FIS DE LA TABLE
INTRODUCTION
La science, considérée comme le sentier qui conduit à la vérité, doit toujours fournir quelque occupation du plus haut intérêt et quelque sujet de méditation sublime. La contemplation des ouvrages de la création élève l’âme et la porte à l’admiration de tout ce qui est noble et grand; elle réalise le but de l’étude, qui, selon le langage élégant de sir James Mackintosh, « doit inspirer l’amour de la vérité, * »> de la sagesse, de la beauté, et particulièrement de la bonté,
» cette beauté, par excellence; et enfin, l’amour de cette in- •» telligence éternelle et suprême, qui est la source de toute « perfection. L’amour, c’est-à-dire la^contemplatiop ravis- •
» santé, et l’étude de ces objets sublimes, en ne s’y livrant
» même que pour le plaisir de s’y livrer, élèvent l’âme bien * \ c $ tr ** * , ^
» au-dessus des objets bas et méprisables, et la préparent
» a ces hautes destinées réservées à tous ceux qui se seront
i. voués à ces nobles recherches. »
Dans l’examen de la corrélation des sciences physiques ,
* ' l'astronomie nous offre l’exemple le plus étendu du lien qui ‘
les unit; elle embrasse à la fois la science des nombres et des
INTRODtJCTIOPf.
quantités, celle du repos et du mouvement. Elle nouafait voir l’action d’une force répandue dans tout ce qui existe, aussi bien dans le ciel que sur la terre, et qui, pé-
nétrant chaque atome, règle les mouveraens des êtres organiques et inorganiques, et se manifeste d’une manière
également sensible dans la chute d’une goutte de pluie et
* • ' * t Va #
dans la chute du Niagara, dans la pression de l’air et dan» , les mouvemens de Ta lune. La gravitation lie non seulement les satellites à leur planète , et les ptanètes au soleil, mai» .Jr
elle unit encore, dans toute l’étendiïe sans bornes de la
création, les soleils à 'd’autres soleils, et occasione toutes les perturbations qui existent dans la nature, en même^ temps qu’elle est cause de l’ordre qui y règne : . chaque mouvement qu’elle excite dans une planète étant transmis immédiatement jusqu'aux limites les plus reculées du système,
* ✓ 7 . * I ' lui • ’ ’ . ^
par des oscillations dont la durée correspond à la cause qui les produit, comme le» j^fE&hiques en musique; ou comme les vibrations qui proviettnênt des sons grave»
de 1 orgue. . V VvV--
Les cieux fournissent l’étude la plus sublime que puisse
offrir la science. La grandeur et la splendeur des objets,.
l’inconcevable rapidité de leur marche , les distances énormes qui les séparent, tout en eux imprime a l esprit 1 idée
la plus haute de la puissance infinie qui les maintient dans
leurs mouvemens, avec une durée dont tes bornes échappent à notre faiblê vue. Et la bonté de ce grand Etre ne se manifeste- t-elle pas aussi sensiblement que sa puissance; lorsqu'il donne à l’homme , non seulement les facultés nécessaires pour apprécier la magnificence de ses œuvres, mais celles encore dont il a besoin pour découvrir avec précision
Jl
INTRODUCTION. 3
I accomplissement de ses lois, pour faire servir le globe qu il habite à mesurer les grandeurs et les distances du soleil et des planètes , et faire enfin du diamètre 1 de l’orbite terrestre le premier degré d’une échelle qui puisse l’élever jusqu’aux étoiles? En même temps que de telles recherches ennoblissent l’esprit, elles inspirent une profonde humilité, en prouvant qu il est une barrière que nulle puissance intellectuelle ou physique ne pourra jamais dépasser. Quelque^ avant que nous puissions pénétrer dans les profondeurs de I espace, il restera toujours d’innombrables systèmes , lesquels, comparés à d’autres en apparence très vastes, feront paraître ces derniers à peine dignes d’attention, et même les rendront tout-à-fait invisibles : l’homme non seulement, mais le globe qu’il habite, et même tout le système dont ce globe forme une partie si petite, pourrait être anéanti, sans que son extinction fût seulement soupçonnée dans l’immensité de la création.
L’on est forcé de reconnaître que les plus hautes connaissances en mathématiques et en mécanique ’ sont indispensables soit a 1 intelligence complète de l’astronomie physique,soit pour apprécier l’extrême beauté des résultats ainsi que les moyens à 1 aide desquels ces résultats sont obtenus; mais il faut avouer aussi que le simple esprit d’analyse 3 qui suffit pour suivre la voie générale, pour apercevoir les rapports qui unissent les diverses parties du système, et comprendre les moyens qui ont conduit à la découverte de plusieurs théories remarquables, est accordé au plus grand nombre. Combien donc sont coupables ceux qui ,
■ Note i . — > Note 2. — 3 Note 3.
4 ' *, ' INTBODUCTIOÜT.
> rebutés pai iUs difficultés à peine au-dessus de celles que présente l’étude élémentaire de toute autre branche de la Icience, abandonnent la tâche qu’ils s’étaient imposée, ne considérant point l’énorme différence qui existe entre le degré de connaissances nécessaire à la science des découvertes, et celui qu’exige seulement l’intelligence des décou-
Certes des autres.
Toutes les connaissances que nous possédons des objets extérieurs sont fondées sur l’expériencé qui fournit les faits; la comparaison de ces faits établit des relations d’où l’induction , c’est-à-dire la croyance que des causes pareilles doivent produire des effets semblables , conduit à la détermination des lois générales. Ainsi, l’expérience nous apprend . que les corps tombent à la surface de la terre avec une vitesse accélérée, et avec une force proportionnelle à leurs masses. Par comparaison ou analogie, 'Newton a prouvé que la force qui occasionc la chute des corps à la surface de la terre, est identique à celle qui retient la lune dans son orbite; et l’induction l’a porté à conclure que, de même que la lune est maintenue dans son orbite par l’attraction de la terre, de même les planètes pourraient être retenues dans les leurs par l’attraction du soleil. C’est par de tels degrés qu’il fut conduit à la découverte de l’une de ces * puissances du créateur qui vojulut que la matière agit réciproquement sur la matière.
L’astronomie physique est la science qui compare et identifie les lois du mouvement observé sur la terre, aux mouveinens qui s’opèrent dans les cieux ; qui, par une ehaine non interrompue de déductions du grand principe régulateur de l’univers , détermine les révolutions et les ro-
t. .SS
INTRODUCTION
talions des planètes, et les oscillations1 des fluides répandus à leurs surfaces; qui calcule enfin les changemens que le système a subis jusqu’ici ‘ou ceux qu’il pourra éprouver par la suite des temps, changemens dont l’accomplissement exige des millions d’années.
Les efforts réunis des astronomes, qui dès l’aurore de
la civilisation se sont livrés à la science, ont été nécessaires pour établir la théorie mécanique de l’astronomie. Le cours des planètes a été observé pendant des siècles entiers avec , une persévérance qui étonne si l’on considère l’imperfection ' et même le manque d’instrumens des premiers observateurs. Les mouvemens réels de la terre ont été séparés des inouvemens appareils des planètes; les lois des révolutions planotaires ont été découvertes, et ces lois ont conduit' à la connaissance de la gravitation 1 de la matière. D’un autre côté, partant du principe de la gravitation, chaque mouvement du système solaire a été si complètement expliqué, qu’il ne reste plus aujourd’hui un seul phénomène astronomique, connu ou à connaître, dont les lois n’aient été déjà déterminées.
■ Note 4. — * Note 5.
*-*• Çs ■ ,