‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 35 sur 112 · DATE D’UN PAPYRUS · texte numérisé non relu

DATE D’UN PAPYRUS

[ Sect.xn. ]

Les places des étoiles fixes sont affectées par la précession des équinoxes ; et comme la loi de cette variation est connue , leurs positions peuvent être calculées à quelque moment que ce soit. Or, Eudoxe, contemporain de Platon, fait mention d’une étoile située dans le pôle de l’équateur; et, d’après le calcul, il paraît que x du Dragon n’était pas très éloignée de celte position, il y a 3ooo ans à peu près; mais comme il n’y a que 21 5o ans environ qu’Eudoxe vivait, il faut qu’il ait décrit un état antérieur des cieux, lequel est supposé le même que celui mentionné par Chiron, à peu près vers le temps du siège de Troie. Tout concourt à prouver que l’astronomie fut cultivée dès les siècles les plus reculés de l’antiquité.

Il est possible que les connaissances astronomiques puissent conduire à l'interprétation des caractères hiéroglyphiques. L’on trouve souvent sur les anciens monumens égyptiens des signes astronomiques, probablement employés par les prêtres pour consigner les dates. L’auteur eut occasion d’être témoin d’un exemple de cette heureuse application de l’astronomie, au sujet de la vérification de la date d’un papyrus envoyé d’Egypte par M. Sait, et qui fil l’objet d’une des recherches hiéroglyphiques de feu le docteur Thomas Young, dont les connaissances profondes et variées font tant d’honneur à son pays et au siècle dans lequel il vécut. Le manuscrit fut trouvé dans la boîte d’une momie : c’était un horoscope du siècle de Ptolémée, dont l’antiquité fut déterminée d’après la configuration des cieux au temps de sa construction.

La forme de la terre fourni* <an étalon de potds et mesurés pour les besoins ordinaire» de la vie, aussi bien que pour la détermination des masses et distances des corps célestes. La longueur du pendule qui bat les secondes du temps solaire moyen, à la latitude de Londres, forme l’étalon des mesures linéaires anglaises. Sa longueur dans le

POIDS ET MBSUItES.

[ Sert. xii. 1

vide, à la température de 62° de Fahrenheit (i6°, 67 du thermomètre centigrade), et réduite au niveau de la mer', a été trouvée par le capitaine Rater égale à 39,139a pouces (o “, 994). Le poids d’un pouce cube d’eau à la température de Ü2° de Fahrenheit (iGQ, 67 centigr.), le baromètre à 3o pouces (28 pouces français très approximativement, ou 76e), a été aussi déterminé en parties de la livre troy impériale, ce qui a donné un étalon de poids et de capacité. Les Français ont adopté le mètre ou 3, 2808992 pieds anglais, pour leur unité de mesure linéaire : c’est la dix millionième partie du quart du méridien * qui passe par Formentera et Greenwich, et dont le milieu se trouve à peu près au 45<‘ degré de latitude. Si, dans les vicissitudes des choses humaines, les étalons nationaux des deux pays se perdaient, ils pourraient être retrouvés, puisque tous deux dérivent d'étalons naturels, que l’on suppose invariables. La longueur du pendule serait plus facilement retrouvée que le mètre; mais comme aucune mesure n’est mathématiquement exacte, une erreur dans l’étalon primitif pourrait, à la fin, devenir sensible en mesurant une grande étendue , tandis que l’erreur qui doit nécessairement résulter de la mesure du quart du méridien devient absolument insensible, quand on vient à en prendre la dix millionième partie. Les Français ont adopté la division décimale, non seulement pour le temps, mais encore pour leurs degrés, poids et mesures, à cause de l’extrême facilité qu’elle offre dans le calcul. Elle n’a encore été adoptée par aucun autre peuple, quoique rien ne soit plus à désirer que de voir toutes les nations s’accorder à employer les mêmes divisions et étalons, nou seulement à cause de la commodité qui eu résulte, mais aussi comme fournissant une idée plus nette des quantités.

• Note i45. — * Note 146. . 1

[Sect. XXI.] POIDS ET MESURES.

Il est à remarquer que la division décimale du jour, des degrés , des poids et des mesures , était en usage chez les Chinois il y a 4000 ans; et qua l’époque à laquelle Ibn Junis fit ses observations au Caire, vers l’an 1000 de l’ère chrétienne, les Arabes avaient coutume d’employer le pendule dans leurs observations astronomiques comme mesure du temps.

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