconde sorte d’oscillations dépend de la rotation de la terre, d’où il suit que leur période est d’un jour environ. Enfin, les oscillations de la troisième sorte variant «l’un angle égal à deux fois la rotation angulaire de la terre ont lieu deux fois en vingt-quatre heures 1 . Les premières ne présentent aucun intérêt particulier, et sont extrêmement petites; mais la différence de deux marées’ consécutives dépend des secondes. Au moment des solstices, celte différence, qui, d’après la théorie de Newton, devrait être très grande, est à peine sensible sur nos rivages. Laplace a démontré que cette différence est due à la profondeur de la mer, et que si cette profondeur était uniforme, il u’v aurait dans les marées consécutives d’autre différence que celle qu’occasioneraient des circonstances locales. Il suit de là que cette différence étant extrêmement petite, la uier, considérée dans une grande étendue, doit être à peu
• Nota 147.
122 MARRES SEMI-DlüK'fES. [ ScCt. .tllf. Ji
près d’une profondeur uniforme; c'est-à-dire qu’il y a line certaine profondeur moyenne à partir' de laquelle la déviation est peu sensible. L’on 'suppose la profondeur" moyenne de l’océan Pacifique de quatre milles (i lieue ÿ enrviron), et celle de l'Atlantique de trois milles ;un peuplus d’une lieue) seulement. D’après les formules qui déterminent la différence des marées consécutives, il est aussi prouvé que la procession des équinoxes, et la nutation de Taxe terrestre,. sont les mêmes que si la mer formait une seule masse solide avec la terre.
Les oscillations dé la troisième sorte sont les marées semi-diurnes, si remarquables sur nos côtes; elles sont occasionées par les actions combinées du soleil et de la lime; mais comme ces aérions sont indépendantes l’une de l’autre, on peut considérer leurs effets séparément.
Les particules, d’eau situées sous la lune sont plus attirées que le centre de gravité de la terre , en raison inverse du cari é des distances. Elles ont donc une tendance à abandonner la terre; niais elles sont en même temps retenues par leur pesantenr, qui cependant est , diminuée pur cette tendance. La lune, au contraire, attire Té centre de la terre plus puissamment qu’elle n’attire les particules d’eau de Fhémisphère qui lui est opposé; de sorte que la terre a une tendance à abandonner les eaux. Toutefois elle est retenue par la pesanteur, rpiise trouve encore diminuer par cette tendance. Ainsi , les eaux situées immédiatement sons la lune tendent à se détacher de la terre, en même temps quela terre tend , à son tour, à se détacher de la portion des mers dramétralctnenf opposée à Ta lune; d’où résulte dans- Pun et l’autre cas, un soulèvement à peu près égal del’Océan au-dessus de sa surface d’équilibre; car, dans, chaque position , la diminution de la pesanteur des particules est presque la même, en raison de ce que la distance de la lune est très grande par rapport au îayon de là terre.
J^SeCL-VUl.) MÀKÉES SEWI-DIliKNES. 125
Si la terre était entièrement couverte par la mer, l’ea» , ainsi attirée par la lune, prendrait la forme d’un sphéroïde o l> long, dont le grand axe se dirigerait vers la lune ; les colonnes d’eau situées sous la lune et dans la direction diamétral erb eut opposée à ce satellite étant devenues plus légères par l’effet de la diminution de leur gravitation ; et afin deconserver l'équilibre , les axes perpendiculaires seraieut raccourcis. Par suite du petit espace auquel elle est limitée, l’élévation est deux fois aussi grande que J a dépression, la masse du sphéroïde restant toujours la meme. S’il était possible que les eaux prissent instantanément leur figure d’équilibre, c’est-à-dire la forme spliéroïd'ale, le sommet se dirigerait toujours vers la lune, malgré la rotation de la terre; mais le mouvement rapide produit en elles par la ro- V. talion , les empêche, par suite de leur résistance, de prendre à chaque instant la figure qu’exigerait l’équilibre des forces qui agissent sur elles. Si donc, en raison de cette inertie des eaux, on considère les manies par rapport à l'ensemble de la terre et de la mer, on trouve qu’il existe , à bV* environ à lest de la lune, un méridien pour lequel il v a toujours haute mer, aussi bien dans l’hémisphère où est Ja 4. lotie, que dans l’hémisphère opposé. À l’ouest de ce cercle,
(a. marée est montante, à l’est elle est descendante; et dans toute l’étendue du méridien situé à qo° de celui-ci , il v a basse mer. Celle vague énorme qui suit tous les roouvemens <le la lune , autant du moins que la rotation de la terre le permet , est modifiée par l’action do soleil , dont l’attraction produit des effets semblables à tous égards à ceux que produit la lune , à cela [irès pourtant qu'ils sont incomparablement moins intenses. Ainsi donc , une vague pareille, mais beaucoup plus petite , et élevée par le soleil, terni à suivre l«t> raouvemeus de cet astre , tantôt se combinant avec la vague lunaire , et tantôt lui faisant opposition , suivant les positions relatives des deux astres; m«is
mm ifpovwinpMpp
<24 f.R.VNDES ET MORTES MIRÉES. [SeCt. XIII.]
