‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 38 sur 112 · ATTRACTION CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

ATTRACTION CAPILLAIRE

Les oscillations de l’atmosphère, et son action sur les * rayons lumineux émis par les corps célestes, établissent . une certaine liaison entre l’astronomie dune part, et de l’autre, la science de l’équilibre et du fnouvemeht des ^ tluides, et les lois de l’attraction moléculaire. Jusqu’ici nous n’avons considéré ces forces que comme agissant à distance sensible sur des masses considérables de uialierej* mais à présent nous allons examiner les eflets qu elles produisent en s’exerçant a des distancés inappréciables sur les derniers atomes des corps , lesquels sont d’une ténuité telle, que le génie de l’homme n’a pu trouver encore aucun moyen de les rendie visibles. Tous les corps consistent en un assemblage de molécules matérielles maintenues eu : * équilibre par deux forces ; l’une attractive , qui tend à les

[ SeCL XIV. ] ATTBJUOTIÜÎÎS M()UiCDLAl£tE&. tSS

rapprocher; l'antre répulsive, qui tend à les éloigner, et qui n’est probablement autre chose que le calorique, ou principe de la chaleur. L’intemité de cas forces décroît rapidement à mesure que la distança entre les molécules augmente, et elle dévient to»t-à-fait insensible aussitôt q»e cette distance a acquis une grandeur sensible. Il est évident que la densité des substances dépend du rapport qui existe entre les forces opposées d'attraction et de répulsion.

Quand des molécules matérielles de même espece sont à de telles distances les unes des autres, que la cohésion qui les relient devient insensible, le principe répulsif l’emporte, et les particules tendent à s’éloigner les unes desautres, comme cela a- lieu. dans les fluides aériformes. Si les particules se rapprochent suffisamment pour produire l’équilibre entre les forces attractive et répulsive, sans toutefois se rapprocher assez pour recevoir aucune influence de leur figure, il y aura entre elles une mobilité parfaite, résultant de la similitude de leurs attractions, et elles offriront une grande résistance à la compression. Ces propriétés caractérisent les liquides , dans lesquels le principe répulsif agit plus énergiquement que dans les gaz. Quand la distance entre les molécules devient encore moindre, la

' « force de cohésion l’emporte, et il y a formation île solides.

V Maislanaturedeleurstructurevarie, pareequ’à de si petites distances la forcede l’attraction mutuelle des moléculesdé-

\ ' pend <le leur l’orme,et est modifiée par les côtés queces moriôcules seprésenlen t réci proq nemeut durant 1 eu r agréga t ion .

* Qtttr e ces trois états de solidité, de liquidité, et de vapeur, * se présente le plus ordinairement la matière,

«ne infinité d’autres , correspondant à toutes Je»,

■lîgt iirriÿ rirVnf r i ^ jr

métaux et autres substances ; les corps passant sucœsw-

loti FORCES MOLÉCULAIRES ET F. DE GRAVIT. [SéCt. XIV.]

veinent d'une dureté parfaite à l'état de mollesse, puis à l’état visqueux , cl à une multitude d’autres encore qui se suivent graduellement, depuis l'état solide jusqu’à l’état liquide , et même aéri forme.

Chaque molécule matérielle, qu’elle fasse partie d’un solide, d’un liquide ou d’un fluide aériforme, est soumise à la loi de la gravitation. Le poids de l'atmosphère, des ga /. et de la vapeur, fournit la preuve que ces corps sont composés de molécules pesantes. Dans les liquides, la force de cohésion n’est pas assez puissante pour résister à l'action simultanée de la répulsion et de la pesanteur. Par conséquent, quoique leurs molécules constituantes conservent toujours la même liaison , le liquide se répand de tous côtés par l’effet de leur pesanteur, à moins qu’il ne soit contenu dans un vase, ou que, par suite de la mobilité de ses particules , et en vertu de la pesanteur, il soit déjà descendu au point le plus bas possible, ainsi que cela a lieu dans l'Océan , ou dans un lac. Les solides eux-mêmes se diviseraient en vertu de la pesanteur de leurs particules, si la force de cohésion quj les unit n’était pas assez puissante pour résister aux efforts simultanés de la gravitation et de la répulsion. Le volume de toutes les substances connues jusqu’à ce jour pouvant cire réduit k au moyen de la pression, il s’ensuit évidemment que les molécules matérielles ne sont pas en contact immédiat , mais qu’elles sont séparées par des interstices, dont l’existence est due au principe répulsif qui les maintient à des distances respectives extrêmement petites. On conr.ciit aisémeut que la densité d’un corps est d’autant plus grande que ees interstices sont plus petits. Il existe quelques substances, et entre autres certains minéraux demi opaques, dans lesquels il y a tout lieu de croire que ces espaces sont vides ou remplis d’air; ces corps devenant transparens lorsqu’on les plonge dans l’eaü. Il se pourrait

[SeCt. XIV.] COMPRESSIBILITÉ DES CORPS. 157

qu'ils continssent quelque fluide inconnu , d’une nature éminemment élastique, tel que celui qu’a découvert sir David Brewster, dans les petites cavités de divers minéraux, et dont la sortie brusque occasione quelquefois une explosion violente entre les mains du lapidaire.

