RAT
Perrier et Landray notent que sur leurs 400 cas, elle a été perçue dans 63 % des cas soit sans anesthésie, soit le plus souvent en dehors d’elle. Il faut remarquer, du reste, que la proportion des cas où une recherche sérieuse peut découvrir la tumeur d’invagination, est certainement beaucoup plus élevée que ne l'indique leur statistique, leur série renfermant vraisemblablement des cas où la présence de la tumeur, quoiqu’elle fut palpable, n’ait pas été signalée.
Dobrucki (Pizeglad chirurgicznyi Ginekologiczny, juillet-août 1913), sur 38 cas d’invagination intestinale observés par lui en 14 ans, et où, chose curieuse, le nombre des adultes dépasse de beaucoup celui des enfants, observe que le signe le plus constant était une tumeur abdominale mobile, en forme de boudin.
Aage, Koch et Oerum, dans un travail basé sur 400 observations danoises (Mitteilungen ans den Grenzgebieten der Medizin und Chirurgie, 1912) admettent quatre symptômes cardinaux. Ce sont :
1°) — La douleur sous forme de coliques.
2°) __ Les vomissements très précoces et à peu
près constants (90 %).
3°) — L’expulsion de mucosités sanglantes (95 %
des cas avant un an, 75 % après un an).
4°) —— La tumeur qui, suivant le conseil d’Hirschprung doit toujours être recherchée sous anesthésie; on la trouve alors dans 85 % des cas; elle est à peu près constante dans
ER po
Pinvagination iléo-iléale. On peut la rencontrer en un point quelconque du ventre, mais contrairement à l’opinion classique, son siège le plus habituel est dans la moitié gauche et dans le quadrant supérieur de lPabdomen.
Assez souvent, 39 fois sur 100 avant un an, 27 fois sur 100 après un an, la tumeur peut être également perçue par le toucher rectal.
W. Bolling, dans un travail sur linvagination intestinale aiguë de l'enfant, paru dans Annals of Surgery en septembre 1923, admet que dans les cas atypiques, la constatation de la tumeur est le signe capital, parfois presque le seul.
Boissonnas et Ch. Martin du Pan, dans une étude appuyés sur 11 observations (Revue médicale de la Suisse Romande, octobre 1924), insistant surtout sur certains symptômes de l’invagination intestinale, sont d'accord pour dire que la triade melæna, douleurs abdominales, vomissements, est symptomatique de Pinvagination, mais ils estiment que la présence de ces symptômes ne suffit pas à elle seule à établir le diagnostic et que leur absence ne permet pas de l’écarter. Ils présentent plusieurs observations tout à fait caractéristiques à ce sujet.
En ce qui concerne la première affirmation, ils ont observé la triade classique au cours de gastro-entérites et au cours d’une intoxication médicamenteuse (injection de cacodylate de soude à une nourrice).
D'autre part, ils ont observé et opéré deux cas où
AO
le melæna faisait défaut. Dans la première observation, un enfant de 12 mois avait uniquement de I: diarrhée depuis quinze jours; la palpation révéi: la présence d’un boudin caractéristique dans le flanc gauche. Dans la seconde observation, il s’agit d’un enfant de deux ans et demi qui est pris, à deux reprises et à plusieurs jours d’intervalle, de crises abdominales très douloureuses qui le tordent en deux. Au cours de chacune de ces crises, qui durent quelques minutes, se produit un vomissement et l’on constate, à la palpation, dans la région de l’ombilic, la présence d’une tumeur qui rappelle le boudin d’invagination. Lorsque la crise est passée, cette tumeur a disparu. L'on opère d'urgence, après la deuxième crise; on trouve l’iléon invaginé dans le cæcum sur une longueur de 10 centimètres environ.
Dans nos douze observations personnelles : 8 fois. il s'agissait bien d’invagination, 6 fois le boudin d’invagination fut facilement décelé par la palpation; 2 fois, on ne le perçut pas; par contre, on perçut une résistance localisée de la paroi abdominale, 4 fois la paroi abdominale était souple, dépressible; facilement explorable. Nulle part on ne sentit de boudin. Le lavement baryté injectant jusqu’au grêle inclus et l’évolution de la maladie confirmèrent l’absence d’invagination.
C’est la facilité avec laquelle le boudin d’invagination fut constaté dans presque tous les cas opérés à l’'Hôtel-Dieu de Nantes qui nous a donné l’idée de faire ce travail en recherchant la fréquence attribuée
ni
à ce signe par la plupart des auteurs qui ont écrit sur l’invagination. Et de ces recherches, il résulte que la constatation de la tumeur est presque constante. C’est à peine si une observation de temps à autre porte « qu’on n’a pas perçu de tumeur en boudin ». Et nous croyons que la plupart du temps, dans ce cas, on n’a pas su le chercher. Nous ne devons plus ignorer ce signe ou n’en avoir qu'une Connaissance théorique. Croyons ceux qui ont eu 400 observations entre les mains et qui le disent facile à trouver ; croyons ceux qui, sur 24 et 75 invaginations ont trouvé le boudin 24 et 73 fois.
Si nous gardons, avec les pédiâtres français, la première place à l’hémorragie intestinale, faisons, aussitôt à son sujet, les deux remarques suivantes : lhémorragie peut manquer et alors le boudin sera à rechercher soigneusement; l’hémorragie n’arrive en moyenne que vers la septième ou huitième heure, quand certaines invaginations suraiguës sont déjà
irréductibles.
Il. — La manière de le rechercher.
Le boudin d’invagination est donc un signe extrémement fréquent. Il le serait encore plus si tous les praticiens savaient quand, où et comment le re-
chercher.