comité la vague lunaire n’cst que très peu modifiée par
iü
la vague solaire, les marées doivent nécessairement arriver deux fois par jour, puisque deux fois par jour la rotation de la terre amène le même point sous le méridien de la lune, uuc fois sous le méridien supérieur, et une fois sous le méridien inférieur. , . ,
Dans les marées semi-diurnes, l’on doit particulièrement distinguer deux phénomènes , l'iiu qui a lieu deux fois par înotSgcf l’autre deux fois par au.
Le premier phénomène consiste en ce que les marées sont beaucoup augmentées dans les s\/.\gics , ou au temps (|e la nouvelle et de la pleine lune •. Dans ces deux cas, le soleil et la lune sont au même méridien ; car, lorsque la lune est nouvelle, ils sont en conjonction, cl quand elle est pleine, ils sont en opposition, Dans chacune de ces positions, leurs actions se combinent de manière à produire sous ce méridien les marées les plus hautes, tandis qu'a la distance de yo“ elles produisent les plus basses. On olisorve que plus là mer est liante dans le flux, cl plus elle est liasse dans lé reflux. Les mortes marées ont lieu quand la lune est en quadrature? clics ne s’élèvent jamais* aussi haut, et ne s’abaissènt jamais autant que les grande» i marées. Les grandes marées sont beaucoup plus fortes quand la lune est en périgée, parce qu’alors elle est plus près de la terre. II est évident que les grandes marées doivent arriver vieux lois par mois, puisque dans celle période de temps la lune est une fois nouvelle et une fois pleine.
Le second phé'.omène consiste dans l’augmentation (pii a lieu dans les marées au moment des équinoxes, c’est-àdire, lorsque la déclinaison du soleil est nulle’, ce qui arrive deux fois par an. Les plus hautes marées ont lieu ,
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[SeCt. XIII. ] EFFETS DE LA DÉCLINAISON. <25
lorsque vers les temps îles équinoxes, et la lune étant «lans son périgée, il survient une nouvelle ou une pleine lune. L’inclinaison <le l’orbite de la lune sur l’écliptique est «le !»° 8' 47 ", y; «le là suit, que «lans les «>qui notes , l’action «le la lune serait plus considérable, si son noatul coïncidait avec son périgée; car il est évident «pie c’est lorsque le soleil et la lune sont dans le plan de l’équateur, et dans le même méridien, et quand la lune est en conjonction ou en opposition, en meme temps qu’elle est a sa moindre distance de la terre, que l’action des «leux astres s’exerce le plus «lirectement , et avec, le plus d’intensité, sur les eaux «le l’Océan. Les grandes marées qui ont lieu sous l’influence réunie de toutes ces circonstances, doivent «lonc être les plus fortes «le toutes. Les vents équinoxiaux élèvent souvent ces marées à une grande hauteur. Outre ces variations remarquables, il y en a d’autres encore qui proviennent de la déclinaison ou «le la «listance angulaire «lu soleil et «le la lune au plan «le l’équateur, et <|ui ont une grande influence sur le flux et le reflux. Le soleil et la lune, en accomplissant leur révolution dans le ciel, changent «•onli ni tellement de distance par rapport au plan «le 1 équateur : ce changement est dû à l’obliquité de l'écliptitpie, et à l’inclinaison «le l’orbite binaire. La lune met à peu près vingt-neuf jours et demi à parcourir toutes ses déclinaisons, qui s’étendent quelquefois a -j- «le chaque côté de l’équateur, tandis qu’il faut a peu près MÛ ' jours an soleil pour accomplir son mouvement tropical, dont l’amplitude comprend une déclinaison «l’environ îî -ÿ° ail nord et au stul «le l'équateur. Les motiv» mens combinés «le res «leux corps occasionent de grandi» irrégularités, et il arrive qiiélipiéfois, «pie leurs fdrees attractives contrarient jusqu’à un certain point, leurs effets réciproques; mais tout calcul fait, la moyenne amplitude mensuelle «le la déclinaison de la lune, est à peu près la même «pie
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IM0MWANCB l)K LA IHBOHIE.
