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et lêsrer les nombreuses cras-ses qui gênent le model et nuisent à l'effet d'ime poiucure.
Ce travail doit ^tre exécute avec esprit et discero meot. Il ne faut pas trop s'y appesantir: on s' rait à amollir le miitre, et à donner an tableau u ton louche et desa«nreable.
Ramener^ c'est rétablir une partie fort eiidonnnaf&<^ sort par Tusur? . soit par un fr?t9sement qui aura faS "t déticher de la toile une multitude de parcenes de E ^ pâte. Dans ce dernier cas, on remplira toutes ces petites altérations {.ar un ton juste en se renfermam.'C strictement dans les vides laissés par les écailles tom — bées, teMes nombrtjuses et si petite» qu'elles soient- La réparation de l'usure est pl'is difficile, parce qaH s'agit de rétablir cette aitention par un ton plu» oc*. moins empâte selon i^ue îa peinture lura été plus oïï^ moins profomiement i^tein'e. On ne peut obtenir résultat sitisraisant ■jîf-fn reservant soi:nieu.* tontes les parties >;iines. et par un pointillé dans l sentiment de îa peinture «'n minititure. Pê» l'i que i:e :rivi:" %e :'eri remar-îner. il maniipiera le but ^ il feut dune 'lue !es tons *}ieat assez justes pour confondre avec ce -^ai reste îu maître.
Quand on aun rjpppiprie ou ramené toutes les tie» du pl-in dans '.e-iuei -w trouvent les mastics, s'occupera ie .es Ji.TTiiers. On !es ctTuvrint de nouTeai^^ par un i*m juste -fn -es tenant t«ju refois un petx plo^ clairs. Le '.ableau entir^reraont remis ensemble . on I^ laisiiera parfaitemenc «cher, jpres ^uoi itu rétablira rharmonie i'îrierile en et«-'iu:nant par te dacîs les panes :r'jn bridantes, rît m rappelant clair -.'eiles ;iii ?*.■!■ t. 'crr. ::•■" s^'aicr^s. Les mastics pont hiinnunises y-.ir .••:?■* :uO!nes -l'acis . dont on se vira pour imiter !es >aiissures .|ui couvrent ordinaire* les peintures anciennes.
Si , comme il arrive presque toujours, k mollesse se fait sentir dans les parties ramenées , on pourra, par des touches légères et habilement jetées, soutenir les ombres et quelquefois les demi-teintes : mais qu*on se garde bien de toucher les parties claires sans une nëcessîtë absolue, car un œil tant soit peu exercé y découvrirait trop facilement la touche fraîche quMt est ^possible de fondre paribiitement avec la peinture ^maillée.
Telles sont les qualités essentielles que Ton peut exiger d*un restaurateur ; tels sont les principes gênéï*ai3a qu'il doit observer pour obtenir une bonne resteiiration.
Nous avons parlé de la réparation repeinte , comme ^"Hine partie essentielle de Tart dont nous nous occupons. Un restaurateur doit en connaître toutes les parties , s'il veut être constamment occupé.
Cette branche de son art est une dés plus lucratives. Ce genre de travail a pour but de donner à un tableau d'école Taspect du grand maître qui en est le chef. En France nous appelons ces sortes de peintures tahleawÊ à tournure ; les Italiens les appellent quadri di fabrica. Quand ils sont bien réussis, et que le temps les a couverts de saletés , ils sont extrêmement dangereux pour les amateurs qui cherchent et croient faire des trouvailles.
Voici le procédé employé pour leur exécution :
On prend par exemple un tableau dePatel. Ce maître a fait une grande quantité d'ouvrages exécutés avec plus ou moins de conscience , mais dont les compositions rappellent toujours le Claude, Le feuille de ses arbres , et ses ciels sont exécutés dans ce sentiment. Bien que cette exécution soit plus molle, que les tons «oient plus lavés , que les couleurs passent ordinaire-
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mcint de Forange au bleu , et du bleu au vert , cependant ses tableaux sont doués d'une certaine harmonie. Ajoutons que lorsqu'ils sont d'une qualité médiocre, on les trouve dans les ventes à des prix peu élevés, circonstance fort à considérer pour leur emploi.
Eh bien , un paysagiste un peu habile tire de ces peintures un merveilleux parti en exécutant avec leur secours des pastiches vraiment étonnants de Claude- Lorrain, n donnera de la fermeté aux ciels par des touches brillantes qu'un léger glacis harmonisera avec l'ancienne peinture. 11 en adoucira la crudité sans détruire ni les crasses , ni les craquelures : il simplifiera les horizons et leur donnera ces tons argentins ou dorés dont le Claude a fait un emploi si heureux. Il parcourra ainsi tous les plans du tableau en plaçant ici un glacis, là un empâtement, et en réservant toi^^tirs avec un soin scrupuleux la pâte du maître qui sert de dessous, afin que les parties les plus claires et les plus apparentes soient bien de l'ancienne peinture. Enfin il réservera soigneusement, toutes les craquelures, parce qu'elles contribuent puissamment à l'illusion.
