ANALOGIE ENTRE LE MAGNETISME ET L’ÉLECTRICITÉ
Avant d’expliquer les autres méthodes d’exciter l’électricité et les découvertes récentes qui ont été faites dans cette science , il est nécessaire de se familiariser avec la théorie générale du magnétisme, ainsi qu’avec le magnétisme terrestre qui dirige la boussole du navigateur, et le guide à travers l’Océan. Son influence s’étend sur toutes les parties de la surface de la terre; mais son action sur l’aiguille aimantée détecmineles pôles de ce grand aimant , qui ne coïncident nullement avec les pôles de rotation de la terre. Il résulte de leur attraction et de leur répulsion , qu’une aiguille librement suspendue, aimantée ou non aimantée, ne reste en équilibre que dans le méridien magnétique , c’est-à-dire dans le plan qui passe par las pôles magnétiques nord et sud. Il y a des lieux où le méridien magnétique coïncide avec le méridien terrestre. Dans ce cas , une aiguille aimantée , librement suspendue, se dirige vers le
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vrai nord; mais si on la transporte successivement en divers lieux de la surface de la terre, sa direction dévie quelquefois vers l’est et quelquefois vers l’ouest. Les lignes tirées sur le globe, qui unissent tous les points où l’aiguille indique le vrai nord et le vrai sud, sont appelées lignes de nulle déclinaison, et sont extrêmement compliquées. La direction de l'aiguille n’est pas même constante dans le même lieu; elle change en peu d’années, suivant une loi qui n’est pas encore déterminée. En 1 658, une ligne de nulle déclinaison passait par Londres; depuis ce temps elle s’est déplacée lentement, mais irrégulièrement, en s’avançant vers l’ouest, et elle est maintenant près de New-York, dans l’Amérique du Nord.
En 1819, sir Edward Parry, dans le voyage qu’il entreprit pour aller à la découverte du passage nord-ouest, le long des côtes de l’Amérique, fit voile près de l’un des pôles magnétiques; et en 1824 , le capitaine Lyon, dans une expédition dont le but était le 'même , trouva que le pôle magnétique était alors situé par 63°5i' 25" de latitude N., et 8o° 5i' a5" de longitude occidentale.
D’après les dernières recherches, il parait que la loi du magnétisme terrestre est très compliquée ; et l’on regarde comme probable que dans chaque hémisphère il existe plus d’un pôle magnétique. Les observations récentes de M. Hansleen rendent presque certaine l’existence d’un de ces pôles en Sibérie, lequel, d’après lui, serait situé au 102e degré de longitude orientale, par rapport à Greenwich, et un peu au nord du 60e de latitude. De ces données, il résulte que les deux pôles magnétiques de l’hémisphère nord sont situés à 1800 environ l’un de l’autre. Le capitaine Ross place le pôle magnétique américain par 70° t4^ de latitude nord, et 96° 4o' de longitude occidentale.
L’aiguille est sujette aussi à des variations diurnes. Sous nos latitudes elle se meut lentement vers l’ouest pendant la matinée, et revient à sa position moyenne vers les dix heu-
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res du soir; alors elle dévie vers l’est , et retourne de nouveau à sa position moyenne vers les dix keuresdu matin. Ces variations semblent être intimementliéesavec le mouvement du soleil par rapport au méridien magnétique. En 1 83 1 , M. Kupffer, de Casan, a établi qu’il existe aussi une variation nocturne, dépendant, suivant lui, d’une variation correspondante dans l’équateur magnétique.
Une aiguille aimantée , suspendue de manière à n’être mobile que dans le sens vertical, s’incline de plus en plus à l’horizon, à mesure qu’on l’approche du pôle magnétique, où elle devient verticale. Le capitaine Lyon a trouvé que près du pôle magnétique, tel qu’il a été déterminé par lui, l’inclinaison était de 86° 32'; et à Woolwich, en i83o, le capitaine Segelke l’a trouvéede 69° 38'. D’après le capitaine Sabine, il parait que pendant ces cinquante dernières années elle a été en décroissant d’environ trois minutes par an.
Il est quelques lieux où l’aiguille d’inclinaison est horf- SOHtale. On a. donné le nom d’équateur magnétique à far ligne qui passe par ces lieux. Entre l’équateur magnétique et les pôles magnétiques, l’aiguille prend tous les degrés d’inclinaison possibles. L’équateur magnétique ne coïncide pas avec l’équateur terrestre; il parait former autour de la terre une courbe irrégulière, inclinée de 120 environ par rapport à l’équateur terrestre, qu’il traverse en plusieurs points, dont la position n’est pas encore parfaitement déterminée. Suivant quelques voyageurs, cette courbe couperait l’équateur en trois points ; mais le capitaine Duperrev, qui l’a traversée plusieurs fois pendant son voyage de décou vertes,, assure d’après ses propres observations, aussi bien qued’aprèscelles de M. Jules de Blosseville et du capitaine Sabine, qu’elle ne traverse l’équateur terrestre qu’en deux points seulement, lesquels sont diamétralement opposés, et peu éloignés du méridien de Paris. Il place l’un de ces noeuds dans.
INTENSITÉ MAGNÉTIQUE- [SeCt.XXlX.]
l’Atlantique, et l'autre dans l’Ooéan pacifique. De plus, il observe que l’équateur magnétique nés’ écarte que très peu de l’équateur terrestre, dans toute la -partie de la nier dn Sud où l’on ne rencontre quequelquesilcsoparscs; mais que la déviation augmente à mesure queues iles deviennent plus nombreuses; et qu’eufin elle arrive à un maximum, tant au nord qu’au sud , en traversant les continens d'Afrique et d'Amérique. 11 parait aussi, et toujours d’ap-ès le même observateur , que la symétrie des seginens nord et sud de cette courbe est beaucoup plus régulière qu’on ne le pensait.
La variation de l’inclinaison est due à nn certain changement dans la latitude magnétique, occasioné par un petit mouvement de translation qui a lieu annuellement de l’est à l’ouest, dans lequuleur magnétique. La découverte de ce mouvement est due à M. Morlet , et les recherches de M. Arago en ont depuis confirmé l'existence.
Si une aiguille aimantée, librement suspendue, et enrepos dans le méridien magnétique, est détO^rsée-ùe sa position d’un certain nombre de degrés, elle fait un certain nombre d’oscillations avant de revenir à son état de repos. L’intensité de la force magnétique se détermine d’après ces oscillations, de la même manière que l’intensité de la force de gravitation et des forces électriques se détermine d'après les vibrations du pendule et de la balance de torsion. L’intensité de ces diverses forces est proportionnelle au carré du nombre d’oscillations accomplies dans un temps donné. Conséquemment, la comparaison du nomèire de vibrations accomplies par la même aiguille, en diffèrens lieux delà surface de la terre, mais durant un espace de temps égal, détermine les variations qui ont lieu dans l’action magnétique. A l’aide de cette méthode , MM. de ifumboldt et Rossel ont -découvert que l’intensité de-la force magnétique augmente de l’équateur aux pôles , où probablement die