l'Sect. vin. J
♦ Vetnmlue annuelle (le la dûrlinaboB du soleil; consrqucin-
nient, les ma nées les plus hautes ont lieu dans les régions tropiques, et les plus liasses vers les pôles. I
La hauteur et le temps de la haute nier changent ainsi •^perpétuellement; il faut doue, en résolvant le problème,
*, iJéterminer les hauteurs auxquelles les marees s’élèvent, les temps auxquelles elles arrivent , et leurs variations journalières. I,a théorie et l'observation s’aceordeul à prouver > , •(lie chaque marée partielle augmente comme le eube du diamètre apparent, ou de la parallaxe du corps qui la produit , et quelle diminue comme Je earré du eosinus de la «. ' «leeliuaisou de ee eorps *. Car, plus le diamètre apparent «• ^r-ï-ixt grand, plus le corps est rapproché, et plus Faction •’ qu’il exerce sur la mer est intense; mais plus sa déclinaison est grande, et moins son action est sensible, cette action s'exerçant alors d’une manière moins directe.
Dans 1 hypothèse d’un ellipsoïde de révolution entièrement recouvert par la mer, les mouvemens périodiques ♦les eaux de l’Océan calculés sont Lien loin d'être d’accord *vec [ observation. Cette différence provient des irrégu- •' tari tés très grandes de la surface de la terre, qui n’est
que partiellement couverte par la mer; des inégalités qui £ -existent dans les profondeurs de l’Océan; de la manière dont il est répandu sur la terre; de la position et de l’in— -eltnaison des rivages; des courans, et de la résistance que ^ rencontrent les eaux, — causes qu’il est impossible d’évaluer, mais qui modifient les oscillations de la grande masse de l’Océan. Cependant, au milieu de toutes ces irrégularités, le flux et le reflux de la mer conservent, avec les - ^ . *■* Joiccs qui les produisent, un certain rapport suffi saut
• pour indiquer leur nature, et pour constater la loi de l'attraction du soleil e.t de la lusse sur Li mer. Laplace -observe
* Vote r49-
;[SeCt. XlU^l VAGUE DE I A MA4UÎE- 12"
que ia .recherche île semblables relations cplvc la cause et l’effet, Ji’.est pas moins utile clans la philosophie naturelle que la solution directe des problèmes , tant pour prouver ^existence des causes, que pour découvrir les lois de lours effets. On j trouve, de même que .dans la théorie des probabilités, un supplémeut utile à .l'ignorance et à la faiblesse de l'esprit humain. Ainsi le problème des marées n’admet pas de solution générale. Il est certainement nécessaire d'aualyser les phénomènes généraux qui doivent résulter de l’attraction du soleil et de la luuç, mais ils doivent être corrigés dans chaque cas particulier par des obsen allons locales modifiées suivant l’éteiuluè qt la profondeur de la mer, et les circonstances particulières du L'eu.
