NÉBULEUSES
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de découvrir les mystères de l'hémisphère austral. Le firmament de notre hémisphère parait être entièrement exploré , et il n’v a par conséquent guère lieu d’espérer qu’on y fasse de nouvelles découvertes, jusqu’à ce que de nouveaux perfectionnemens apportés au télescope permettent aux astronomes de pénétrer plus avant dans l’immensité de l’espace. Dans un mémoire du plus haut intérêt, lu à la Société Royale de Londres, le ai novembre i833, sir John Herschel a donné les places de a,5oo nébuleuses et groupes d’étoiles; sur ce nombre, 5oo sont nouvelles. Il fait mention des autres avec une satisfaction toute particulière, comme ayant été déterminées de la manière la plus ■exacte par son père. Cet ouvrage est d’autant plus extraordinaire, que par suite du mauvais temps, des brouillards, du crépuscule et du clair de lune, les nébuleuses ne sont guère visibles, l'un dans l'autre, plus de trente nuits dans le cours d’une année.
Les nébuleuses ont une grande variété de formes; il en est une infini té qui sont tellement faibles que pour qu’on puisse les discerner il faut qu’elles aient été pendant quelque temps dans le champ du télescope, ou qu’elles soient sur le point d’en sortir. Un grand nombre d’entre elles présentent une vaste surface mal terminée, dans laquelle il est difficile d’assigner le centre de maximun de clarté. Quelques unes, semblables à des masses floconneuses, adhèrent à des étoiles; d'autres , enfin , présentent l’apparence merveilleuse d’un énorme anneau plat, vu très obliquement, dont l’espace vide qui forme le centre est de forme lenticulaire ‘. Un exemple très remarquable de nébuleuse annulaire nous est offert par celle située exactement au milieu de l’intervalle qui sépare (3 et y de la Lyre. Elle a la forme d’une ellipse dont les axes sont dans le rapport de 4 à 5 ; elle est terrai-
' Note ai5.
FORMES DES NEBULEUSES. [SeCt. XJCXVli}
née d’tme manière très prononcée, et i’ouverture intérieure occupe environ la moitié du diamètre. Cette ouverture n’est pas entièrement obscure ; on y remarque une
lumière terne et languissante, qui produit l’effet d’une gare légère tendue sur l’anneau ’. Deux de ces nébuleuses offrent un spectacle des plus singuliers: — l’une, qui peut en quelque sorte se comparer à un sablier composé de inatièTe brillante, est entourée d’une atmosphère légère et nébuleuse qui donne à son ensemble une forme ovale, ou l’apparence d'un sphéroïde aplati. Ce phénomène n’a de ressemblance avec aucuu objet connu *. D’autre consiste en un noyau brillant et arrondi, entouré à une distance considérable d’un anneau nébuleux dont In moitié de la circonférence se partage en deux lames inclinées de 45° l’une sur l’autre. La similitude très grande qui existe entre cette nébuleuse et la voie lactée lit penser à sir John Herschel que « c’était un système fraternel, ayant une ressem- » blancc physique réelle et une grande analogie de struc- » ture avec le nôtre 3, ». Il parait que les nébuleuses doubles sont assez nombreuses, et qu’elles manifestent toutes les variétés de distance, de position et d’éclat relatif que nous offrent les étoiles doubles. La rareté des nébuleuses simples, aussi grandes, aussi faibles et aussi peu condensées dans le centre qne le sont celles-ci, rend presqueimprobable l’bypothèse que deux corps de cette nature se trouvent par hasard assez voisins pour se toucher, et souvent même pour empiéter l’un sur l’autre comme ils font. Il est beaucoup plus probable qu’ils constituent des systèmes; ce qui, démontré comme une vérité, fournirait à nos descendans un sujet d’intéressantes recherches , avant pour but de découvrir s’ils ont un mouvement orbicuiaire.
L*s nébuleuses stellaires forment une autre classe. Sftcs
• Note ai6. — » Note *17. — » Note a 18.
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[SeCt. XXXVI.] NBBDL. STELLAIRES BT PLANÉTAIRES. 447
ont une figure ovale ou ronde, et leur densité augmente
en allant vers le centre. Quelquefois la matière est si rapidement condensée que cela donne à ces objets l’apparence d’une étoile terne, dont la lumière ne peut mieux se comparer qu'à la flamme d’une chandelle vue à travers une plaque de corne. Il arrive parfois que la matière centrale est si fortement et si subitement condensée, si vive et si parfaitement tranchée , que la nébuleuse pourrait être prise pour une étoile brillante entourée d’une atmosphère très rare. Telles sont les étoiles nébuleuses. L’on suppose que la lumière zodiacale, c’est-à-dire cette atmosphère solaire, de forme lenticulaire qui s’étend au-delà des orbites de Mercure et de Véuus, et se montre vers les moisd’avril et de mai aussitôt après le coucher du soleil, est l’effet d’une condensation du milieu élhéré, résultant de la force attractive du soleil, qui semble ainsi pouvoir être range au nombre des nébuleuses stellaires. Les nébuleuses stellaires et les étoiles nébuleuses varient à l’infini dans leurs degrés d’excentricité. Assez souvent elles présentent la forme d’un fuseau étroit et fort allongé, au centre duquel on aperçoit un noyau brillant Des diverses classes dont sir John Hcrschel ait fait mention, la dernière comprend les nébuleuses planétaires. Ces corps ont exactement l’apparence de planètes; leurs disques ronds ou ovales sont quelquefois terminés nettement, tandis que d’autres fois ils sont ternes et mal finis. La surface, de couleur bleue ou blanc-bleuâtre, est égale ou légèrement nuancée , et leur lumière rivalise parfois avec celle des planètes. Les petites étoiles dont elles sont généralement accompagnées rappellent à la pensée les satellites des planètes. Ces nébuleuses sont d’une grandeur énorme. L’une d’entre elles, située près de v du Verseau, a un diamètre sensible d’euviron 20"; une autre
> Jt»t« 119.