Toutes les substances peuvent être comprimées par une force suffisante, et sont plus ou moins élastiques, selon la facilité avec laquelle elles reprennent leur volume quand la pression a cessé d’agir. Cette propriété dépend de la force répulsive de leurs particules. Mais la pression peut être assez grande pour amener les particules dans la sphère de la force de cohésion , et dans ce cas, un fluide aéri forme peut se convertir en liquide, et un liquide en solide. M. Faraday a réduit quelques uns des gaz à l’état liquide, au mcfyen d’une très grande compression; mais quoique l’air atmosphérique soit susceptible d une diminution de volume à laquelle on ne connaît point de limité, il a toujours jusqu’ici conservé les propriétés qui caractérisent un gaz, et reprend son volume primitif à l’instant où la pression cesse d’agir. •

L’effort qu’il faut faire pour roui'prë üno substance quelconque est la mesure de l’iutensité'de la force de cohésion qui unit ses particules; et l'intensité de cette force est •aussi variable que celle du principe répulsif. Dans la pierre, le fer, l’acier, ainsi que dans tous les autres corps durs et çassans , la force de cohésion est très puissante, mais bornée a des limites peu ^tendues. Dans les substances élastiques, au contraire, elle n’agit que faiblement, k mais dans des limites beaucoup plus grandes. Comme la chaleur dilate tous les corps, il en résulte nécessairement qu’une diminution dans la force de cohésion accompagne toujours une élévation de température. MH|I

Les phénomènes qui proviennent de la force de cohésion sont innomhrahleis : la firme sphérique que prennent

• 138 .» ' COHÉSION DKS GG A CF.S. [SeCt.SWj]

/' les gouttes Je pluie; la difficulté qu’on éprouve à détacher

/ ime plaque Je verre Je la surface de l’eau ; la force avec

* • ’ laquelle Jeux surfaces planes adhèrent quand elles sont

pressées ensemble ; les gouttes d’eau qui pendant la pluie s'attachent aux vitres; tous ces lésullats sont des effets de ,

% cohésion enlièreinent indépendans de la pression atmo-

sphérique, et sont compris dans la même formule analy- ' tique ', qui exprime parfaitement toutes les circonstances, quoique les lois suivant lesquelles les forces de cohésion et de ■ répulsion varient, soient inconnues. Comme il v a tout lieu Je croire qu’à une certaine époque le soleil et les planètes

• >J k ont été dans un état Je fusion, il est plus que probaMe

. , que la forme sphérique Je ces corps est due à la force de

• ' ■ 1 j* cohésion.

• L’on a quelquefois observé dans les manufactures de traces un exemple de cohésion très remarquable. Quand

^ les glaces ont reçu leur dernier poli, on les essuie soigneu-

•• sentent , -jet on les place de champ l’une contre l’autre.

]>aas cetle position, il s’établit entre elles, m bout d’an

'4 certain temps, une cohésion si forte, qu’il est arrivé

quelquefois qu’on n’a pu les séparer sans les briser. T)*autres fois, il s’eu trouve deux ou trois si parfaitement "J. ointes ensemble, qu’on peut les couper et les polir sur

leurs bords, comme si elles avaient été coulées ensemble ;■ * . et la force nécessaire pour faire glisser leurs surfaces est si grande, que souvent il y a rupture au lieu de glissement,

1 • et que l’une des surfaces reste couverte des fragraeos

• qu’elle a arrachés à l’autre. '

• Le volume des dernières molécules matérielles doit être , 'Ji ‘ <l’une ténuité extrême. L’on a découvert certains êtres or-r

■ ganisés, jouissant de la vie, et en accomplissant toutes les

* fonctions; mais étant d’une petitesses! excessive, qu’un n»H-

îiote 1 53.

tsect. XIV.] PROPORTIONS P !•. FINIES. .409

Jionde ces individusoccuperaientnioinsd espacequ ungrain^, de sable. La malléabilité de l’or, le parfum du musc, Codeur des fleurs , et bien d’autres exemples encore du même genre, sont autant de preuves de l’excessive ténuité des atomes matériels; cependant, plusieurs circonstances semblent prouver que la matière n’est pas infiniment divisible. Le doctenr Wollaston a démontré que, selon toute probabilité, les atmosphères du soleil et des planètes, aussi bien que celle de la terre, èousisteul en atomes non susceptibles d’une division ultérieure., et que, si toutefoisil en estainsi, notre atmosphère ne doit s’étendre que jusqu au point où l’attraction terrestre est équilibrée par 1 élasticité de I air. Les proportions définies des composés chimiques fournissent l’une des preuves les pl ils convaincantes qu il existe des bornes à la divisibilité de la matière. La force de Cohésiou dont nous venons d’examiner les effets, ne sert qu’a unir les particules de la mémeScs'pèce de matière; taudis que l’affinité est cette attraction mutuelle qui s'exerce entre les particules de différentes sortes de matière, et qui, lorsqu’elle est modifiée par l’état électrique des particules, est considérée comme étant la cause des combinaisons ohirniques. î. ‘çV; ^ t\# *

Il a été reconnu , comme lui universelle et permanente, que la composition de tous les corps inorganiques -qui jusqu’à ce jour ont été soumis a..l éprouvé de 1 analyse, est définie et invariable; le même composé consistant toujours dans les mêmes élémens, réunis dau^ les jnèmes proportions. Deux substances peuvent, il est vrai, se mélanger, mais elles ne se combinent pour former une troisième substance, différente de chacune d’elles, que dans des proportions relatives définies; e’est-a-dire , qu’une partie, eu poids, ch1 l’une des substances , s’unira avec une partie, en poids, de l’autre, ou avec deux, trois, quatre, etc. , de manière à former une nouvelle substance; mais duus toute

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