EN) LUS
calmée. Elle est réapparue un quart d’heure environ après et ainsi de suite. Cinq heures après le début, au cours d’une crise, l’enfant a rendu rune selle avec du sang en abondance. Le médecin appelé diagnostiqua aussitôt une invagination et envoie l’enfant à l'hôpital.
A son arrivée, l’enfant est d’une pâleur frappante. Elle présente sous nos yeux une crise douloureuse ; l’enfant s’agite, crie, l’on voit son visage se contracter. La mère nous montre des langes souillés de mucosités sanguinolentes rosées typiques.
Un toucher rectal ramène encore de ces mucosités. La palpation de l’abdomen découvre sans peine dans la fosse iliaque gauche une tumeur en boudin.
Le diagnostic ne fit pas le moindre doute devant ce tableau caractéristique : crise douloureuse, hémorragies intestinales, tumeur dans la fosse iliaque gauche.
Un lavement baryté sous écran est aussitôt pratiqué dans le but de réduire cette invagination. On voit le lavement opaque amorcer la désinvagination qui progresse sur tout le côlon ascendant puis le transverse jusqu’à la région sous-hépatique droite. Mais, à ce niveau, la progression s’arrête et il semble impossible de désinvaginer davantage.
L’anesthésie générale au chloroforme. On pratique une incision iliaque droite de quelques centimètres, genre incision de Max Schuller dans l’appendicectomie ; on sort facilement la tumeur d’invagination et on réduit par expression. Parois en un plan aux crins doubles. Un sparadrap roulé autour de l’abdomen.
Soins post-opératoires prescrits : 250 cc. de sérum physiologique, 2 ce. de solucamphre. Réchauffer l’enfant, mettre l’enfant au sein trois heures après l’opération.
Cette petite fille, opérée dans d’excellentes conditions, mourut, contre toute attente, trois semaines après l’intervention, de méningite tuberculeuse.