GRAVITATION
[ Sect. xxxvu.]
sultat singulier, que la gravitation et la théorie des inouvemcns des corps célestes sont indépendantes de leurs volumes absolus cl de leurs distances. Conséquemment, si les volumes de tous les corps qui composent le système solaire, leurs distances mutuelles et leurs vitesses, venaient à diminuer proportionnellement, ces corps n’en décriraient pas moins des courbes parfaitement semblables à celles dans lesquelles ils se meuvent actuellement; le système pourrait même être réduit successivement aux plus petites dimensions sensibles, et conserver toujours les mêmes apparences. L’expérience nous apprend qu’une loi d’attraction, très différente de la gravitation, agit sur les molécules matérielles quand elles sont placées à des distances relatives inappréciables; c’est cette sorte d’attraction qui se manifeste dans les actions chimiques, dans la capillarité et dans l’action de la cohésion. Cette puissance est-elle simplement une modification de la gravité, ou bien est-elle due au développement de quelque force nouvelle et inconnue? — c’est ce qu’il n’est pas permis de décider. Mais puisqu’il s’opère un changement dans la loi de la force à l’une des extrémités de l’échelle de son action, il est possible aussi que la pesanteur n’agisse pas de la même manière dans toute l’étendue de l’espace. Un jour viendra peut-être où la gravitation même, cessant d'être regardée comme un principe final, sera considérée comme une cause plus générale encore, embrassant toutes les lois qui règleut le monde physique.
L’interposition des corps, quelque denses qu’ils soient, n’empêche en aucune manière l’action de la gravitation. Si l’attraction que le soleil exerce par rapport au centre de la terre, et à l’hémisphère qui lui est diamétralement opposé, venait à diminuer par suite d’une certaine difficulté à pénétrer la matière interposée sur son passage, les marées seraient affectées d’une manière plus sensible. L’attraction
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[ SeCt. XXXVII. ] LOIS GBNÉAALBS.
solaire reste la même aussi, quelle» que puissent être les substances «foi composent les corps célestes. S’il en était autrement, et que l’action que le soleil exerce sur la terre, par exemple, différât de la millionième partie seulement de celle qu’il exerce sur la lune, celte différence occasionerait une variation périodique dans la parallaxe de la lune, dont le maximum serait 7^ de seconde; elle donnerait lieu aussi à une variation dans sa longitude, d lit la valeur s'élèverait à plusieurs secondes; mais la théorie et l’observation s’accordent à rejeter celte supposition comme n’étant point de nature à se réaliser. Il demeure donc constant que toute espèce de matière est perméable à la gravitation et est également attirée par elle.
Autant que les connaissances humaines permettent d'en juger , l’intensité de la gravitation n’a jamais subi la moindre altération dans les limites du système solaire; l’analogie même ne porte pas à supposer quelle variera jamais. Il y a tout lieu de croire, au contraire, que les grandes lois de l’univers sont immuables comme leur auteur lui-même. Quoique incapables de décomposer en principes généraux les phénomènes qui découlent des lois permanentes auxquelles notre univers est soumis, nous sommes forcés de reconnaître que tout, depuis le soleil et les planètes, jusqu’aux dernières molécules matérielles, dans toutes les variétés de leurs attractions et de leurs répulsions, — et meme la substance impondérable du fluide électrique, galvanique ou magnétique, obéit à ces lois. Nous ne pouvons pas supposer non plus que la structure du globe seule soit exempte de la destinée universelle, quoique cependant il puisse s’écouler encore bien des siècles avant que les changemens qu’elle a déjà subis, ou ceux qu’elle éprouve maintenant, puissent être rapportés à des causes encore existantes avec autant de certitude que les mouvemens des planètes, et toutes