L’action, perturbatrice du soleil et de la lune ne pouvant se manifester d’iiuc manière sensible que dans une très grande étendue cl’cau, il. est .évident que l’océan Pacifique est l'iiac des principales sources Je nos marées. Mais ^ par suite de la rotation *de la terre, et de l'inertie de l'Océan, la haute mer n’arrive que quelque temps après le passage
de la lune par le méridien La maréç élevée dans cette 1 • ; ; immense étendue cl’eau est transmise à l’A.Uantiqiie ; de la
elle. court dans uneétir.ecliou septentrionale, Je long des1’ cotes d’AlViqucet d’Europe, arrivant successivement en chaque point. Cette grànde iug*ie,.,eçpendant, èst modifiée par la marée élevée dans l'Atlantique, laquelle se combine quelquefois avec celle de l’océan Pacifique, de manière à produire un effet, proportionnel à leur somme, et quelque- * fois aussi se trouve en opposition avec, elle, auquel cas les marées ne s’élèvent que proportionnellement à leur différence. Puis cette vague immense, ainsi combinée, réfléchie par les rivagesde l’Atlantique, s’ étendant presque d’uuipôlc à l’autre j et se dirigeant toujours vers le uord ,se préqi-
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128 V AGUE UE LA MARÉE. [SCCt.XIH.]
pile avec violence <lans la nier du Nord, a travers la Manche el la mer d’Irlande; de sorte que dans nos ports, les marées se trouvent modifiées par celles d’un autre hémisphère. La théorie des marées, quant a leur hauteur et aux temps auxquels elles ont lieu, est réellement pour chaque port un sujet d’expérience, et ne peut être parfaitement déterminée que par la moyenne d’un très grand nom- 1 bre d’observations , comprenant plusieurs révolutions des nœuds de la lune. r •
La hauteur à laquelle les marées s’élèvent est beaucoup plus grande dans les canaux étroits qu’en pleine mer, par suite des obstacles qu’elles rencontrent. La mer est si resserrée dans la Manche, qu’à Saint-Malo, sur la côte de France, les marées s’élèvent quelquefois jusqu’à une hauteur de 5o pieds (15“', 9.Ï); tandis que sur les rivages de quelques unes des îles de la mer du Sud , elles n’excèdent • pas un pied ou deux (ü*1, o5, ou 6d, i ). Les vents ent une grande influence sur la hauteur des marées, selon qu’ils soufflent dans la meme direction, ou dans une direction opposée; mais l’effet du vent sur les vagues de l’Océan, ne s’étend que" très peu au-dessous de la surface. Il est meme probable que dans les orages les plus violons, l’eau est calme à la profondeur de qo ou ioo pieds (27™, è(5 ou 3o"', 5). Les marées de l’Océan ne se communiquent ni ; à la Méditerranée, ni à la Baltique, en partie à cause da la position de ces deux mers, et en partie à cause du peu de largeur des détroits de Gibraltar et du Catégat; mai* elles sont très sensibles dans la mer Rouge et dans la baie d’Hudson. Dans les hautes latitudes, où l’Océan ne su trouve plus aussi directement sous l’influence du soleil et de la lune, le flux. et le reflux sont à peine sensibles; do sorte que, selon toute probabilité, il n’y a point de marée aux pôles, ou seulement une petite marée annuelle et . menjuciljh. Le flux' -'et le reflux de la mer son! sensibles
SX -
[Sect.xil!.] lÎLKVAt. DKS MAUKhîâ DANS LES niVIKRKS. ISfc)
dans les rivières à une 1res grande distance de leur embouchure. Au détroit de Pauxis, dans la rivière des Amazones, à plus de cinq cents milles fiSi lieues environ) de la nier, les marées sont encore sensibles. La marée met tant de jours à remonter cet énorme courant , que les marées descendantes rencontrent une suite «le marées montantes; de sorte «ju’il existe toujours un certain point du rivage pour lequel se manifestent toutes les circonstances «le grandeur et de temps que peut produire une marée. Il faut une très grande étendue d'eau pour que les impulsions du soleil et de la lune puissent s’apcumuler de manière à devenir sensibles; aussi les marées de la Méditerranée et de la mer "Noire sont-elles extrêmement faibles.