448 CONSTITUTION DES NÉBULEUSES. [SeCt. XXXVI.]
présente un diamètre de 12". Sir John Herschel a calculé que si ces objets sont aussi loin de nous que les étoiles, leur grandeur réelle doit égaler au moins l’orbite d’Uraîius; et de ce qu’une portion circulaire du disque solaire qui soutendrait un angle de 20 ", donnerait une lumière égale à celle de cent pleines lunes, tandis que les objets en question sont tout au plus visibles à l’œil nu , il a conclu que si ce sont des corps solides de la nature du soleil , leur lumière intrinsèque doit être de beaucoup inférieure à celle de cet astre. L’uniformité des disques des nébuleuses planétaires, et leur défaut de condensation apparente, ont fait supposer à sir Jobn Ilerschel que ces objets pouvaient être des sphères creuses dont les surfaces seules émettent de la lumière.
Les divers degrés d’excentricité qui, depuis la forme lenticulaire la plus allongée, jusqu’à celle du cercle le plus parfait, se font remarquer dans les nébuleuses, ainsi queles diverses nuances qui , à partir de la plus légère augmentation de densité jusqu’à l’apparence d’un noyau solide, caractérisent leurcondensation centrale, peuvent s’expliquer en supposant qu’en général la constitution de ces nébuleuses est identique à celle de masses sphéroïdales aplaties plus ou moins (les limites de cet aplatissement s’étendant depuis la forme sphérique jusqu’à celle du disque), et varie à l’infini en densité et en excentricité. Toutefois, on serait dans l’erreur si l’on s’imaginait que ces systèmes sont maintenus dans leurs formes par des forces identiques à celles dont nous avons déjà parlé, et qui déterminent la forme d’une masse fluide en rotation; car, si les nébuleuses n’étaient rien autre chose que des amas d’étoiles séparées, ainsi qu’on a tout lieu de le croire pour la plupart, aucune pression ne pourrait se propager parmi elles. Ainsi donc, puisqu’on ne peut admettre l’hypothèse de la rotation d'un tel système, considéré comme une seule masse ,
fSeCt. XXXVI. ] DISTRIBUTION DES XÉBULEGSES. 449
on peut se le représenter en repos, et comprenant dans ses limites une multitude infinie d’étoiles dont chacune peut décrire une orbite autour du centre commun du système, en vertu d’une loi de gravitation intérieure, résultant de la gravitation composée de toutes ses parties. Sir John Herschel a prouvé que, sous certaines conditions, l’existence d’un tel système n’est point incompatible avec la loi de la gravitation.
La distribution des nébuleuses est encore plus irrégulière que celle des étoiles. Il y a dans le ciel certaines places où elles sont tellement serrées les unes contre les autres, que l’une, à peine, a le temps de traverser le champ du télescope avant qu’une autre ne paraisse. Dans d’autres places, au contraire, souvent il s’écoule des heures entières sans qu’on en voie une seule. L’on ne peut, en général, apercevoir ces corps qu’à l’aide des meilleurs télescopes, et la direction générale de la zone où ils abondent le plus s’écarte peu de la direction des cercles horaires oh et iab. Celte zone traverse la voie lactée presque perpendiculairement. Les points où elle traverse les constellations de la Vierge, de la Chevelure de Bérénice et de la Grande Ourse, renferment des multitudes de nébuleuses.
Telle est l’analyse succincte des découvertes consignées dans le mémoire de sir John Herschel, qui, sous le rapport de la hauteur des vues et de la patience nécessaire à de telles recherches, n’a jamais été surpassé. C’est à lui et à sir William Herschel que sont dues presque toutes les cnnnaissances que nous possédons à l’égard de l’astronomie sidérale. Cette partie nouvelle de la science a été traitée dans les ouvrages inimitables de ces deux grands génies d’une manière à la fois digne d’eux et de la grandeur du sujet. < i.JT0'O
Les objets* que le ciel présente à notre vue sont tellement nombreux, que nous pouvons à peine concevoir un