‹ De la consécration épiscopale d'après le pontifical romainChapitre 9 sur 19 · Reçois l'Esprit- Sain t · texte numérisé non relu

Reçois l'Esprit- Sain t

Toutes les fois qu'on arrive, dans le Pontifical, au moment le plus grave d'une fonction liturgique, on peut s'attendre à ce que l'Église fasse retentir soudain le Per ontnia sœcula sœculorum^ et résume sa pensée dans léchant de la Préface. 11 en est de ce rite comme de celui de la Prostration, et on le retrouve dans tous les grands offices pontificaux. Rien n'égale ici la majesté de la mélodie, si ce n'est la beauté du texte. Cette Préface de la Consécration épiscopale commence par une histoire abrégée du Sacerdoce dans l'ancienne loi, et elle se terminera tout à l'heure par une incomparable supplication en faveur du futur Evêque. Mais, entre les deux parties de ce véritable poème, on fait une pause solennelle, durant laquelle la tête de l'Elu est liée avec une bande de toile blanche qu'on dispose autour de sa tonsure. Puis, écoutez : le Consécrateur s'agenouille, et, d'une voix pleine, entonne le Veni Creator^ qui est le grand chant triomphal en l'honneur de l'Esprit- Saint. C'est aux sons de cette hymne victorieuse que Jeanne d'Arc a jadis délivré Orléans et sauvé la France ; c'est aux sons de cette môme ode superbe qu'on achève en ce moment de consacrer un de ces Evoques qui ont fait la France et délivreront l'Eglise. Les gouttes du saint Chrême tombent alors de la main du Consécrateur, qui trace d'abord une croix et fait ensuite une onction complète sur toute la tonsure de TÉlu. Voilà donc la tête qui est bénie, ointe, consacrée. La tète, c'est le siège de l'intelligence, de la doctrine sainte, de la théologie lumineuse, de toutes les grandes et vastes théories chrétiennes ; mais ces théories ne suffiraient pas au gouvernement des âmes, si l'évêque n'y joignait la pratique réelle de tant de hautes et nobles vérités. L'intelligence doit être

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complétée par l'action, et c'est pourquoi, après avoir béni et oint la tête, on va bénir et oindre les mains du futur Évoque. Cette dernière onction, aussi solennelle que la précédente, ne se fait plus au chant du Veni Creator ; mais «Ile est précédée par ce très doux psaume : Ecce quant

bonum et jucundum habilare fratres in unum ', qui pourrait être appelé, si l'on n'avait pas tant abusé de ce mol, l'hymne de la vraie fraternité. Entre ces deux onctions, la Préface a été achevée, et la seconde partie est encore d'un plus haut vol que la première. Les devoirs de l'Évéque y sont tracés dans cette belle langue liturgique qui n'aura jamais assez d'admirateurs : Abundet in eo constantia fidei,

X. ■ Cnirme il est bon, comnie il est doux de ne faire qu'un avec sea

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