‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 98 sur 112 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

[Sect. xxxvii.J

leurs variations périodiques et séculaires sont attribuées à la loi de la gravitation. Les traces d'antiquité extrême qui sans cesse se manifestent au géologue, fournissent cette donnée sur l’origine des choses, en vain cherchée dans le« autres parties de l’univers. Elles marquent le commencement du temps par rapport à notre système; puisque tout porte à croire que la formation de la terre a eu lieu en même temps que celle des autres planètes; mais elles prouvent que la création est l’ouvrage de celui pour qui « mille » années sont comme un jour, et un jour comme mille » années. »

Il a fallu dans cet ouvrage se résigner à passer sous silence une infinité de sujets et de faits liés entre eux, soit d’une manière évidente, soit d’une manière occulte, et se borner à en choisir quelques uns des plus saillans parmi le grand nombre de ceux qui forment le vaste cercle des sciences , lesquelles , semblables aux nombreux anneaux d’une chaîne , paraissent se tenir toutes de proche en proche. La description d’une seule branche de la science , suivie st travers toutes ses ramifications, remplirait uu volume entier. L’auteur , cependant , espère en avoir dit assez pour montrer jusqu’où pourra conduire un jour l’examen attentif de l’influence réciproque qui s’exerce entre les diversesparties de la science, lors même que cet examen n’embrasserait qu’un petit nombre des sujets passés en revue dans ce livre. La théorie de la dynamique, fondée sur les. phénomènes terrestres , est indispensable pour acquérir quelques connaissances sur les révolutions des corps célestes, et sur leurs influences réciproques. Les mouvemens des satellites sont affectés par les formes de leurs planètesrespectives , et les figures des planètes elles-mêmes sont subordonnées à leurs mouvemens de rotation. La symétrie de leur structure intérieure prouve la stabilité de ces mouvemens de rotation, et l’immuabilité de la longueur du jour.

[Sect. XXYVII.] GO.NCLUSIOiV. *

qbi fournit un étalon invariable pour mesurer le temps • k- volume du sphéroïde terrestre donne les moyens de déterminer les dimensions du système solaire, et sert do base invariable à un système de poids et mesures. L'attraction mutuelle des corps célestes dérange l’équilibre des * fluides placés à leurs surfaces, — de la résultent la théorie des marées et les oscillations de l’atmosphère. La densité et J élasticité de l’air, qui varient avec les change-* mens de température, conduisent à l’examen des change-, Dlel¥ barométriques, à l’aide desquels on est parvenu à déterminer la mesure des hauteurs. Ces deux propriété^ de l’air conduisent également à l’étude des phénomènes capillaires. La théorie du son, qui comprend celle de la musique, doit être attribuée aux petites ondulations du milieu aérien; et c’est la connaissance de l’action de 1* matière sur la lumière qui nous met à meme de suivre h-avers l’atmosphère les ravqns infléchis de cet agent subtil et de déterminer, soit dans le ciel , soit sur la terre, lea, vraies places des objets éloignés. La même connaissance' nous apprend à juger la nature et les propriétés derayon solaire, son mode de propagation à travers le fluide étliéré ou dans l'intérieur des corps matériels, et nous révèle lkingine des couleurs. Les éclipses ii«i| satellites de Jupiler ont servi à déterminer la vitesse de la lumière, et cette vitesse fournit, dans l’aberration des étoiles fixes, la seule preuve directe du mouvement réel de la terre. Les effets des rayons invisibles de la lumière sont liés immédiatement à l’action chimique; et la chaleur , qui forme une partie du rayon solaire si essentielle à l’existence des êtres animés et inanimés, est un agent trop important dans l’économie de la création, soit qu’on la considère comme de la lumière invisible, ou comme un principe distinct, pour ne pas occuper un des premiers rangs dans la connexion des sciences physiques. Sa distribution à l’intérieur et sur la

ao

* 'tJitjitiz

(x»clusion. [Sect-xxxTn.]