Ce mouvement perpétuel des eaux est produit par des forces bien peu considérables, si on les compare à la force «le gravitation de la terre; en effet, l’action du soleil sur l’Océan n’e3t que de — la pesanteur à la surlacc de la terre, et celle de la lune n’est guère plus de deux fois autant. Ces forces sont entre «‘Iles comme i est à 2 , 35333, «piand le soleil et la lune sont à leurs moyennes distances de la terre. D’après cette proportion , l’on a trouvé que la masse de la lune n’est que le fi de celle de la terre. S1 l’action «lu soleil sur l’Océan se fût toujours ajoutée a celle de la lune, il n’y aurait pas eu de basses marées, et les hautes marées se seraient élevées à une hauteur double de celle «pt’anrait produite l’action séparée «le la lune; — phénomène dépendant de l’interférence «les vagues ou
ondulations.
Une pierre «pt’on jette dans une pièce d’eau stagnante «tccasione une série d'ondulations qui s’étendent sur toute la surface, de sorte que l’eau parait animée d’un mouvement de translation , quoiqu’elle ne fasse en réalité «pie s’élever en formant de petites vagues et s’abaisser en formant de petits creux, chaque point de la surface s’é-
ISO IXTKHFÉItEKCK UES ONDULATIONS. [ SCCt. XUI.fj
levant et s’abaissant ainsi alternativement. I ne autre pierre tic même grosseur, jetée dans l’eau près de la première, occasione une série semblable d’oudulatioBS. Si v". alors, deux ondulations égales et semblables, oocasioiiées par chacune de ces pierres, arrivent au même pointât) même moment, de manière à ee «que l’élévation de lune coïncide exactement avec l’élévation de l'autre , leur effet'.* réuni produira une ondulation d’une grandeur double. Mais si une ondulation précède l'autre exactement de la moitié d’une ondulation, l’élévation de l’une coïncidera avec rabaissement de l’autre, et réciproquement, de sorte que les ondulations se détruiront l’une l'autre:, et si par- t tintement , que la surface de l’eau restera unie et calme. Dès-lors , si la longueur de chaque ondulation est représentée par i, elles se détruiront l’une l’autre aux intervalles de 4,4, 4»etc-5 ct oorabiheront leurs effets aux intervalles t, 2, 3, etc. D’après ce principe, l’on trouve que lorsqu’une eau tranquille est troublée par la chute de deux pierres égales, il y a sur sa surface certaines lignes d’une forme hyperbolique, ou l'eau reste unie par suite de la destruction mutuelle d’un certain nombre d'ondulations; tandis que dans les parties adjacentes, l’élévation de l’eau correspond aux deux ondulations réunies ’. Or, dans les fortes et fatldes marées, provenant de la combinaison des ondulations simples seli -lunaires, la plus haute marée est le résultat simultané de leur combinaison, quand rllea coïncident en temps et eu place; et la plus faible marée .arrive quand elles se succèdent par demi-intervalles, de maniène à ne laisser sensible que l’effet de leur différence. 11 est donc évident que si les marées solnirès et h-maires étaient île la même hauteur, il n’y aurait aucune différence, conséquemment que les plus faibles marées seraient nulle»; «t
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{Sert. VIH. Si STABILITÉ DE L’OCÉA.V. tlS*
les plus hautes rua rées seraient deux fois aussi hautes que chacune séparément. Dans le port de ltalsha, dans leïWnquin.où les marées arrivent par deux canaux , de longueurs correspondantes a un demi-intervalle, il n’y a ni haute ni basse mer, par suite de 1 interférence des ondulations.
L’état initial de l'Océan n’a aucune influence sur les marées; car. i|iu Iles que puissent avoir été ses coiMÜtions primitives, elles doivent bientôt s’étre évanouies par l’effet du frottement et de la mobilité du fluide. L’une des circonstances les plus remarquables de la théorie des marées «st I assurance qu on en tire, que la densité de la mer n’étant qu’uii cinquième de la densité moyenne de la terre, et ■que la terre elle-même augmentant de don si té vers le centre, la stabilité de l’équilibre de l'Océan ne peut être détruite par aucune cause physique. Une inondation générale, provenant de la seule instabilité de l’Océan , est donc iinpos- sible. line diversité de circonstances tend cependant à produire des variations partielles dans l’équilibre des mers; •nais cet équilibre est rétabli au moyen des courans. Les vents et la fonte périodique de la glace aux pâles , oocasionent des courans passagers; mais les causes les plus importantes sont, sans contredit, la force centrifuge occasionne par la rapidité de la rotation de la terre, et les variations qui se manifestent dans la densité de la mer. ’
La fo rce centrifuge peu! être décomposée en doux forces; — l’une perpendiculaire, et l’autre tangente à la surfaee de la terre J. La foree tarrgentielle , quoique peu considérable, est suffisante pour imprimer aux particules fluides, situées en dedans des cercles polaires, une tendance vers l’équateur, laquelle ee trouve encore lieaueoup augmentée par f Immense évaporation des régions équatoriales, due à la chaleur du soleil qui trouble tc< piilibre de t’Uoéan. A.