Il en est de même pour la peinture des figures. On choisit un tableau dont les parties claires soient saines, et bien dans la pâte du maître que l'on veut imiter. En s'aidant de bonnes gravures, bien dans le sentiment de l'honmie qu'elles reproduisent, on en rétablit le dessin, puis on améliore le modèle de ce tableau par des demi-tons et des ombres, lui donnant tout l'effet et le piquant désirables au moyen des glacis, afin de laisser transparaître le plus possible la vieille pâte. Mais, comme nous l'avons déjà dit , ou réservera avec le plus grand soin toutes les parties empâtées claires. Elles ne doivent être touchées qu'avec la plus grande discrétion, parce que toutes les touches qui y seraient posées ne pourraient que très-difficilement se dissimuler. On
ne devra jamais les relever de tons que par de trèslégers glacis.
€e travail achevé, et bien séché on couvrira le tableau d'une patine imitant le vieux vernis.
Cette patine peut se composer de plusieurs manières ; les uns salissent la peinture avec le safran , le bistre , le réglisse noir ou le café noir ; puis vernissent pardessus cette application. D'autres ajoutent de Thuile grasse à leur vernis , ou le teintent avec un mélange de bitume , de laque jaune et d'ocre rouge , qui donne à peu près au vernis le ton de celui qui a vieilli. Il ne tant pas confondre ces tableaux avec les pastiches^ c^t-à-dire les copies ou imitations qui sont entièrement de la main de Tartiste. Leur facture réclame une grande habitude et une connaissance approfondie du travail de la restauration , puisqu'il faut lier les parties fraîches avec Tanciennc peinture : tandis qu'un pastiche ou une imitation bien réussie peut être l'œuvre d'un peintre tout à fait étranger à l'art de la restauration.
Dorcy est un habile pasticheur de Greuze , et cependant ses œuvres ne peuvent faire une illusion complète : tandis que Albrier, imitant le même maître dans ses tableaux à tournure , est d'une vérité très-dangereuse.
Chaque année les ventes nous offrent plusieurs de ces tableaux , surtout des paysages. Les amateurs y trouvent des Guaspre, des Ruysdaël qui mettent quelquefois en défaut le tact dont ils sont doués. Les artistes les plus habiles en ce genre sont MM. Moret , Grailly et Bourgeois. Leurs productions sont trèsnombreuses , nous en avons rencontré de très-remarquables.
Plusieurs autres peintres ou restaurateurs emploient quelquefois leur talent à l'imitation des anciens maîtres. Ainsi nous avons vu de M. Pérignon père des
imitations d'Ostade et de Rnygdaêl naiment distiii guëes ; et M. Roêhn a eDrichi des paysages de figure imitant Van de Yelde d'une manière admirable ; di M. Rioult des compositions dans la manière de Prad'hon , qui embarrasseront un Jour les plus fins connaisseurs. J'ai vu aussi de M. Gondar des gothiqw italiens très-bien imités ; de M. Schwiter des reproduits avec bonheur, etc., etc.
Toutes ces peintures reçoivent des patines et des craquelures artificielles. Ces dernières s'exéctiteii avec des aiguilles très-fines. En les dessinant e' les gravant , pour ainsi dire, dans la pâte , on des espèces de tailles dans lesquelles on introduit, flottant avec la paume de la main , des saletés Imitan^MI celles des anciennes craquelures. On découvre fitet* leroent au moyen des piqûres, qu*un tableau est non* vellement exécuté, tandis que dans le tableau tournure les craquelures et les empâtements sont * lement anciens, et déroutent Tamateur qui s'y bien souvent.
Nous avons dit qu'il existait des restaurateurs qui, sans presque aucune connaissance artistique, ataienl su se créer un genre de travail dont ils tiraient un parti. En effet, un grand nombre de tableaux sont des sans avoir éprouvé de graves avaries.QnelquefbIs petites parties de leur peinture se sont détachées de toile ; des déchirures , des froissements ont eu lieu négligence ou par accident. Si aucune partie notabU n'est attaquée, ces restaurateurs pourront rétablir eoi venablement le tableau ; car ils en reprennent souvent^ les mastics avec une grande justesse de tons et une pa* tience vraiment extraordinaire. Le restaurateuTHr-* tiste les emploie à la préparation de son travail , et le marchand intelligent leur confie les tableaux dont la réparation est à la hauteur de leur savoir.