AMAS D’ÉTOILES
[ Sect. xixvi. ]
à des lois qui ne régissent qu’elle seule. Ce serait vainement, dit-il, qu’on essayerait de compter les étoiles qui composent un de ces amas globulaires, et, dans tous les cas, ce ne serait pas par centaines qu’il faudrait les compter, puisque, d'aprcs un calcul grossièrement fait, il parait que plusieurs de res groupes doivent contenir dix ou vingt mille étoiles, si rapprochées les unes des autres, et formant une masse si compacte dans l’espace circulaire qui les renferme, que la surface de cet espace n’excède pas la dixième partie de celui que recouvre sur le ciel le disque de la lune. Le centre de cet espace , où les étoiles semblent se projeter les unes sur les autres, offre l’apparence d’une flamme brillante, ou d’un foyer de lumière très éclatant *.
Si toutes ces étoiles sont autant de soleils, dont les distances respectives soient égales à celles qui séparent notre propre soleil de l’étoile fixe la plus proche, l’intervalle compris entre nous et le groupe, dont l’ensemble est à peine visible à l’œil nu, doit être si considérable, que l’existence de cet objet magnifique ne peut nous être révélée que par la lumière qui probablement s’en est dégagée il y a mille ans au moins. Ces amas sont quelquefois si irréguliers et si mal terminés dans leurs contours, que leur aspect ne présente à l’esprit d’autre idée que celle d’une plus grande richesse dans la portion du ciel qu’ils occupent, que dans d’autres. Ils contiennent moins d’étoiles que les amas globulaires, et quelquefois une étoile rutilante forme au milieu d’eux un objet remarquable. Sir William HerscWel les considérait comme des rudiuiens d’amas globulaires, dans du état moins avancé de condensation, mais tendant vers cette même forme globulaire par suite de leur attraction mutuelle.
Le ciel, lorsqu’il est serein, offre à la vue des multitudes
amas d’étoiles. [ Sect. XXXVI. J
de taches nébuleuses qui , selon toute apparence, sont des amas semblables à ceux qui viennent d’être décrits, mais leur distance à la terre est si considérable, que même avec le secours des télescopes les plus parfaits, on ne peut les décomposer en étoiles. Cette matière nébuleuse est répandue en abondance dans l’espace. Sir William Herschel a observé au moins a,ooo nébuleuses et amas d’étoiles, dont les places ont été calculées d’après ses observations, ramenées à une époque commune, et cataloguées dans l’ordre de leur ascension droite par sa sœur, miss Caroline Herschel , si justement célèbre par ses connaissances et ses découverte» astronomiques. Six ou sept cents nébuleuses, parmi lesquelles on remarque surtout les nuées de Magellan, ont déjà été déterminées dans l’hémisphère austral. La nature et la destination de cette matière, disséminée dans l’immensité des cieux sous tant de formes différentes, restent encore ensevelies dans l’obscurité la plus grande. L’hypothèse la plus généralement admise, est qu’elle consiste eu une substance matérielle, lumineuse par elle -même, phosphorescente, gazéiforme ou excessivement dilatée, mais se condensant graduellement par suite de l’attraction mutuelle de ses particules, et finissant ainsi par former des étoiles et des systèmes d’étoiles. Le seul moyen d’arriver à quelques connaissances réelles sur ce sujet mystérieux, est de déterminer la forme, la place et l’état actuel de chaque nébuleuse en particulier; la comparaison de ces observations aux observations futures montrera aux générations à venir les changemens qui sc seront opérés de nos jours dans cette matière, que nous considérons comine les rudimens de systèmes futurs. C’est dans cette vue que sir John Herschel entreprit en i8a5 la tâche pieuse et difficile de réviser les observations de son illustre père, — tâche qu’il termina peu de temps avant son départ pour le cap de Bonne-Espérance, où il s’est rendu dans l'espoü'