surface du globe, l'action quelle exerce sur les convulsions géologiques de notre planète, son ùi fluence sur l’atmosphère «t le climat , et ses effets sur la vie animale et végétale, qui « manifestent partout où rendent des etres organisés , c’est-à-dire dans la terre, dans les eaux et dan. ïair sont autant de sujets dont l’étude présente le plus haut intérêt. Les rapports de la chaleur avec les phenofficnes électriques, et l’électricité de l’atmosphère, accompagnée de tous ses effets énergiques , son identité avec le magnétisme et les phénomènes de polarité terrestre, ne peuvent être compris qu’à l’aide de la théorie de ces agens Lisibles, et sont probablement les causes principales de» affinités chimiques. De nombreux exemples pourraient cités à- l’appui des rapports immédiats qui existent eBlre les sciences physkp.es, dont la plupart sont un.es pi,* étroitement encore par le lien commun de! analyse, Li, étendant de jour en jour son empire, finira par embrasser dans ses formules presque tous les sujets de la nature.- •

! Ces formules, emblèmes de la Toute-Pu.ssance, renferment dans un pctit nombre d’expressions les lois immuables de l’univers. Cet instrument puissant du geme de l’homme tire lui-même son origine de la constitution primitive de • l’ intelligence humaine , et repose sur un petit nombre ■d’axiomesrfbndamentaux, qui de toute éternité ont

existé en celui qui les imprima dans le coeur de 1 homme an moment où il le créa à sa propre image.

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Digiflz^d Si Qflrigfe-'

» ' t»s*M뻫s

Quand Je rayon solaire passe de-l’air 'dans le prisme) sa vitesse se trouve diminuée; iet 'Comme sa réfraction, et par suite sa dispersion, dépendent uniquement <Ie la diminution de vitesse de la propagation de ses ondes, elles doivent être les mêmes pour des ondes d» toutes longueurs, à moins cependant qu’il n’existe un certain ‘rapport •entre la longueur^ une onde, et la vitesse avec 'laquelle elle se propage.' Or, ce rapport entre la longueur d’une ondulation d’une ceule*ur queIcoM|ut>, é( sa vitesse ou sa réfrangibilité dans UU milieu donné, le professeur Pctvell l’a déduit dès tocherches de M. Cauchy sur les propriétés de -la lumière dans un cas particulier du système ondulatoire. Il n’y aura dt>nc plus qu’à comparer la néfrangibiliféides divers rayons colorés calculée d’après ce rapport pour un milieu donné quelconque, avec leur réfrangibilité déterminée par l’observation directe pour ce même milieu, pour être à mémo • - » 9 . #

(*) L’eapli cation de la dispersion de la lumière, d’après la tliéorl# des ondes ,donaée récemment par le professeur Powéll , d’Oxford* a obligé l'auteur de remplacer, dans la troisième édition de cet ou-, vragej publiée an momeut où cette traduction allait l'être elle-même , U fin'du chapitre ixm de la seconde édition, par le paragraphe cW dessus. 1 ; . (.Vote Ju tratUicttur.)

4(iO

SUPPLÉMENT

de juger si la dispersion de la lumière doit prendre rang parmi les phénomènes soumis aux lois de celle théorie. Mais pour arriveràce résultat, ilcstévidentque la longueur des ondestdoil être déterminée indépendamment de la réfraction ; é’est.ce qu’une découverte extrêmement remarquable de M. FrainÜofer me l â îatrna cia fa à'éi

