PHOSPHORESCENCE
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temps donné, se trou te déterminé par la note musicale produite par une dent ou par une broche placée dans son a ne de rotation et rencontrant une carte, on bien encore par les notes d’une si rêne fixée à l’axe. C’est ainsi que le professeur Wheatstone est parvenu à trouver que la vitesse du nriroir est telle, qu’une déviation angulaire de 25° dans la perception des deux étincelles n’indiquerait tout au pins qu’un intervalle d’un millionième de seconde. L’emploi du son , comme moyen de mesurer la vitesse, est l’un des plus heureux exemples de la corrélation des sciences physiques.
Quand l'atmosphère est fortement chargée d électricité, il arrive souvent que l’on aperçoit sur les mâts de hune et sur les bouts de vergue des vaisseaux une lumière électrique qui se présente sous la forme d’une étoile. En i83ï, les officiers français qui se trouvaient à Alger éprouvèrent la plus grande surprise à la vite des aigrettes lumineuses qui se laissaient apercevoir snr la tète de leurs camarades, et au bout de leurs doigts, quand ils tenaient les mains en l’air. Les anciens avaient connaissance de ce phénomène, et le considéraient comme un augure favorable.
La corruption oceasione dans plusieurs substances une certaine émission lumineuse que l’on attribue à l’électricité. Parmi ces substances on remarque entre autres le poisson et le bois. Les écailles d’huîtres et divers minéraux deviennent phosphoresccns à certaines températures, ou quand ils sont exposés à des chocs électriques. Les minéraux qui jouissent de cette propriété sont généralement colorés ou imparfaitement transparens; et , quoique la couleur de celte lumière varie pour diverses substances, elle n’a aucun rapport fixe avec la cottleur du minéral. Une chaleur intense détruit entièrement cette propriété, et la lumière phosphorescente développée par la chaleur n’a aucun rapport avec la lumière produite par le frotte-
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ment; car sir David Brewster a observé que les corps privés de la faculté d’émettre l'une de ces deux sortes de lumière, peuvent toujours émettre l'autre. Parmi les corps qui en général deviennent pbosphorescens quand ils sont exposés à la chaleur , il en est quelques uns qui ne jouissent pas de cette propriété; conséquemment la phosphorescence ne peut pas être considérée comme l’un des caractères essentiels des minéraux qui la possèdent. Des multitudes de poissons sont douées du pouvoir d’émettre de la lumière à volonté; cette faculté leur a été donnée sans doute pour les mettre à même de poursuivre leur proie à des profondeurs auxquelles les rayons solaires ne peuvent pénétrer. L’on voit souvent s’élever au-dessus des bancs de harengs et de sardines des jets de lumière; et la phosphorescence brillante des diverses variétés de méduses dont plusieurs sont excessivement petites et infiniment nombreuses, donne quelquefois au sillage des vaisseaux l’apparence d’un courant d’argent. Quoi qu’il en soit, l’apparence lumineuse que l’on observe souvent en mer, durant les mois d’été , a quelquefois une autre cause, ainsi que le récit suivant peut en fournir la preuve.
Le 7 septembre 1826, le capitaine Bonnyrastle remontait le golfe de Saint-Laurent, lorsque le second du vaisseau vint l’avertir, tout effrayé, qu’il se passait en mer un phénomène extraordinaire. C’était pendant la nuit, et le ciel était très étoilé, quand tout-à-coup il se couvrit dans la direction des hautes terres du Cornvvallis. Aussitôt une lumière éclatante et semblable à l’aurore s’élança de la mer, jusque là complètement sombre, sur l'avant du navire qu’elle couvrit d’une clarté si brillante qu’on voyait distinctement tous les objets environnans, même jusqu’au haut du mât. Cette lumière se répandit d’un rivage à l’autre, et la mer, qui jusqu’alors était restée tranquille, commença à s’agiter. Le capitaine Bonnycaslle compare
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l'aspect de ce phénomène à la flamme éclatante produite par l'inflammation «l’une feuille de papier. Une longue et brillante traînée de lumière , d’un éclat supérieur à celui des points de la mer situés à une certaine distance du vaisseau, permettait de voir la hase de la montagne, terre triste et sombre que longeait le vaisseau ; en même temps le ciel se couvrit et devint de plus en plus obscur. Des traces de lumière, longues et sinueuses, laissaient apercevoir des multitudes de poissons énormes qui s’élançaiei.t hors de l’eau , comme effrayés. La vergue de civadière et l’arc-boutant d’artimon étaient éclairés par la réflexion de cette lumière, comme par une multitude de becs à gaz qui auraient brûlé immédiatement au-dessous; et jusqu’à quatre heures, c’est-à-dire jusqu’à peu près au point du jour, les objets les plus petits restèrent parfaitement visibles. Le jour parut très lentement, et le soleil offrit à son lever un aspect rougeâtre et menaçant. Bientôt après survint la pluie. Le capitaine Bonnycastle fit puiser un baquet de cette eau enflammée; quand on l’agitait avec la main, on donnait naissance à une masse de lumière qui se développait, non plus par étincell<», mais par lueur continue. Une partie de l’eau conserva sa phosphorescence pendant sept nuits. Le soir qui précéda la troisième nuit, le soleil olTiit à son coucher l’apparence singulière d’un double soleil. Quand il ne fut plus qu’à quelques degrés au-dessus de l’horizon, sa figure sphérique se changea en celle d’un cylindre allongé qui atteignait l’horizon. Pendant la nuit, les scintillations de la mer se manifestèrent de nouveau, et elle devint presque aussi lumineuse qu’auparavant, mais à la cinquième nuit, le phénomène disparut entièrement. Le capitaine Bonnycastle ne pense pas qu’il ait été occasionné par la phosphorescence des animalcules; mais il croit qu’on peut l’attribuer, soit au développement subit de quelque composé de phosphore répandu tout -à-coup sur !a surface