RÉSONNANCE
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muniquer, an moyen de fils métalliques ou de verges extrêmement longues, à une table d’harmonie disposée convenablement dans un appartement éloigné. Les sons d’un orchestre entier peuvent se transmettre et se réfléchir en faisant communiquer une verge métallique, d’une part, avec une table d'harmonie placée près de l’orchestre , de manière à ce qu’elle puisse répéter les sons de tous les instrumens, et de l’autre, avec la table d’harmonie d'un piano, d’une harpe, ou d’une guitare, placés dans un appartement éloigné. 31. Wheatstone observe que« l’effet de » cette expérience est des plus agréables , quoique les sons » aient une intensilési faible, qu’on les entend à peine pour » peu qu’on soit éloigné de l’instrument qui les réfléchit;
« mais si ou place l’oreille tout contre cet instrument , on » entend d’une manière distincte, quoique affaiblie, chacun « de ceux qui composent l’orchestre, avec toutes les qualités « qui le caractérisent; les piauoselles fortes, les cresceudos u et les diminuendos, conservant leurs contrastes relatifs. » Comparé à un orchestre ordinaire dont l’exécution serait u transmise par l’air aune certaine distance, l’effet ainsi pro- >. duit est semblable à celui d’un paysage vu en miniature à » l’aide d’une lentille concave, et comparé au même payu sage vu à l’œil nu à travers une atmosphère nébuleuse. » Tout le monde sait combien la résonnance des cavités renforce le son. Lorsque l’on chante ou que l’on parle près de l’ouverture d’un vase à large orilice, il arrive souvent que l’intensité d’une note qui se trouve à l’unisson avec l’air de la cavité , augmente considérablement. On parvient à faire résonner un vase quelconque, lorsqu’un corps, vibrant la note naturelle de la cavité , est placé vis-à-vis de son orifice, et qu’il est assez grand pour la couvrir, ou au moins pour mettre en mouvement une grande portion de fair adjacent;car le son est réfléchi alternativement par le loud de la cavité et par le corps ondulant situé à
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son orifice. La première impulsion de la substance ondulante est réfléchie par le fond de la cavité, et ensuite par le corps ondulant, à temps pour se combiner avec la seconde impulsion nouvelle; ce son renforcé est également réfléchi deux fois à temps pour agir de concert avec la troisième impulsion nouvelle; et comme le même phénomène est répété à chaque nouvelle impulsion , chacune d’elles se combine avec tous ses échos pour renforcer prodigieusement le son. M. Wheatstone, au talent duquel nous sommes redevables d’un si grand nombre d’.decs nouvelles et précieuses sur la théorie du son , a présenté p u sieurs exemples frappans de résonnance. Si l’on approche l’une des branches d’un diapason en état de vibration, de l’embouchure d’une flûte dont les ouvertures latérales soient fermées , de sorte qu’elle puisse rendre le meme son que le diapason, le son faible et presque imperceptible du diapason se trouve alors augmenté par la résonnance de la colonne d’air contenue dans la flûte, et le ton est plein et net Le son diminue considérablement d’intensité s. Ion vient à fermer ou à ouvrir l'une des autres ouvertures car le moindre changement qui a lieu dans la longueur de la colonne d’air, fait quelle n’est plus aussi propre a réfléchir le son de la flûte. Cette expérience peut être faite sur une flûte de concert, avec un diapason en ut. Mais M.IVheatstone observe qu’en général , dansce cas, il est nécessaire de doigter la flûte pour le ré, parce que, lorsqu on souffle dans une flûte, la lèvre inférieure en recouvre en parue l’embouchure, ce qui rend le son d’un demi ton environ plus bas qu’il ne le serait si l’embouchure était entièrement découverte. Cet habile professeur a démontré aussi, a l’aide de l’expérience suivante, que parmi un certain nombre de sons simultanés, on peut parvenir a en isoler un quelconque, c’est-à-dire à le rendre perceptible séparément. Si l’on prend deux bouteilles, et que, les ayant remplies
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d’eau en quantité con venable pour qu’elles puissent s’accorder avec deux diapasons de tons différens, on vienne ensuite à présenter successivement à l’ouverture de chacune d’elles les deux diapasons à l’instant où ils sont en état de vibration , l’on n’entend que le son réfléchi par celle des deux bouteilles qui se trouve à l'unisson avec le diapason qui lui est présente.
L’on a tenté plusieurs essais pour imiter l’articulation des lettres de l’alphabet. Vers l’an 177g, MM. Kratzenstein, de Saint-Pétersbourg, et Kempelen , de Vienne, construisirent des instrumens qui articulaient plusieurs lettres, plusieurs mots, et même plusieurs phrases. M. Willis, de Cambridge, a récemment adapté des tubes cylindriques à une anche, dont on peut varier à volonté la longueur, à l’aide de douilles glissantes. En retirant le tube , au moment où une colonne d’air venant des soufflets d’un orgue le traverse, les voyelles sont prononcées dans l’ordre ieaou; en allongeant le tube, elles sont répétées, après un certain intervalle, dans l’ordre inverse « o a e i. Après un autre intervalle, on les obtient de nouveau dans l’ordre direct, et ainsi de suite. Lorsque le ton de l’anche est très haut, il est certaines voyelles qu’on ne peut parvenir à faire résonner, ce qui s’accorde parfaitement avec ce qu'on a observé sur la voix humaine, les cantatrices ne pouvant articuler l’« et l’o dans leurs notes hautes. D’après les découvertes singulières de M. Sa v art sur la nature de la voix humaine, et les recherches de M. Willis sur le mécanisme du larynx , il est permis de supposer que la prononciation des langues modernes finira par être transmise, non seulement à l’œil, mais à l’oreillè aussi de la postérité. Si les anciens avaient eu les moyens de transmettre de tels sons définis, le monde civilisé aurait toujours correspondu en notes sympathiques à la distance de plusieurs siècles.