En faisant passer un rayon solaire par l’objectif d’un télescope recouvert de fils métalliques très fins et disposés parallèlement, ce physicien obtint, par l’interférence de la lumière seule, un spectre coloré parfaitement pur et compfet, avec toutes ses lignes sombres et brillantes. Dans ce spectrè, à la formation duquel la réfraction prismatique ne contribue’ en rien, les positions des rayons colorés dépendent uniquement de la longueur cle leurs ondes. RL FraünHofër a découvert dn dutre que les intprvalles qui les séparent sont exactement proportionnas àux différences de ces longueurs. Il mesura en sept points ûjes, déterminés par sept des ligne? •principales^ tant obscurles que brillantes, les Ipnguéurs des oVides des diverses çofcdeurs. Lc professeur ïtowéll, se servait ensuite de èes mesures pour.fair® les calculs nécessaires, a trouvé quelathéorie èt l’observation s’accordaient parfaitement pour. dix substances, dont la réfrahgibifi'té avait plé préalablement déterminée par les mesures directes dé M. Fraunlioferlj pliis tard, jl a trouvé le même résultat pour dix autres substances dont |a ré'fifangiL bilité a été plus récemipent ^(ablie par ^I. Rudbdrg. Ainbrp la dispersion de la lumière a lieu suivant les lois dé la théorie ondulatoire pour sept rayons* daps vingt suhstan-ces différentes, tant solides que lluides; et comme il est pins que prohablè -que dans. Cous lés autres! cotfps la pérsiofa se trouvera soumise à la tnéme loi , il s’ensuit qufr la théoriç ondulatoire de la léntièrc petit être açtueilenïcritf considérée comme étant établie d’une manière complote. Il ne( saurait toutefois y avoir de rapport. entre* la vitesse

SUgWtitfENtt,

tte la Uitnrère H ta longuent de seê'omhifatîûns, s’il n’f avait aussi un rapport1 sensible entre les intervalles qui sè-à parlent les molécules érljrantes'dé l’éther'et la longueur il’urd -ondulation. La coïncidence desréfraCtiorrs1 obtenues k l’aide dtt calcul et Se «‘Iles que l’obseCvatiOn fait courait treÿmfliqiie qtie ' cette condition est 'remplie dans les mP lifeux-'féfringltntS; mais'raberrâtion dés étoiles fixés’ pt'ouvé qu’elle cesse1 de l*ètre rfarfi les' régions éthérées , oüt les vP tissés des'?a»Æns dé totales Wmleurs sont les 'mêmes. "• J * .aaàrilIqMk'j mou 4ilt‘Vne;)s^i*l orivnoa

h1jiJOI| • ! i > ;fj I -J •>! '.mp cnl'll

afisiîb uorii.ï K> >y rii ^imenin?

a* S/llO'il \ ei<TlMt*M .1 ,-mi! v M»y <| insl »b

. ADDITION a LA SECTJfON, XNIV (*).

i Les rayons catorSiques, soit qu’ils proviennent du. soleil, de la flamme, ou de toute. .autéei source terrestre, lump neuseonnort lumineuse,;Sont, cmis spotijanément.a trâverB les substances solides et liquides, c’est-à-dire. qu’il n’y a point de différence appréciable dans le temps qu’ils mettent à traverser dçs couches de nature et d'épaisseur différentes.

. *,H en est de mépie encore, que le milieu qu’ils traversent soit agité Ou en:repds; et jusque là il y a analogie parfaite entre, la lumière et la ÿiaiear.ÏLe calorique rayonnant ; ainsi que nous avons eu Occasion de le, dire déjà , passe à travers les substances galeuses avec autant de facilité que la lumière; mais il n’en est pas de même à l’égard des, corps

éhovr.ï e»l Jiioiâ'iriîJn» 4>luwj,i5ii»i .Populo ns ôllml iiiiem

Les découvertes deiMLMeUoni'sur la transmission spontanée

de la chaleur rayonnante, ainsi que ses expériences, et celles du professeur Forbcsi d'Édinburgh, sur la polarisation <^e cette même espèce de clialeur , publiées depuis que la secondcédition de ce livre a pàén. ottt également nécessité dans la trbisiétfra édition quelque» addition» que nous nous empressons de reproduire ici. y u "d

.'II, ‘il Cll*> il) r'iln "il I il» r i il ^jlilIlMI j ' ( ! > i I

■162 ' . a SUPPLÉMENT. •

solides et liquides ; le,nB«me:cottps donnant souvent passage à la lumière, tandis qu’ilintercepte entièrement I* chaleur.

