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ger à toute affaire mondaine, à tout lucre honteux? » Et enfin : « Voulez-vous, envers tous les pauvres, être sans cesse affable et bon ?» A toutes ces questions, FÉlu répond par un « Je le veux » énergique et profond, comme il répondra tout à l'heure, par un « Je le crois » sorti du fond de son entendement, à toutes les questions sur la foi. Volo^ credo : voilà deux mots incomparables. Le premier engage toute la volonté, et le second toute l'intelligence. Ils résument tout l'homme, et, en particulier, tout l'Évêque. Il ne faut pas s'étonner si les questions sur la foi ont le caractère d'une absolue précision. Rien n'était plus nécessaire qu'une telle netteté, et il importait de condamner ici toutes les hérésies passées pour prévenir toutes les hérésies futures. C'est au sujet de l'Homme-Dieu que l'on entre dans les détails les plus circonstanciés, et ce Credo est plus long que tous les autres : Credis illum esse Deum uerum et hominem verum^ proprium in utraque nU" tura atque perfectum; non adoptivum nec phantasmaticum^ sed unicum et unum Filium Dei^? Chaque mot rappelle ici une des erreurs condamnées par l'Eglise, une de ces erreurs dont il convient surtout de garantir les pasteurs, si l'on veut que le troupeau soit préservé : a Rejetez-vous et anathématisez-vous toute hérésie qui s'élève contre la sainte Eglise catholique ? » L'Elu s'écrie : « Je l'anathématise. » Huit fois, il réplique par son « Je le crois » aux questions pressantes du Consécrateur qui, satisfait enfin de tant de docilité et de bon vouloir, met fin à ce salutaire
1. « Crois-tu que Jésus est vrai Dieu et vrcii Homme, conservant la propriété et la perfection de Tune et l'autre nature; crois-tu qu'il n'est pas fils adoplif ni homme seulement en apparence, mais qu'il est le fils unique de Dieu? »
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DE lA CONSECRATION EPlSCOP\LE
LE SACRIFICE LE LA MEâSE (Voir p. 20) Triptyque de Rogior Van lier Wejden. Musiir. d'Anvers. IV siècle, — Lo cadre du ri
examen et dit tendrement à l'Elu : « Que le Seigneur dilate en vous cette foi, mon frère très aimé^ et vous conduise à la béatitude qui n'a pas de fin. »
Les préliminaires sont décidément achevés, et, après être resté longtemps sous le portique, nous allons enfin pénétrer dans le temple.
Pour avoir l'intelligence de tout ce qui va suivre, il faut jeter par avance un coup d'œil d'ensemble sur tout le développement du rite et se demander quelle est sa physionomie générale. Les créateurs de cette admirable liturgie ont eu ici, comme dans Toffice de l'Ordination, une idée à la fois naturelle et sublime. Ils ont donné un cadre à tout ce rite, et ce cadre n'est autre que la Messe elle-même. Le Consécrateur et l'Élu vont célébrer ensemble le divin sacrifice, et les différentes phases de la Consécration épiscopale vont correspondre harmonieusement avec les différentes, parties de la Messe, depuis l'Introït jusqu'au dernier évangile. Telle est la « dominante » de toute la fonction, et qui ne la voit pas ne voit rien.
L'Elu, avant de monter à Fautel, a été revêtu du noble costume pontifical : on lui a attaché ses sandales aux pieds, on lui a mis au cou sa croix pectorale, on lui a « décroisé » son étole, et le voilà qui monte les degrés de l'autel, couvert de la tunique, de la dalmatique et de la chasuble, de ces vêtements qui rappellent lés saintes fonctions du lévite et du prêtre, par lesquelles l'Élu a dû passer et dont il ne perdra jamais la mémoire.