‹ De la conservation et dela restauration des tableauxChapitre 14 sur 51 · TABLEAUX COUVERTS DE MAUVAIS VERNIS · texte numérisé non relu

TABLEAUX COUVERTS DE MAUVAIS VERNIS

Nous ne savons pourquoi on attache une grande importance à la présence sur les tableaux, des vernis copals à Fesprit-de-vin, ou au succin. Cependant si nous ne les avons pas toujours enlevés avec facilité, nous avons du moins constamment obtenu un résultattrès^atisfaisant par le procédé que Ton emploie ordinairement pour les vernis à tableaux , c'est-à-dire en nous servant d'esprit mitigé d'essence. Ces vernis sont plus durs, il est vrai, que ceux dont on se sert ordinairement, mais alors on double la forcé de l'esprit, et au besoin on pose de légères applications. Sous leur action, ils ne tardent pas à s'amollir. Le moyen que nous employons et qui vient en aide incontestablement à l'opération, c'est de faire bouillir du vernis de même nature que celui qui couvre le tableau en œuvre, et de l'en couvrir abondamment ; la chaleur de ce dernier attendrit l'ancien vernis qui se décomposera alors avec la plus grande facilité sous le frottement du coton enduit d'esprit mitigé.

n est un vernis qui n'est jamais appliqué que sur des panneaux de voitures ou des objets qui ont servi à la tabletterie ; c'est celui que l'on désigne sous le nom de Martin. Ce vernis est le plus solide de tous : nous l'avons toujours cependant détruit par le procédé des applications.

LBS GHAlfCIS..

Ce mot est devenu technique pour exprimer qu*un Ternis est arrivé, par différentes causes, àTétat de décomposition. La principale est Thumidité. Elle attaque M tableau dans toutes ses parties. Les deux côtés en sont souvent atteints à la fois. Quand cet accident s'est produit, il faut immédiatement que le tableau soit nntoilë, déverni et reverni. Quand les chancissures se sont emparées d'un tableau, elles s'infilurent dans sa toile, dans ses préparations qu'elles minent sourde- Bieatet .préparent sa destruction complète. Enièniier k principe morbide entre la peinture et un vernis ttof, c'est exposer la première, si elle est sur panneau, à cette maladie que nous afqpieioni nûe de

On rencontre, sans pouvoir s'en rendre compte, des ^ches rondes ou ovales sur des tableaux d'une exréme pureté. En examinant leur nature on est étonné [Qe cette partie tachée ait cependant conservé la pâte tt maître. Les tableaux de Ruysdaêl offrent souvent 9t exemples, ainsi que beaucoup d'autres paysagistes, lus leurs ciels surtout. Ces tachei^ sont le résultat que tH>duit le séjour des chancissures. Les peintures sur anneaux ou sur cuivre ne sont pas plus que d'autres à abri de leurs ravages.

Cependant tous les vernis qui blanchissent ne sont tô chancis. Leur mauvaise nature en est parfois la luse première. Souvent aussi il faut en accuser les ncollages que les peintres et les restaurateurs passent ir leurs tableaux pour pouvoir les vernir promptelent.

Ces dernières maladies n'ont rien à faire redouter >our la conservation des tableaux. Un simple netr

toyage au moyen de Tesprit, ou par le dëroulage, bientôt rétabli ces peintures dans leur état normal.

TABLEAUX HOLLAliïDAIS.

Pour dëyernir les tableaux de cette école, qui^ pour la plus grande partie, ont été peints en employant le vernis, un procédé spécial doit être employé; leur pftte plus que toute autre peut être attaquée par Tesprit, et le déroulage peut épidermer facilement Fextréme finesse de la touche.

Cependant le nettoyage par ces deux moyens n*e8t pas impossible , le Ternis ne liant pas seul la p&te de ces peintures , puisque Fhuile y participe au moins pour la moitié. Combinée avec le vernis copal et les couleurs qu'employaient ces peintres , elle forme une pâte ferme et sèche qui acquiert une dureté bien supérieure à celle du vernis qui la couvre. Il est donc possible de les nettoyer par les moyens ordinaires; nous en avons mille exemples de complètes réussites. Cependant on doit toujours choisir, quoique pins longs, les moyens les plus doux, les plus certains contre tout accident. C*est pourquoi nous indiquerons ici celui que nous avons souvent pratiqué heureusement.

On déroulera par tout le tableau la plus grande partie du vernis avec égalité, en ayant le plus grand soin de ne pas atteindre le maître. Cette opération termi^ née, on fera bouillir du vernis que Ton étendra le plu» chaud possible sur la peinture, en la tenant, en été, h la chaleur du soleil, en hiver près d'un bon feu.

La chaleur du vernis , jointe à celle qui sera com-^ muniquée au tableau par son exposition , en amollira, le vernis ancien. Aussitôt que la dissolution de ce vernit sera remarquée, on en dépouillera le tableau au

de layages d*essence de tërébenthine. Si la ) n'est pas complète la première fois et que le soit à découvert par places, on devra, par pré- 1, attendre quelques jours avant de recommen- } nouvelle opération , afin que la peinture retoute sa consistance.

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