H’.est, a^ïjüi que, des lames d’aJun etd’a^ide. citrique, très tninces et fvufâifemeut diaphanes, laissent passer tons les. rayons himineux érnjs par. une lampe d’Atgand, et inter- * cepteat les hu*txu*<u€uf dixièmes de la chaleur qui aecom- *i pagne ces rayons; tandis qU’un morceau de - cristal de roplie.ly.nn laisse passes; librement la chaleur rayptmaute, et arrête presque toute la lumière. M. ATltflohi a établi commue loi générale pour, les snljstanees non cristallisées, ‘ • •

te'des que le vejre et les liquides, queaenr capacité pout^Ia transmission spontanée de la chaleur est en raison directe * de leur puissance réfringente. Cotte loi, toutefois, se trouve entièrement en défaut quand il s'agit de corps d’une stauc- « ture cristalline. Le carbonate de plomb, par exen/ple, qui estdnc»k>re^ cl qui'pdssude une piissince réfringente considérable par rapport à' la Jmuièr^, Ijûese passer moins de chaleur rayonnante que le spath d’Islande ou que lé cristal 'de -roche , qui lui sont bien inférieurs dans l’ordre de réfrangibilité; tandis que le sel gemme; qui-a la même diaphanéité et le mémo pouvoir réfçjpgerit que l’alun et . •

l’acide citriq'iie, transmet six ou huit fois autant de . ' calorique. Cette différence remavqnable'dans le pouvoir transmissif des substances dont Tapparenoeost ia même; est attribuée pai'iMi Mclloni à leur forme cristalline, et .

non à la composition chimique de leurs molécules, ainsi « .• que les expériences suivantes le prouvent. Lin bloc de sel marin taillé en plaques, intercepte entièrement les rayons calorifiques; cependant , dissous dans l’eau, il augmente le pouvoir transmîssif de ce litpiidc r il y h phis, cette angtncutation du pouvoir transmîssif de. l’eau esta peu prèi la même, soit qu’ony fasse dissoudre du sel ou de, l’alun, bien que ces deux substances, quand elles sont à l’état ,solide, transmettent des quantité^ très différentes de chaleur.

Dkjttizeçi t

SUPPLEMENT

Malgré l’influence de la cristallisation sur le pouvoir transmissif des corps, l’on, n’a encore découvert aucune relation entre ce pouvoir et leur forme cristalline.

La transmission -de la chaleur rayonnante est analogue à celle de la lumière à traversâtes milieux colorés. Quand la lumière Manche ordinaire, qui consiste en rayons Meus, jaunes et rouges , passe à travers un liquide rouge, presque tous les ratyons hteus et, jaunes , et même quelques uns des rouges, sont interceptés par la première .couche du liquide^' te seconde couche eu intercepte moins; ht troisième moins encore, .et ainsi de suite , jusqu’à ce qu’en fin la perte devienne très petite et invariable , et que les rayons qui colorent en rouge le liqnictesoiént tes seuls qui passent. De même, lorsque des plaques d'épaisseur égale etd’une substance cfuelconqne, telle que le1 verre, par exemple, sont exposées à une lampe d’Argand, la première de ces plaques arrête une portion considérable de la chaleur rayonnante, la seconde en1 arrête ttn peu moins, la troisième moins encore, et ainsi de suite jusqu’à ce que la quantité de chaleur perdue devienne uhe quantité constante. La transmission de la chaleur rayonnante » travers une ma&e solide suit la même loi. Les pertes sont très considérables à l’entrée , mais elles diminuent rapidement h mesure que la chaleur pénètre plus avaitt, et à une eet-tateié1 profondeur, elles deviennent tonstantes. La seule drfférertce qui existe entre la transmission de la chaleur ntVonnan te k travers une màsiè Solide , et à travers des fragtnehs’dc eètfe même massé, taillée en plaques d'égale épaisseur, est due a la petite quantité de chaleur réfléchie à la surfoee des plaques. Il est doue évident que la ehaleVir perdue graduellement n'est pas inlereeptée à la surface, mai» absorbée dans l’intérieur de la substance, et que la chaleur qui a' traversé une couèfiéf d’air, éprouve une absorption moindre dam chacune dès

