COMPOSITION
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[Sect. xxviji.] *
<ju’une action faible est toujours suffisante, pourvu seulement qu’elle soit continuée assez long-temps. Les cristaux , formés rapidement sont généralement tendres et imparfaits, et M. Becquerel a trouvé qu’il est nécessaire, pour opérer la cristallisation de certaines substances dures, de prolonger pendant des années entières l’action du courant voltaïque. Si cette loi est générale , combien doit-il falloir de siècles pour la formation d’un diamant ! •
En vertu de son extrême tension , l’électricité ordinaire traverse l’eau et les autres liquides, aussitôt qu’elle est formée, quelque longue d’ailleurs que puisse être la distance' à parcourir. L’électricité voltaïque, au contraire, s’affaiblit par le trajet de l’espace qu’elle a à traverser. L’eau pure est un mauvais conducteur , mais la glace arrête entière- ment un courant d'électricité voltaïque, quelle que soit la puissance de la batterie qui le produit, et quoique la tension de l’électricité ordinaire soit suffisante pour vaincre sa résistance. Le docteur Faraday a découvert que cette pro- , priété n’est pas particulière à l'eau ; qu’à quelques exceptions près, les corps qui, à l’état solide, ne sont pas conducteurs de l’électricité, acquièrent cette propriété et subissent une décomposition immédiate quand ils passent à. l’état fluide; et qu’en général, cette décomposition a lieu aussitôt que la solution acquiert la capacité de conduire l’électricité.
De là, il a été conduit à soupçonner que cette propriété pourrait bien n’être qu’une conséquence de la décompotion.
La chaleur augmente le pouvoir conducteur de quelques substances pour l’électricité voltaïque, et celui des gaz pour l’électricité voltaïque et l’électricité ordinaire. Le docteur Faraday a donné une nouvelle preuve de la relation intime qui existe entre la chaleur et l’électricité, en démontrant qu’en général, lorsqu’un corps solide non métallique passe à l’état
[Sect. XXVIII.] EFFETS DU FLUIDE GALV. SUR LES SENS. 364
fluide, il perd presque entièrement la faculté de conduire la chaleur, tandis qu’il acquiert à un haut point la propriété de conduire l’électricité.
Le fluide galvanique affecte tous les sens. Le choc qu’il produit occasione une sensation des plus pénibles, et ses effets peuvent même devenir funestes quand la batterie est très puissante. Si l’un des fils touche le visage, et l’autre la main, on aperçoit, quoique en ayant les yeux fermés, un éclair très brillant. En faisant toucher l’un des fils à l’oreille, tandis que l’on tient l’autre , on entend un bruit étrange; et un goût acide se fait sentir dans la bouche, quand on applique en même temps les deux fils sur deux points différens de la langue. En renversant les pôles, le goût change et devient alcalin. Le fluide galvanique rend aussi plus intense la faible lueur qui se dégage des vers lui— sans; appliqué aux cadavres, il semble les rappeler à la viej et il ne serait pas impossible qu’un jour on vint à reconnaître en lui la cause des mouwmens musculaires.
Plusieurs poissons, dont les plus remarquables sont le gymnote électrique, qu’on trouve dans l’Amérique du Sud, et la torpille, espèce de raie très commune dans la Méditerranée, possèdent le pouvoir de produire des effets électriques. L’action électrique de la torpille résulte d’un appareil parfaitement analogue à la pile voltaïque, dont cet animal est pourvu, et qu'il a la faculté de charger à volonté : il consiste en colonnes membraneuses garnies de lames, séparées les unes des autres par un fluide. La quantité absolue d’électricité émise par la torpille est si grande, qu’elle opère la décomposition de l'eau, donne des chocs très violens, et possède une force suffisante pour produire l’aimantation. Elle est identique en nature à celle de la batterie galvanique, l’électricité de la surface inférieuredu poisson étant la meme que celle du pôle négatif, et l’électricité de la surface supérieure étant semblable à celle du pôle positif. Sa manière
électricité animale. [ SecL NXÏUI. }
d’agir diffère cependant en quelque chose ; car , bien que l'émission de l'électricité s’y prolonge pendant assez longtemps, elle n’a pas lieu d’une manière continue, étant communiquée par une suite de décharges successives, au lieu de l'être par un couraDt non interrompu.
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