‹ De La Constatation De La Tumeur D'Invagination Dans Le Diagnostic Des Invaginations IntestinalesChapitre 20 sur 34 · NOR · texte numérisé non relu

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minale. L’intensité de cette crise est souvent très marquée. Pendant la crise, le malade crie, hurle, s’agite, se replie en avant, se couche sur le côté, cherche à ramper à quatre pattes sur le lit. Son facies est crispé d’effroi et mortellement pâle. Il pousse comme pour aller à la selle et comme si la défécation allait le soulager.

Les premiers auteurs (Billiard, Rafinesque) qui décrivirent cette douleur, ne laissèrent pas d’être frappés par l'intensité cruelle qu’elle atteint parfois. Les auteurs anglais ont de même insisté sur l’acuité de la douleur comme sur l’angoisse inexprimable qu’elle détermine, et le terme « d’agony » revient, à ce propos, fréquemment sous leur plume. Cependant, dans beaucoup de nos observations, la crise douloureuse n'avait pas cette importance.

Chez le nourrisson de l’observation XII, l’adolescent de l’observation VIL l’adulte de l’observation XI. la douleur donnait lieu à de l’agitation, des plaintes, sans arrachement de cris.

Plus que son intensité, c’est la périodicité qui caractérise la douleur de l’invagination intestinale. C’est une douleur à type de coliques, qui apparaît brusquement, dure quelques instants, quelques minutes, puis disparaît, laissant une période de calme plus où moins longue, où le malade ne souffre plus ou très peu. Puis, après un quart d’heure, une demiheure, une heure, après un intervalle variable, la crise douloureuse reparaît avec les mêmes caractères et ainsi de suite.

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Ces crises douloureuses abdominales intermittentes sont très caractéristiques de l’invagination intestinale. C’est le signe à peu près constant du début ce fut le cas dans les huit observations de notre thèse, ce fut également le cas dans la plupart des observations publiées dans la littérature médicale. C’est un signe qui persiste longtemps. Il est rarement donné au clinicien d’assister à une crise douloureuse, mais, même l’histoire seule, racontée par la mère, des crises douloureuses intermittentes chez son enfant, doit immédiatement éveiller l’attention.

Les vomissements sont un signe précoce et à peu près constant (18 fois sur 22, Morris Cohen; 90 fois sur 100, Dobrucki; 7 fois sur 8 dans nos observations).

2° Les vomissements

Le vomissement apparaît le plus souvent lors de la première crise douloureuse. C’est un vomissement alimentaire et bilieux. Il ne se renouvelle pas fréquemment. La répétition des vomissements n’a jamais attiré l’attention dans nos observations. Le nourrisson vomit 1, 2, 3 fois. Ce n’est que dans les invaginations iléo-iléales (obs. XI et XIT) que l’on voit des vomissements fréquents.

Ce qui frappe la mère peut-être autant que le vomissement, c’est le fait qu’à partir de la première colique et du premier vomissement, l’enfant refuse le sein, refuse le biberon. Ce refus du biberon (qui avait

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frappé la mère dans l'observation IT) semble à Fèvre un des meilleurs avertissements du premier jour.

3° La pâleur

Les nourrissons, les enfants atteints d’invagination intestinale sont d’une pâleur caractéristique qui frappe l’observateur le moins averti. L’enfant est anxieux, pâle, fatigué. Cette pâleur marquée de la face est surtout nette au moment des crises douloureuses, mais elle ne disparaît pas pendant les périodes d’accalmie.

Dans nos observations d’enfants atteints d’invagination, cette pâleur de la face existait toujours (obs. I, IL IIL IV, V et XID et frappait le premier regard du chirurgien. Au contraire, les enfants dés observations VIXL VIIL IX, X envoyés pour invagination à hôpital, n’avaient pas le facies si spécial des invaginés et n’étaient pas atteints d’invagination. Tous les auteurs ont d’ailleurs insisté sur l’aspect fatigué, Pétat syncopal du nourrisson atteint de cette terrible affection.

4° L'hémorragie intestinale

C’est avec la constatation du boudin d’invagination le signe capital de l’invagination intestinale.

Son importance n'avait pas échappé aux anciens auteurs: Gorham, Rilliet (1852). Cruveilhier considérait les selles sanguinolentes comme constituant dans linvagination un signe pathognomonique et insistait

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