464 '♦ SCPPLÉilKST.

Conciles suivantes, et peut-, en couséquénec, se propager à ujïe distance plus grande, avant d être détiuite.

M. Melloni a prouvé que la chaleur qui émane du so leil ou d’une llainnie brillante, consiste, en rayons aüssi différons les uns des autres quel»; sont entre eux les layons rouges, jaunes et bleus, qui constituent la lumière blanche. Cette circonstance sert parfaitement à expliquer Jps pelles de chaleur que les rayons calorifiques subissent à mesure qu’ils pénètrent plus avant dans une masse solide, ou lors-* qu’ils traversent une suite de plaques,; car, parmi les d i— verses sortes de rdyons émis par une flamme brillante, tous se trouvent successivement éteints par la nature absoi hante de la substance qu’ils ont à traverser, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les rayons homogènes, doués du pouvoir de traverser cette substance avec la plus grande facilité possible, de même qu’un liquide de couleur rouge éteint les rayons bleus et jaunes , et laisse passer les rayons 1 ougess M. Melloni a employé quatre sources de chaleur, demi lumineuses et deux obscures, savoir : une lampe à huile sans verre, du platine incandescent , du cuivre échauffé à 69G0 de Fahrenheit {+ 368?, 9 centigrades), et un vasb de même métal rempli d’eau a la température de i 7® T *- Fahrenheit (+ 8i°,ï centigrades ,. Il a trouvé que le sel gemme transmet la chaleur provenant de chacune de 1 es quatre sources, dans le rapport de 92 rayons sur 1 00 ; mais que toutes les autres substances perméables à la chaleur rayonnante, soit solides , soit liquides, transmettent une quantité de calorique d’autant plus grande que les rayons émis proviennent d’une source dont la température est plub

haute. Ainsi, par exemple, sur 100 rayons, le fluaté de çhaux limpide et incolore en transmet 78, quand ces rayons proviennent de la lampe; 69, quand ils proviennent du platine; 42, quand ils sont émis par le cuivre, et 33, quand

SUPPLÉMENT-

ils sont envoyés par l’eau chaude; tandis que le cristal de roche transparent transmet 38 rayons sur too quand ils viennent de la lampe, 28 quand ils viennent du platine j . * 6 quapd ils émanent du cuivre, eLg quand ils proviennent de l’eau chaude. Sur ioo rayons envoyés par la lampe J la glace (eau gelée) pure n’en transmet que 6, et arrête! entièrement qeux qui émanent des trois autres sources.) Sur 3g substances diverses soumises aux expériences do M. Mclloni , 34 se sont trouvées perméables aux rayOns calorifiques de l’eau chaude, 14, à ceux du cuivre chaud, et 4 à ceux du platine. , ; «}