■ • Noie i;5a. ,
CÔIIRASS.
132 côiibaSS. [Secl.xm.]
rette tau Se peut être aussi ajoutée la grande densité «le» eaux voisines des pôles, «lue en partie à leur basse température, et en partie à ce «|ue leur pesanteur est moins tliin innée par l'aetion du soleil et de la lune que celle des mers des basses latitudes. Par suite de la combinaison de ces diverses circonstances, «leux grands enurans se dirigent perpétuellement de chaque pôle «ers l'équateur. Mais comme ils viennent de latitudes où le mouvement rotatoire de la surface de la terre est beaucoup moindre qu’il ne l’est entre les tropujues, ils n’ac«|uièrent pas immédiatemeut, à cause «le leur inertie, la vitesse Je rotation dont, la partie solide de la terre est animée vers les régions équatoriales , et «le là il résulte, «)ue dans un espace «le vingtcin«| ou trente degrés de chatpie côté de la ligne, l’Océan parait avoir un mouvement général «le l’est à l’ouest, «pii est beaucoup augmenté par l’action «les vents alisés. Environ vers le dixième degré de latitude sud, celte énorme masse d’eau en mouvement se trouve détournée de sa «li • rection par la côte «l’Amérique; et, poussée vers le norilouest, elle se précipite dans le golfe de Mexique; puis, traversant Ies«létroils «le la Floride avec une vitesse de cinq milles ( i lieue ~ environ) par heure, forme le courant si connu du Guif-Strcam , qui longe toute la côte d’Amérique , et se «lirige vers le nord jusque au banc «le Terre- •Veuve, d’où, s’inclinant vers l’est, il dépasse les iles A«jores et Canaries, et sc réunit ensuite au grand courant occidental des tropiques, environ au vingt-unième degré «le latitude nord. Suivant M. de Humboldt, ne grand eircuit de 38oo lieues, que les eaux de l’Atlantique décrivent perpétuellement entre les onzième et quarante- troisième degrés de latitude, peut être accompli par chaque ino- Jéculc fluide dans un espace de «leux ans et «li\ mois. Outre ce courant principal, le Gulf-Strenm se partage en plusieurs branches, qui, en même temps qu’elles amènent sur
[ Secl. xiii.]
COCIiAXS.
nos rives septentrionales les fruits et les plantes des troq piques, y apportent aussi une portion de la chaleur qui J . règne dans les climats équatoriaux.
Le mouvement, général vers l’ouest de la mer du Sud , combiné avec le courant polaire sud, produit différons
• niomemens dans les océans Pacifique et Indien, selon que 1 un ou l’autre domine. Le mouvement occidental de la mer Pacifique se divise de chaque côté de l’Australie, tandis que le courant polaire se précipite le long de la baie de
• Bengale; mais le courant occidental redevient plus considérable vers Ceylati et les Maldives, d où il s’étend par 1 extrémité de la prcsqu’dc de l’Inde au-dela de Madagascar, pour remonter ensuite jusqu’au point le plus septentrional du continent d’Afrique, où il se perd dans le mouvement
, général des mers. Il arrive quelquefois que des glaçons sont poussés du pôle nord jusqu’aux Açores, et du pôle sud jusqu’au cap tîe Bonne - Espérance. Le courant polaire obligea Sir Edward P.arry d’abandonner l’entreprise qu’il avait formée cm 827, d’atteindre le pôle nord, les champs de • glace étant poussés vers le sud avec plus de vitesse qu’il s •* ù en pouvait mettre, lui et ses compagnons, à s’avancer ver» , «/le nord sur ces mêmes champs de glace.
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