La chaleur provenant de ces quatre sources peut dono être considérée comme n’étant point d’une seule et mêfoe espèce : cette différence dans la nature des rayons calorifiques est encore prouvée par une autre expérience que l’on comprendra facilement par analogie avec ce qui se passe pour la lumière. La lumière rouge, émanant d’un verre rouge, passe en grande abondance à travers un autée fragment de verre rouge, taudis quelle est absorbée par le verre vert: de même, les rayons verts traversent un milieu vert avec une facilité bieu plus grande qu’ils ne traverseraient un milieu de toute autre couleur. Il en est ainsi , du reste, non seulement pour toutes, les couleurs, mais aussi pour la chaleur. Des rayons calorifiques d'une intensité égale sont , après leur passage à travers des sub-î stances différentes, transmis en quantités différentes parle même fragment d’alun , et quelquefois même arrêtés tout» à-fait; ce qui prouve qtie les rayons qui émanent de substances différentes possèdent des propriétés différentes! Une flamme brillante émet des rayons calorifiques de toates espèces, de même qu’elle envoie des rayons lumineux do toutes couleurs; et, ainsi que les milieux colorés laissent passer quelques uos des rayons colorés et absorbent les autres, de même, les corps transmettent quelques uns dés

SUPPLÉMENT

rayons calorifiques et interceptent lies autres. Le sel ^emme seul transmet toutes les diverses espèces de chaleur, celle même émise par la main, desertè qu'on peut' le comparer au* milieux transparens incolores qni transmettent la lumière blanche, c’est-à dire la rétinien de toutes les coulenrs. L’indice de réfraction d'un prisme de sel gemme, déterminé expérimentalement , est à peu près le même pour la lumière et pour 1* chaleur.

La chaleur qui a traversé Un verre vert pu noir opaqüe, devient incapable' de traverser l’alun, tandis qu’au contraire il le traverse très aisément quand il a traversé toute autré espèce tle verre coloré.

En renversant rexpériettce; et fcn exposant différentes substances à des rayons' calorifiques ayant préalablement traversé l’alun, Mi Mèlkmr'a'tttnHé'quc la chalcür émise par l’alun est presque eniièrementàbsorbée par lés sUbstànoes opaques, tandis qu’au contraire elle est trahsniiset abondamment par tous les corps transparens ét Incolores, et que la perte qu'elle éprouve est inappréciable quand l’épaisseur de la plaque varie eritre certaines limites. Les propriétés de la chaleur émise par Vallin sont dortc, à très peu près, analogues à célleS de la hjmicre et de la chaleur solaires. s d.>l ; ;

En traversant des milieux tic natures diverses, la chaleur rayonnante devient non seulement plus ou moins capable d’être transmise une seconde fois; mais, d’après les expériences' dit professée r Pbwell, elle deviéttt ’èfi Oiitrè plus ou ir.oinssuscéptlble d’être absorbée en quantités différentes par des surfaces nbires ou blanches.

M. Melloni a démontré qué là1 chaleur' Solaire éoritîènt certains rayons snsceptibîes d’êtèe affectés par diverses substances , de la même mamêfe qfOè sf èetté1 chaleur provenait d’nne source terrestre; et de là il conclut que la différence observée dans la transmission dé la chaleur ter-

STPPtÆMVNr.

' ' «rpPL^WPNT. 48T

restre et de la chaleur solaire est duc à ce que lachalfetlr solaire renferme toutes les espèces de rayons calorifiques, tandis qu’il' en manque toujours un eertaitl nombre datis iès autres sources de chaleur.

'Dans toutes ses expériences' sur la transmission Spontanée du calorique rayonnant, M. MeUonl a fhit aine application très élégante de' la découverte due à1 Ml SecbebW dtt fluide thcmio-élèctrique, en employant' à la déterminsitîon de quantités de chaleur extrêmement Faibles un thermomultiplicateur. Cet appareil que, de concert avet M. No- Bili, il construisit à cetefïet; consiste en un certàin nombre dè barreaux alternans,ôu plutôt de fils' très fîns'de bismuth et d’antimoine, placés lès uns à Coté des autres, ét soudés alternativement ensemble par leurs extrémités. Quand on applique de la chaleur à l’iinc des'extrémit^s dé cet appareil, l’autre restant à Sa température naturelle, il se développe dans éhaque couple de barreaux des courans électriques, qui sont transmis par dés fils conducteurs à un galvanomètre délicat, dontTaiguille, en indiquant l’intensité de l'électricité qui a été transmise, fait connaître celle de la chaleur développée. Cet instrument est si délï-icat qu’il a pu servir à détermine^ la chaleur comparative dé divers insectes.

Vrers le commencement de ce siècle, et peu de temps après la découverte de la polarisation de la lumière, par MàTùs , ce physicien prouva, conjointement avec M.f Béy rard, que la chaleur qui accompagné la lumière solaire est Susceptible aussi d’être polarisée; mais les efforts réunis de ees deux savans pour obtenir le même résultat à l'égard <ïe fa chaleur provenant de sources terrestres restèrent sans effet, surtout lorsque ces sources étaient non lumineusfes. M. Bérard, cependant, se flattait) d’avoir réussi, mais ses expériences, répétées par Mr. Lloyd et par le professeur Pôwèlline produisirent aucun résultat satisfaisant. M. Met-

SliPPLlilIEiVE.

loni, en se livrant- dernièrement à de nouvelles recherche)» sur çe sujet, a tenté d’effectuer In polarisation de la chaleur parles tourmalines, ainsi que celle de la lumière avait été précédemment obtenue. Il a déjà été démontré comment deux plnques de tourmaline, taillées parallèleipept à l’axe du cristal, transmettent une portion considérable^ la lumière incidente, lorsque leurs axes sont parallèles^ et comment, au contraire, elle l’interceptent presque entièrement lorque ces mêmes axes sont perpendiculaires l’un à l’autre. Si la chaleur rayonnante était susceptible de polarisation, la quantité transmise par les plaques detomy maline, dans la position parallèle, devrait excéder de beaucoup celle à laquelle elles donnent passage dans la position rectangulaire; cependant, M. Mclloni a trouvé qup la quantité de chaleur était la même dans les deux cas, cf. il en a conclu que la chaleur provenant d'une source ter^restre n’est pas susceptible de polarisation. Le professeur Forbes, d’Edinburgh, qui récemment s’est livré avec autant de sagacité que de succès à ces mêmes recherches, a trouvé pour le premier exemple le même résultat; mais les plaques de tourmaline s’étant échauffées par suite de lou^ voisinage très rapproché de la lampe, il arriva que leur rayonnement secondaire rendit imperceptible la très petite différence de chaleur transmise dans les deux position» de la tourmaline. M. Melloni était arrivé à la même conclusion; néanmoins Mr. Forbes réussit à prouver,par de nombreuses observations, que la chaleur provenant de sources diverses était polarisée par la tourmaline; mais que pay suite du rayonnement secondaire, l’effet produit par des sources non lumineuses était très faible et presque imperceptible. Bien que lalptnière soit presque entièrement interceptée dans l'une des positions des tourmaline -s, et transmise dans l’autre, il n’en est pas moins vrai que dans toute,? les positions possibles, ces lames donnent passage à ùn^

SUPPLÉMENT. 4()4

tfès grande quantité de chaleur rayonnante. Ainsi , par exemple, dans le, ca9 où la lumière est totalement intercepJ t*ç, les tourmalines transmettent U» chaleur provenant d’une lpmpe d’ Argand , dans la proportion de 84 pour 100. La tblffrence de quantité de la chaleur transmise est le seul signe de sa polarisation. .Lorsque la seconde lame de tourmaline est perpendiculaire à la première; elle intercepte toute la lpmièro, mais elle donne passage à une grande quantité de chaleur; l'alun, au contraire, arrête presque tpute la chaleur, et transmet la lumière; d’où on peut conduire que la chaleur, quoique participant intimement de ia nature de la lumière, et raccompagnant dans do certaines, circdnétances, comme dans la réflexion et la réfraction , est susceptible d’en être presque entièrement séparée dans d'autres. u-»i cJqwi-jJni iijp es'miiltmon

-cLe professeur Forbes employa ensuite deux piles composées de feuilles de mica, placées à l’angle de polarisation, et 1 taillées Ile! telle sorte que le plan d’incidence de. la chaleur,correspondit avec l’un des axes optiques du mica. LA (lia leur transmise par cet appareil était polarisée, lors, même que la température de la source d’où elle provenait ne fût que de aoo°. La chaleur était aussi polarisée par ré*! flexion; mais, dans ce cas, les expériences, quoique réussissant parfaitement, sont plus difficiles à conduire. - [ 0 La chaleur së polarisant de la même manière que la lumière, il est toujt naturel de s’attendre à ce que la chaleur polarisée transmise rpàr des substances doublement rérrin— génies doive së séparer en deux faisceaux, polarisés dans, des’ plans perpendiculaires l’un à l’autre j ët 'que, lorsque, ces deux faisceaux sbnt redus sur une plaque d’analyse, ils, doivent interférer et .produire des phénomènes invisibles parfaitement analogues à ceux qui, relativement à la lumière, ont été décrits dans le chapitre xxii.

11 a été démontré dans le même chapitre, que lorsque la

SBPPrôttBNT.

lumière polarisée ipar réflexion d’un plan de verre à glace,, est vue à travers .une lame de tourmaline, dont la section longitudinale est verticale, on aperçoit sur le verre un nuage obscur, dont le centre est parfaitement sombre. Quand, toutefois, l’on 'vient à interposer entre la tourmaline et le verre une feuillè.de mica d’une épaisseur uniforme dan» toute son étendue, le point sombre dieparait, et, à sa place,, se présentent successivement les couleurs les plus éclatantes; de pins, comme le mica accomplit un mouvement de rotation dans Un plan pcrpendiculaireau rayon polarisé, la lumière iest inierueptée lorsque le plan qui contient 1er axes optiques du mica est parallèle ou perpendiculaire au plan de polarisation* Si au lieu de lumière c’est la chaleur obscure qu’on soumet à cette* expérience, les mémos circonstances qui interceptaient et donnaient passage parismica aux rayons lumineux -polarisés, interceptent et transmettent également les rayons calorifiques. Tel est le résultat que Mr. >F orbes a obtenmen opérant, soit sUrde la chaleur luminousc, soit sur de la chaleur olwourc. Le même professeur, étant parvenu aussi à produire la polarisation eir-1 culaire et elliptique de la chaleur, il s'ensuit que si la chaleur était visible, on verrait, àparité’dc circonstances, des figures parfaitement semblables à celles représentées dans les notes ao2>et suivantes; ces figures-étant dues à l’interférence des ondes lumineuses, il y a tout lieu de croire que la: chaleur est, ainsi qne la lumière, propagée par îles ondulations du milieu éthéré, lesquelles interfèrent sons de certaincs conditions, et produisent des figures analogues à celles de la lumière. 11 paraîtrait aussi, d’après les > expériences de Mr. Forbes, que les ondes calorifiques sont plus longues que les ondes lumineuses. >

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eoilrè contact «1^ àla produc-

tionde l’-éleotrioité voltaïque, qtriesrdue entièrement 'à ra**K«i idiimkfne. L’îotensitéde l’électricité voltaïque est proportionnelle à l'intensité dès affinités qdi concourent à a* production, et 4a 1 quantité produite est proportionnwMe à la quantité de matière qui, durant son développemeat, a exercé une actron chhnrque Le docteur Faraday regarde cette production définie comme l’une des plus fortes preuves qtfon puisse dontaer en laveur dè l’drigine chimique de l'électricité. Quanta la décomposition électèo-chimique, ü la considère comme n’étant autre chose que le résultat de Féxcès d’intensité d’un certain nombre d’affinivéi chimiques sur un nombre égal d’àutres affinités chimiques; !•} ' ' -é*< .< .1 '1 . II. < i.t" ■.

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